‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 2)Chapitre 143 sur 231 · RETOUCHE DES NÉGATIFS SUR GLACES · texte numérisé non relu

RETOUCHE DES NÉGATIFS SUR GLACES

§ 10. Jusqu’ici, la retouche n"a porté que sur les taches blanches ou sur des manques d’intensité; il faut nous occuper également des taches opaques qui se déclarent au développement et donnent des places blanches sur les épreuves positives ; on y remédie de la manière suivante :

Lé négatif étant bien verni , on emmanche une aiguille , on corne la tache qui saute alors d’une seule écaille, et produit un trou que l’on raccorde, comme plus haut, § 8, avec le ton des parties environnantes.

§11. Retouche à l'huile. Pour la retouche des négatifs avec du noir préparé pour la peinture à l’huile, il faut procéder un peu ditféremment : on place le négatif à retoucher sur un chevalet de peintre, comme un tableau; on colle alors derrière la glace, et par les 4 coins, une feuille de papier mince négatif (1048) ou une feuille de papier végétal; on met le chevalet devant une fenêtre, de manière à ce que la lumière vienne derrière lui , en évitant de choisir une croisée par où frappe le soleil, parce qu’après quelques minutes de travail on n’y voit plus. Les yeux contractent un éblouissement par suite de la lumière qui déborde les bords du négatif.

§ 12. Il faut broyer d^avance sur une glace épaisse, avec une molette de cristal, soit du noir de fumée (1006), soit du noir d’ivoire (1007), en y mêlant de l’essence de térébenthine (644), assez pour former une pâte un peu ferme de la grosseur d’un ou deux petits pois; on continue alors de les broyer en ajoutant;2 ou 3 gouttes de siccatif de Harlem ou de Courtray, puis l’on achèvera en joignant un peu de vernis ordinaire à tableau. Cette couleur devra donc être broyée aussi fm que possible et ne présenter aucune partie qui soit restée en grain.

§ 13. On la dépose broyée sur une palette ordinaire pour l’huile, et on garnit le godet de cette palette d’essence de térébenthine, afin de pouvoir soit nettoyer son pinceau, soit ajouter avec le pinceau, de l’essence dans la couleur si elle sèche trop vite. On choisit des pinceaux en martre de grosseurs différentes et appropriés au genre de retouche à exécuter. On commence alors le travail, après s’être assis commodément devant le chevalet, tenant la palette sous le pouce de la main gauche, un appuie-main dans la même main, et les pinceaux entre les deux premiers doigts.

§ 14. Le travail devra, pour cette retouche, se faire comme lorsque Ton peint à l’huile sur tout autre objet : on saisit de la main droite un pinceau que l’on imbibe complètement de couleur, on essuie le trop plein sur un morceau de calicot, sans pourtant sécher le pinceau de façon à ce qu’il n’y reste pas assez de couleur. Pour s’assurer s’il y en reste assez, on le passera sur un des bords de la glace, ce qui donne la valeur de la teinte qu’il contient. Pour cette retouche, comme pour celle à l’aquarelle, il faut procéder avec beaucoup de précaution, et revenir plutôt deux fois qu'une pour obtenir Popacité désirée. Si l’on a trop posé de couleur, on peut Penlever avec un chiffon ou du coton cardé, mais le meilleur moyen de l’enlever est

SOUS-IODURE d'argent.

d’appuyer plusieurs fois, s’il est nécessaire, sur la place trop foncée, le bout d’un doigt que l’on essuie chaque fois sur un chiffon. On peut aussi réussir en appliquant légèrement et plusieurs fois de suite, de petits morceaux de papier huvard que l’on renouvelle à chaque fois, quand ils ont absorbé la couleur.

§ 15. Cette retouche à l’huile présente beaucoup plus de ressources que celle à l’aquarelle, car elle permet de travailler sans craindre les sécheresses.

On réussit très-bien à ajouter des nuages dans un paysage, à y mettre des animaux, etc., etc., en se servant, lorsqu’il faut avoir des parties noires (sur l’épreuve positive), delà petite pointe dont il a été parlé plus haut § 10, pour enlever les parties du collodion nécessaires.

§ 16. Si la couleur ne séchait pas assez vite, on y ajouterait un peu plus de siccatif; il est toujours prudent de s’assurer de cela avant de commencer une retouche, sans quoi on s’exposerait à perdre beaucoup de temps. Si, au contraire, dans le cours du travail la couleur de la palette séchait trop vite, on pourrait la liquéfier en y ajoutant un peu d’essence de térébenthine (644).

§ 17. Il faut bannir de ce genre de peinture toute espèce d’huile, parce que le travail ne sécherait pas assez vite et, en outre, parce que le négatif étant exposé à un soleil ardent pendant le tirage des positives, s'échauffe, et l’huile, en se liquéfiant, forme un cambouis sur l’épreuve positive et les parties retouchées, heureux encore si dans le nettoyage qui s’en suivrait, le négatif ne se trouvait pas perdu aussi.

§ 18. Quoique cette retouche, quand la couleur est bien préparée, doive sécher presque instantanément, il sera prudent de ne se servir du cliché qu’au bout de 24 heures, le laissant sécher debout contre un mur, la partie retouchée en dehors , ou en l’exposant pendant 2 ou 3 heures à plat, à une chaleur douce sur un poêle ou dans une étuve.

Cette retouche n’a pas besoin d’être vernie.

238. — SOUS-IODURE D’ARGENT = Ag® lo^ : (E. Glover, 1863). {Chim.). V.223, III.

§ 1. Dissolvez une quantité donnée d’argent pur (112) dans de l’a- N» 7. Juillet. ’ 17

Page 1