ACTE III, &GÈNE III. 6x
LISETTE
Si je TOUS Fai laissé 9 madame AmeUn ? La ^es* tion est admirable ! si je vous l'ai laissé?
M™*» AMELIN
Ne faites point de bruit, ma chère, et n*en parlez point à madame ; il se retrouvera : en tout cas , il n'y aura que moi qui perdrai ; c'est mon coquin de fils qui aura mis U main dessus , sans doute.
LISETTE
Comment donc, votre fils? Vous ave» des «1-
fants qui se portent au bien comme cela, madame Amelin ?
M"n« AVELIN.
Que voulez-vous, c'est un enfant gâté que Jannot , qui fait quelquefois de petites mièvretés ; et, dans le fond, pourvu qu'il le mette à bien, je ne m'en soucie pas.
LISETTE
Oh ! à ce compte, vous avez raison, et monsieur Jannot aussi , madame Amelin.
Mme AMELIN.
Vous ne savez pas tout ce qu'il sait faire ; c'est un petit drôle qui en sait bien long.
« LISETTE, à part.
Je n'avois point encore remarqué que madame Amelin fût folle.
62 LES BOUBGEOISES A LA Jf ODE.
M*^ AHELIK.
Dites-moi un pen seulement: il y a ici une grande fille à marier?
LISETTE
Oui. Pourquoi demandez-Yons cela , madame Amelin?
M"** AMELIir.
Par conrersation seulement, je n*y prends aucun intérêt, je vous assure; mais elle ne sera point mariée, que je ne sois de la noce : c'est n|oi qui TOUs4e dis, qui ne suis que madame Amelin.
LISETTE
Vous serez dé la noce? tous , tous?
M"»« AMELIN
Moi , moi. Ne parlez-point à madame de son diamant ; il ne sortira point de la famille. Adieu, mademoiselle Lisette.