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ÉTUDE DU VIEUX COLLODION

blanches très-opaques et très-rapides sous l’influence de la lumière, mais les images sont peu intenses.

Au contraire, le vieux collodion donne des couches presque transparentes, il est peu rapide, mais les images sont très-intenses.

Cette différence n’est pas la seule qui existe entre ces deux collodions : le collodion neuf ne donne pas d’images à sec après le lavage de la glace, au sortir du hain d’argent, le vieux^ au contraire en donne.

Lhmage formée sur un collodion neuf et développée au fer, est soluble en entier dans l’acide nitrique (1002); et celle, au contraire, formée par le vieux collodion, n’est pas entièrement soluble ; on en verra plus loin le motif.

§ 2. Un fait important à établir d’abord est celui-ci :

Un collodion (moins le pyroxyle), c’est-à-dire une solution éthéroalcoolique d’un iodure, se conserve indéfiniment.

§ 3. Si l’on fait du collodion simple, c’est-à-dire non ioduré, on observe les faits suivants :

Le collodion devient plus fluide et prend une odeur d’éther nitrique. Quand on le conserve très-longtemps, il donne, lorsqu* on le verse sur la glace et quon sensibilise dans un bain d'argent, une couche blanchâtre qui fournit des images à la chambre noire! et cependant il n*y a ni iodure, ni bromure ‘présent.

Voici ce qui su passe : quand l’acide sulfurique (1380) et bacide nitrique (1002) agissent sur le coton, non seulement il se forme du coton-poudre, mais aussi un corps qui lui ressemble beaucoup et qui est la nitroglucose (234, III) ou sucre nitré, et qui jouit de certaines propriétés photographiques fort curieuses. Une solution de nitroglucose ajoutée à un collodion récemment préparé lui donne de suite les propriétés d’un vieux collodion.

§ 4. Enfin, un fait qui corrobore cette théorie est celui-ci : un vieux collodion de plusieurs années, précipité par une solution alcoolique de nitrate d’argent (983), au lieu de donner un précipité qui ne contient que de l’iodure d’argent, fournit un précipité 6 fois plus considérable, et ce sel possède les mêmes propriétés que celui obtenu avec la nitroglucose décomposée.

§ 5. La décomposition du collodionprovieiit donc, non de l’action des acides contenus accidentellement dans le coton-poudre, et dont l’effet est de mettre en liberté un peu d’iode (828) qui change à peine les propriétés du collodion, mais de la décomposition lente du cotonpoudre en présence de l’alcool (68); le coton-poudre produit alors de l’acide nitrique ou nitreux, qui forme une grande quantité d’éther nitrique (133, III), qui donne au vieux collodion son odeur particulière. La quantité de coton-poudre diminue, la solution devient plus fluide, et le résultat est la production d’un corps organique dont la composition est inconnue et qui peut former, avec le nitrate d’argent et l’iodure d’argent, une combiuaisoîi sensible à la lumière, à l’état sec comme à l’état humide,

FIXAGE AU SULFOCYANÜRE D^AMMONIUM.

§ 6. Le développateiir forme une image constituée par l’argent et par un corps organique analogue à l’albuminate d’argent (49, III) noirci par la lumière. Aussi l’image n’est pas complètement soluble dans l’acide azotique (1002).

233. — FIXAGE AU SULFOCYANURE D’AMMONIUM, des Epreuves positives sur papier : (Davanne et Girard, 1863). {Phot.). V. 163, III — 184, III —185,111.

§ 1 . Considéré sous le rapport des décompositions qu’il peut subir par voie bumide, le sulfocyanure d’ammonium (185, 111) présente des conditions de stabilité très-remarquables au point de vue du fixage.

Les corps que les photographes redoutent le plus pour l’altération des épreuves positives, sont le soufre libre (1341 bis), l’hydrogène suL furé (787) ou les composés qui peuvent le produire.

Les sulfocyanures, il est vrai, ne sont pas inaltérables, mais les composés qu’ils forment sont très-stables. Le sulfocyanure d’argent est d’une stabilité surprenante (265 ter, 111).

