‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 340 sur 396 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

M»« DUBUISSOR.

£Ile-ittéme : abordez-la donc.

VIVIEW.

Vous vous moquez de moi.

LÛRANGE.

Qui est cet ori^inal-là, madame Dubuisson ? Mme DufiVISSOIt.

Cest votre petit màfi de Cisors, monsieur Vivien de La Ghapoùnàrdière, que je vous présente.

LORAMGÊ.

Ah ! le plaisant visage ! Il faut donc que j'épouse ce çobin-Ià ? Quel animal ! quel brutal ! At-il une langue? sait-il parler, ce pauvre benêt?

VIVIEW.

Elle est folle , madame : comme elfe me traite I

Mme DVBUISSOK.

Les filles de Paris sont vives, comme vous voyez; et c'est bien autre chose quand elles sont femmes.

LORANGE.

Eh bien! me fera-t-il honnêteté? me fera-t-il compliment? c'est une bûche, je pense: je ne veux point d'un mari comme celui-là, il ne remue DQU plus qu'une souche.

Mme B13BDISS0N.

Elle a raison ; démenez-vous donc un peu , parlez-lui.

35o LES VENDANGES DE SURENE.

VIVIER

Que voulez-vous que je lui dise? A deux de jeu ; si elle ne veut point de moi, je ne veux point d'elle. Adieu, mademoiselle Thomasseau. Uolà, eh! Bastien, bride nos bétes.

LORAKGE.

Non, monsieur de Gisors, non, voiui ne partirez pas comme cela; il faut que vous voyiez mon papa Thomasseau auparavant : votre mine le rejouira , car elle est fort drôle.

VIVIEH.

Parbleu, la vôtre est. plus ridicule que la mienne ; je n'ai ni suros ni malandre.

LORANGE.

Vous êtes un peu tortu bossu : mais on vous redressera, ce n'est pas une affaire.

VIVIEN

Redressez-vous vous-même le corps et Fesprit avant que de parler des autres.

LORANGE.

Que je me redresse, moi? moi, que je me re« dresse ? Que veut-il dire , cet impertinent-là , madame Dubnisson? Je lui pourrois bien donner de mon bâton sur les oreilles.

M«»e DUBUISSON.

Eh ! mademoiselle , ne vous emportez pas ; c^est un provincial, qui ne sait ce qu'il dit.

Page 1