ACTE III, SCÈNE IX
LISETTE
n n'y a qu'un bon tour à prendre pour les lui faire.accepter, c'est là le difficile. De vous les emprunter , c'est ce qu'elle ne fera pas ; de les prendre à titre de présent, il n'y a pas d'apparence : et pour moi , je ne vois qu'une façon de restitution dont on pût se servir utilement.
M. GRIPFARD.
Gonmient, une façon de restitution?
LISETTE
Oui, monsieur; les joueurs sont un peu sujets à caution, comme vous savez, et madame n'a pas joué toujours avec les plus honnêtes pei^ sonnes du monde : voulez-vous lui faire plaisir , sans effaroucher sa pudeur?
M. GRIFFARD.
Si je le veux?
LISETTE
Envoyez-lui de Pargent qu'elle puisse recevoir comme un remords de conscience de quelque fripon converti. Il n'y a pad de manière plus sûre et |dus galante que celle-là.
M. griffaud.
Mais je serois bien aise, Lisette, qu'elle sût que c'est à moi qu'elle aura l'obligation.
LISETTE
Eh! allez, allez, monsieur^ elle le saura de
8o LES BOCB6KOISIS A LA MODE, reste dans la suite; je aie diafçe de lui dire^moL
■. GBIPrABD.
Mais , scropvlease comne die Fesc, eHe Mm peot-étre ^thtée qa'on la trompe.
LlSfeTTK.
Eh ! mort de ma irîe, trompes- la toujours de même. Il y a des affiures on les femmes sont ravies d*étre trompées.
M. CBtPFABD.
Et par qui loi faire tenir cet argent?
LISETTE
Cest encore nne difficnlté. De votre part cela seroit suspect, et le métier d*nn commissaire n'est pas de faire des restitutions. Adresses-moi la bourse, j'ajusterai tout cda.
M. oatrpAiD.
N'est-ce pas deux cents pistoles que tu dis?
Mettes deux cents louis neufs, la restitution en Sera plus honnête.
M. ORlFrARD.
Je vais te les envoyer tout-à-l'heure.
LISETTE
Et vous viendrez quelques moments après pour parler vous*même à madame.
M. GRIFFARD.
Cest fort bien dit. Adieu, Lisette.