CRISPIN, LISETTE
M. MiOAUD,à madame Patin.
Un de vos laquais, madame, vient de m* avertir avec empressement que vous me vouliez parler de quelque chose; je nai point perdu de temps.
M«e P4TIN.
Oui, monsieur, il semble que mon laquais ait deviné ma pensée , et vous venez tout à propos profiter de mon dépit.
H. MIGAUD.
Comment donc , madame ?
M»* PATIN
Voilà ma main^ monsieur ^ et dès demain je vous épouse , pourvu qu'en même temps monsieur votre fils épouse ma nièce.
M. MIOAUD.
Ah, madame! que cette condition me fait plaisir! • -
M. SERREFORT.
C'est moi qui vous réponds de cet article, et
i6s LE CHEVALIER A LA MODE.
ma fiUe, je crois, n*aura pas Faudace de résister
à mes volontés.
LUCILE
Dans le désespoir où je suis, mon père, je ferai tout ce que vous voudrez.
nime PATIN, au chevalier.
Tu n'épouseras pas ma nièce, perfide !
LUCILE, au chevalier.
Vous ne serez jamais le mari de ma tante pourtant.
Adieu donc, mesdames, jusqu'au revoir. El^ bien, monsieur, ne save»-vou$ pas quelque petit air sur cette aventure-là? Une chanson à propos raccommode quelquefois bien ^es choses, comme vous savez.
LE CHEVALIEB.
Il n y a que les mille pistoles de madame Patin que je regrette en tout ceci. Allons retrouver la baronne, et continuons de la ménager jusqu'à ce qu'il me vienne quelque meilleure for^ tune.
FIN DU CHEVALIER k LA MODE.