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TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES AVEC FONDS DÉGRADÉS

(E. Marguery, 1863). (Phot.).Y. 861.

§ 1 . La vogue méritée dont jouissent les portraits à fonds dégradés augmente chaque jour^ et il n’est pas de photographe qui n’essaie d’ohtenir ces épreuves si gracieuses dans lesquelles le sujet se détache avec vigueur sur un fond dont la teinte va en se fondant graduellement jusqu’au hlanc parfait.

§ 2. Trois procédés sont principalement employés pour le tirage de ce genre d’épreuves : le premier, tout-à-fait élémentaire, consiste, comme chacun le sait, à intercepter la lumière au moyen d’un écran dont le centre est percé d’une ouverture ovale, et auquel on imprime un mouvement circulaire, en le maintenant sur la glace du châssis à reproduction.

Excellent dans l’été, alors qu’une belle lumière permet d’obtenir, en quelques minutes, une épreuve positive vigoureuse, ce moyen devient fastidieux en hiver; il exige, d’ailleurs, la présence continuelle de l’opérateur.

§ 3. On a obvié, en partie du moins, à cet inconvénient, en remplaçant l’écran par un verre spécial placé en avant du cliché, et dont la coloration, ordinairement rouge orangé, a son maximum d’intensité sur les bords et diminue vers le centre, où une partie complètement incolore laisse a^ir la lumière sur la portion du cliché qui doit être reproduite dans toute sa force.

Malheureusement, la plupart des verres vendus pour cet usage sont dégradés d’une manière imparfaite, les contours de l’ovale sont mal accusés et des différences sensibles dans la coloration produisent souvent sur l’épreuve des effets très-désagréables. Enfin le prix de ces verres étant assez' élevé, il faut faire une dépense, relativement forte, si l’on veut en posséder une série complète.

La méthode que nous allons décrire, analogue à celle des verres colorés, présente des avantages incontestables.

§ 4. Le troisième procédé, basé sur l’emploi de l’écran porte-auréole De La Blanchère (534), présente une grande commodité, puisque l’image se dégrade seule et à la lumière diffuse, mais exige l’acquisi-

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tion d’un appareil spécial qui, sans être d’un prix élevé, augmente encore le bagage de l’amateur ou du photographe de profession.

§ 5. Exécution de V ovale-type. Quoique l’obtention de cette épreuve positive soit des plus faciles, on ne saurait y apporter trop de soins, car, de sa réussite plus ou moins parfaite, dépend tout davantage du procédé, et comme elle peut, ainsi que nous le verrons bientôt, servir pour tirer des écrans de toutes dimensions, on sera amplement dédommagé dans la suite, du temps qu’on aura employé à l’exécuter.

Nous conseillerons de faire cette épreuve aussi grande que possible, parce que tout le monde ne possédant pas des appareils à tirage suffisant pour faire des amplifications, il sera, au contraire, toujours facile de diminuer la grandeur primitive.

§ 6. Nous prendrons donc un châssis à épreuves positives pour plaque normale (18*= X24‘=),et dans une feuille de papier épais, jaune, gris foncé ou noir, nous taillerons un carré de même dimension que ce châssis ; puis, au centre nous découperons, à l’aide d’un canif, un ovale bien régulier, d’environ 0“.09 sur 0“.12.

Cette feuille de papier épais sera placée sur la glace du châssis, puis une feuille de papier nitraté comme pour le tirage des épreuves positives ordinaires, sera posée dessus, la face sensibilisée tournée, bien entendu, vers la glace du châssis qu’on fermera ensuite.

§ 7. On aura soin, préalablement, de découper dans un morceau de carton de 0“.12Xd“-18, un ovale de 0*". 045X0. “075. Après avoir appliqué cet écran à l’extérieur et au devant de la glace du châssis, on exposera le tout à la lumière, en agitant circulairement l’écran au moyen d’une corne faite à l’un de ses coins, de manière à produire un ovale dont le centre sera d’un noir très-intense et les bords régulièrement fondus sur une largeur d’environ 2 à3 centimètres ; quant au surplus, qui aura été complètement garanti par le papier épais placé à l’intérieur du châssis, il restera d’un blanc parfait.

