SCÈNE XI
sieur? D'est -il pas temps que vous cessiez d'être peintre, et que vous redeveniez ce que vous êtes ?
DOHAHTE.
£h! paix, paix, rOiive; as-tu résolu de tout perdre ?
Eh, morbleu! tout est déjà perdu : monsieur Bernard vient de me donner cent coups de bâton, afin que vous le sachiee.
dorauti.
A toi?
L*OLIVK.
A moi-même.
- DORANTE
Ëhl paix, paix, parlons bas.
l'olivx.
On ne nous écoute point.
DORANTS.
n n'inporte. £t pourquoi t'a^t-il maltraité ?
l'olivb.
n faut bien qu'il soupçonne quelque chose, ou que ce soit par manière de convc;rsation : son çros coquin de fermier dit que c'est sa coutume , pour se désennuyer ; il rosse tantôt Fun, tantôt l'autre : votre tour viendra peut-être , c'est ce qui me console ; mais , monsieur , j'ai bien autre chose à vous apprendre.
DORANTE
Quoi?
L*OLiyE.
Vous ne regardez ce monsieur Bernard qae comme le tuteur d'Angélique ?
DOIIA.KTE.
Eh bien? .
L*OLIVE
Il est Totre rival , je vous en avertis.
DORANTE
Mon rival ! que me dis-tu là ?
L*OLIVE
Ne vous alarmez point ; Angélique le hait en perfection , et la crainte qu'elle a d'être à lui la déterminera plus facilement à se donner à vous.
DORANTE
Ah, mon pauvre l'Olive! je tremble à lui découvrir qui je suis , ce que je sens pour elle ; et je crains qu elle ne s'effarouche en apprenant le dessein que j'ai formé.
l'olive.
Qu'elle ne s'effarouche? la crainte est bonne: et allez, allez, monsieur, les filles d'aujourd'hui sont des animaux bien apprivoisés ; elles ne s'effarouchent point qu'on les aime , et nous vivons dans un siècle fort aguerri.