ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE ; (F
Thomas, 1863). [Chim.). V. 310, III.
§ 1 . INTRODUCTION. U analyse chimique a pour but de faire découvrir la composition d’un corps. Quand elle se contente de dire quels en sont les éléments constituants, elle est appelée qualitative; quand elle en détermine, en outre, les proportions, elle prend le nom de quantitative.
§ 2. Son utilité est évidente. Elle enseigne à reconnaître la pureté d’un produit, et est d’un inappréciable secours, lorsqu’on veut savoir le titre réel d’une substance coûteuse, telle que le nitrate d’argent (983) ou le chlorure d’or (273), par exemple. Mais là ne se bornent pas les services de Fanalyse chimique. En mettant continuellement le chimiste aux prises avec les divers produits, elle lui fait acquérir plus de connaissances qu’il n’en avait dans toute autre branche de la chimie.
§ 3. 11 est donc extrêmement utile de renseigner le Photographe sur la manière de reconnaître la pureté des produits qu’il emploie, de les purifier au besoin, et, dans certains cas, de reconnaître leur titre réel. On comprend que ce dernier problème ne concerne que les produits coûteux, tels que le nitrate d’argent et le chlorure d’or, etc.
§ 4. Pour faire avec succès les manipulations analytiques, il n’est pas besoin d’avoir un laboratoire spécial. La première chambre venue peut servir. Il est indispensable qu’elle soit bien aérée, pour que l’on ne soit jamais incommodé par les vapeurs des acides ou des divers produits. Une table, que l’on pourra recouvrir avec des carreaux émaillés, et que l’on placera près d'’une fenêtre, un mortier, un tamis fin, une lampe à alcool avec un support (868), un fourneau économique
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(705) en terre, un creuset (431) en terre de la plus petite dimension, une très-petite capsule de porcelaine (205 bis) , des verres à expériences (630), des verres de montre, des tubes de verre fermés à un bout, ou tubes à essais, des entonnoirs, une lame de platine, voilà les seuls instruments dont on ait, pour ainsi dire, toujours besoin. Il est bon que le photographe s'habitue à opérer avec le moins de produits et de frais possible, et qu’au besoin il construise lui-même ses appareils. Ainsi, il pourra, s’il ri’a pas de capsule, se servir d’une tasse à café en porcelaine; des verres à boire ordinaires lui serviront de verres à expériences; au moyen de la lampe à alcool (868), il fera ses tubes à essais, etc.
§ 5. Pour les pesées, il est nécessaire d’avoir un trébuchet (142, § 5) sensible à un centigramme au moins.
Il faut, dans l’analyse chimique, ainsi que dans la photographie, s’habituer à être minutieux, car ce n’est qu’avec un ordre excessif qu'on mène à bien tous les travaux nécessités par la chimie analytique.
§ 6. Les manipulations en usage dans l’analyse sont, à peu de chose près, celles-là mêmes nécessitées journellement en photographie. .Ce sont : la pulvérisation au moyen du mortier (959), la dissolution (510), la filtration (676), la cristallisation (432), la précipitation (12n), la décantation (406), le lavage, l’évaporation (661), la distillation (514), la concentration (389), la sublimation (1355), le chauffage, qui se pratique ordinairement avec une lampe à alcool (868).
11 n'est pas besoin d’insister sur la propreté des vases; il suffit de dire qu’un vase qui n’est pas bien nettoyé rend inutile tout le travail d'une analyse.
§ 7. La 'pulvérisation consiste à broyer un corps solide pour l’amener à un état de division plus ou moins parfait.
On se sert ordinairement, à cet effet, d’un mortier (959) et d’un pilon ou molette.
Quand le solide à broyer est très-dur, sans être élastique, on se sert d'un mortier en agate ou en porphyre; quand il est dur et élastique, on se sert d’un mortier en fonte, en acier ou en bronze.
Quand il est tendre, on se sert d’un mortier en porcelaine ou en cristal.