§ 8. Nous conseillons, pour cette opération, l’emploi du papier salé préférablement au papier albuminé ; la surface brillante et glacée de ce dernier faisant quelque peu obstacle au tirage des clichés.

Quant aux dimensions indiquées ci-dessus, il est bien entendu qu’elles n’ont rien d’absolu; chacun peut les modifier à son gré ainsi que la forme de l’écran, il suffit que l’ouverture centrale de ce dernier soit d’environ 5 à 6 centimètres plus petite que celle du papier placé comme préservateur à l’intérieur du châssis, afin que le mouvement soit suffisant pour produire une dégradation douce et régulière.

§ 9. L’épreuve retirée du châssis sera virée et fixée par les procédés connus, et après séchage, collée sur un carton assez fort, ou mieux, sur une planche à dessiner, afin d’éviter toute déformation.

TIRAGE DÉS ÉPREUVES AVEC FONDS DÉGRADÉS

On peut encore faire cet ovale-type à l’estompe ou au lavis; mais le procédé indiqué nous a toujours donné de meilleurs résultats.

§ 10. Tirage du cliché-écran. L’aspect de l’épreuve sur papier, dont nous venons de nous occuper, indique déjà de quelle manière elle doit être utilisée. On comprend, en effet, combien il est facile de tirer sur collodion humide, des clichés de différentes grandeurs qui, la reproduisant en sens inverse, fourniront autant d’écrans dont on se servira ensuite pour le tirage des portraits dégradés. L’exécution de ces clichés est des plus simples : après avoir placé l’ovaletype dans un endroit de l’atelier éclairé d’une manière convenable, on procédera exactement comme shl s’agissait d’une reproduction de gravure ; toutefois, comme la finesse est beaucoup moins nécessaire dans le cas qui nous occupe, on peut parfaitement se servir d’un objectif double pour portraits même sans diaphragmes; l’essentiel est d’obtenir un cliché vigoureux, parfaitement transparent au centre et pouvant, au moyen d’un renforcement sagement conduit, arriver sur les bords à une opacité à peu près complète. 11 faut éviter avec le plus grand soin de voiler l’épreuve, parce qu’elle deviendrait tout-àfait impropre pour l’usage auquel on la destine.

On peut varier à volonté la grandeur du cliché-écran, en rapprochant ou éloignant l’objectif de l’ovale-type.

Ces clichés fixés, séchés et vernis, sont prêts à servir.

§11. Emploi du cliché-écran.

Nous employons de préférence un châssis positif d’une grandeur double de celle du cliché à tirer, afin de pouvoir placer celui-ci à l’endroit qui nous paraît le plus convenable.

Nous commençons par poser à demeure à l'extérieur du châssis positif, et à égale distance à peu près de ses bords, le chiché-écran dont la face vernie touche la glace ; nous le fixons dessus au moyen de bandes de papier noir gommé, et si, ce qui arrive quelquefois, les bords de cet écran ne paraissent pas suffisamment opaques, nous le couvrons d’une feuille de papier noir, collée partout, et au centre de laquelle nous découpons un ovale suffisamment grand pour découvrir non-seulement la partie entièrement transparente de l’écran, mais encore la teinte fondue qui règne tout autour; nous avons ainsi un châssis qui peut servir indéfiniment et qui n’exige aucun soin. Il suffit de poser à l’intérieur le cliché à tirer et, comme le châssis est beaucoup plus grand, on peut, à volonté, faire varier la position du cliché et l’ajuster par transparence à la place qu’il doit occuper.

§ 12. L’application de ce procédé au tirage des clichés donnant deux ou quatre épreuves est tout aussi facile; il suffit de tirer, suivant les indications du § 1 0, deux ou quatre clichés-écrans égaux de ton et les ajuster, une fois pour toutes, au moyen de bandes de papier noir sur la glace d’un grand châssis positif, à la place invariable correspondant aux sujets des clichés à tirer.

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