SCÈNE IV
LE CHEVALIER, mapame PATIN, LISETTE,
CRISPIN, au chevalier. La baronne vous attend, vous dis-je.
LE CBEVALIER.
Nou3 avons du temps pour tpnt. Ahl vous voilà, madame. Que j*avois d*impatiencç de vous revoir!
Mme PATIV*
De epxel quartier venez-vous, monsieur? de la rue Montorgueil? des Enfants-Rouges? EstHîe la ma(];nifique marchande que vous venez de quitter?
LE CHEVALIER
Que vonlez-TOQs dire, madame?
M"»« PATIN
Ce que je veux dire, perfide?
Âjté , aïe.
LE CHSVALIEB.
Je ne vous comprends point du tout, je Vous assure.
M»" PATIir.
Crispin m*entendra mieux. Approchez, monsieur Grispin, approchez.
Madame.
Approchez, vous dis-je. Gonnoissez-vous cette écriture?
Madame... j^ vais faire une petite commission que mon maître m*a donnée; je reviens tout-àrheure.
M"*« PATIN
Non, non : il faut m'expliquer tout ceci auparavant.
lE CHEVALIER.
Expliquez-vous vous-même, madame. Qu'estce que ce papier, je vous prie ?
AGT£ ni, 5GÈN£ IV. 89
M"»« PATI»
U peut vous en dire des nouvelles mieux que moi.
CAISPIV.
Monsieur...
LB CBEVALIEft.
Yenxrtu parier, maraud ?
GRI8PIV.
Moosiciir, c'e^t la liste de vos maitreoes, que vtadmne a achetée au Palais.
LB GHEVALISB.
La liste de mes maîtresses !
M»« PATI M
Ah! scélérat!
LE CHEVALIER
Qui t*a fait écrire ces sottises-là, maroufle?
GBI8PIS.
Ne vous ai-je pas «SU, SMosienr, que c*étoit l'autre jour, en badinant avec Jeanneton?
HUM pATIB.
QaeUe eatreUe , Jeanaeton ?
LISETTE
Cest une des maitrefses de monûe v Grispia , apparemment.
CAISPI*.
Non, le diable m^ev^orte. Cest cette mar-
chande de bouquets qui est à la porte des Tui* leries. . ■
M»« PATIN
Qui? cette malheureuse?
Comment, madame! e*est une des plus jolies créatures que nous ayons. Il faut sayoir aussi comme elle est employée , et combien de femmes des plus huppées sont ravies d'avoir cette Jeanneton-là dans leurs intérêts ! Oh diable ! c'est une illustre, vous dis-je, et qui ménage elle seule plus d'intrigues que laGuerbois ne vend de lapins en toute une année.
urne PATIN.
Quel galimatias me fais<-tu là de la Guerbois et de Jeanneton ?
CBISPIN.
Cest pour vous dire , madame , que cette Jeanneton est une des amies de mon maître^ et que, comme je la trouve drôle , je suis de ses amis ; et que l'autre jour , comme je vous ai dit, nous nous mîmes à griffonner ensemble cette liste, et nous forgeâmes des noms, des qualités et des demeures, qui ne sont que dans l'imagination de Jeanneton et dans la mienne.
urne PATIN.
Fort bien ; voilà ton maître pleinement justifié.