§ 2. Les sulfocyanures alcalins dissolvent les sels d’argent d’une manière plus absolue que l’byposulfite de soude (793), par conséquent le sulfocyanure d’ammonium les dissouf parfaitement.

Son action sur le nitrate (983) et le chlorure d’argent (262) est trèsnette; ainsi, le chlorure d’argent agité dans une solution de sulfocyanure se dissout complètement.

Il dissout également l’albuminate d’argent (224, III) plus énergiquement que l’hyposulfite de soude et, par conséquent, il lui est bien supérieur sous le rapport du fixage des blancs des épreuves.

D’un autre côté, le sulfocyanure d’ammonium, employé dans des conditions convenables, n’abandonne jamais à l’épreuve aucune partie de sa substance qui soit capable de l’altérer soit de suite, soit à la longue.

§ 3. Il est très-facile d’étudier la limite de saturation du sulfocyanure d’ammonium.

Quels qu’ils soient, les sulfocyanures alcalins, mis en contact avec les sels d’argent, donnent naissance à un précipité blanc insoluble

FIXAGE AU SULFOCYANURE D'aMMONIUM.

dans l’eau, qui est le sulfocyanure d’argent C^AzS, AgS, qui se combine avec le sulfocyanure d’ammonium pour donner un sel double

AzS, AgS+C^AzS, AzH^S,

incristallisable dans l’eau qui le décompose, mais cristallisant avec facilité dans un excès de sulfoeyanure d’ammonium.

100 gr. de sulfocyanure d’ammonium (185, III) dissous dans l’eau en volume de 100*=^^ c’est-à-dire à 100 p. 100, dissolvent 26 gr. de chlorure d’argent.

100 gr. du même sel dissous dans 200^0 d’eau, dissolvent 19s^5de chlorure.

100 gr. dissous dans 400‘=‘= d’eau n’en dissolvent plus que 14e^8.

11 y a donc avantage et économie à dissoudre une quantité de sel donnée, dans le moins d’eau possible.

§ 4; L’expérience a démontré que les bains de sulfocyanure d’ammonium (185, III) ne s’altèrent pas plus quand 41s contiennent de l’argent que quand ils n’en contiennent pas. Il y a toujours un précipité de sulfocyanogène en poudre jaune; or, une simple tiltration enlève le sulfocyanogène, mais il y reste du cyanure d’ammonium. Quoi qu’il en soit, le bain en vieillissant n’acquiert aucun élément destructeur de l’épreuve.

§ 5. Avant d’être soumise au fixage, l’épreuve doit être lavée comme si elle allait être fixée à l’hyposulfite de soude, ce qui enlève tout le nitrate d’argent et économise le fixateur, de plus, on n’a pas à redouter les taches que presque toujours occasionne l’hyposulfite de soude.

On plonge ensuite l’épreuve dans le bain fixateur, qui est fait à la richesse de 30 à 40 p. O/o d’eau. Dans ces proportions, le bain peut fixer, par chaque poids de 100 gr. de sulfocyanure, 3 ou 4 feuilles 44 X ^7, préalablement lavées.

Le fixage peut se faire un peu plus rapidement qu’avec l’hyposulfite (795); il suffit de 5' à 6' de séjour dans ce bain pour que l’épreuve soit fixée. On la sort du bain, et on la plonge dans une cuvette d’eau ordinaire ; l’eau se trouble alors, et il se dépose du sulfocyanure d’argent insoluble ; pour en diminuer la proportion, il faut bien laisser égoutter la feuille au sortir du bain de fixage.

Il est nécessaire de faire une seconde opération, qui consiste à passer l’épreuve dans un autre bain semblable au premier, et à la laver de nouveau à l’eau ordinaire, qui ne se trouble plus.

On termine par de simples lavages à l’eau pour enlever les dernières traces de fixateur. Ces lavages sont beaucoup plus courts que pour le fixage à l’hyposulfite de soude (795).

§ 6. Les grands avantages de ce fixage sont contrebalancés par deux inconvénients : 1® la nécessité de deux fixages successifs; 2® le prix élevé du sulfocyanure d’ammonium; mais il faut ajouter que ce prix sera réduit sous peu de temps, et cet inconvénient sera annulé.

NITROGLUCOSE.

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