Lorsqu’on veut amener le corps à l’état de poudre impalpable, on le brise d’abord dans un mortier en fonte ou en bronze, et l’on broie ensuite la poudre obtenue dans un mortier en agate. Les besoins de l’analyse chimique appliquée à la photographie he nécessitent pas une division plus avancée.
Si l'on n’a pas de mortier à sa disposition, on enferme le corps dans une feuille de tôle sur laquelle on frappe avec un marteau. Quand le corps n’est pas dur, on peut l’enfermer dans un linge ou une feuille de papier. Après avoir pulvérisé le corps, on passe généralement la poussière au travers d’un tamis de soie, ou de crin, ou de fer, etc..
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dont les trous ont un égal diamètre. 11 est essentiel que l’on emploie un tamis qui n’exerce aucune action sur la nature de la substance.
§ 8. La dissolution a pour biit de faire passer ou de maintenir à l’état liquide un corps quelconque, à l’aide d’un liquide appelé dissolvant.
Quand les dissolvants ne modifient pas les propriétés des corps, on les appelle dissolvants neutres ; quand ils les modifient, au contraire, on les appelle dissolvants altérants.
Comme dissolvants neutres, nous citerons l’eau distillée, Talcool (68), l’éther sulfurique (657), le chloroforme (257) et le sulfure de carbone (1370), parce que les corps qui s^y dissolvent conservent toutes leurs propriétés, à quelques exceptions près, que nous exami- ^ lierons en temps et lieu.
Comme dissolvants altérants, nous citerons surtout l’acide sulfurique (1380), l’acide chlorhydrique (254) et l’acide nitrique (1002), parce qu’ils font passer les métaux à l’état de sulfates, de chlorures et de nitrates.
Une dissolution est dite saturée d’un corps, lorsque le liquide dissolvant, après avoir absorbé une certaine quantité de ce corps, refuse, pour ainsi dire, d’en absorber une nouvelle quantité.
La chaleur favorise, en général, les dissolutions. Ainsi, le nitrate d’argent (983) est plus soluble à chaud qu’à froid.
Si un liquide est saturé d’un corps, il ne perd pas par là sa faculté de dissoudre d’autres corps, pour lesquels il a de Y affinité, kms\ l'eau, après avoir dissous du nitrate d’argent, peut encore dissoudre du nitrate de soude.
La dissolution n’a pas lieu lorsque le liquide dissolvant et la substance qu’on veut dissoudre n’ont pas d’affinité réciproque. Ainsi, l’iodure d’argent est complètement insoluble dans l’eau distillée, mais il est soluble dans une dissolution de nitrate d’argent.
§ 9. La dissolution d’un corps est notablement facilitée si ce corps est très-divisé. De là, la nécessité de la pulvérisation pour les corps qu’on veut dissoudre.
§ 10. Quand un liquide, qui tient un corps solide ou gazeux en dissolution, devient solide lui-même, son affinité pour les matières dissoutes cesse, et ces dernières s’en séparent. On part de ce principe pour purifier l’eau par congélation.
La dissolution sert à détruire la force de cohésion (310, III) des corps pour aider à produire des combinaisons. Ainsi, pour faire du chlorure d’argent, on verse l’une dans l’autre, une dissolution de chlorure de sodium (277) et une dissolution de nitrate d’argent (983).
Quand un corps solide dissous dans un liquide a beaucoup d’affinité pour lui, il en retarde d’autant le point d’ébullition. Ainsi, l’eau distillée, sous la pression atmosphérique ordinaire (0™.76), bout à -j-100®, mais l’eau saturée de nitrate de potasse bout, dans les mêmes conditions, à-j- 1 1 5®,9 ; l’eau saturée de chlorure de sodium (277) bout à -f- i08%4. On se sert de cette propriété pour les hains-maries
BAIN d’argent maintenu INCOLORE.
§ H . Les corps, après avoir été pulvérisés et tamisés, sont le plus souvent mêlés à des impuretés qui troublent la limpidité des dissolutions. La filtration a pour but de débarrasser les liqueurs de ces impuretés.
On fait généralement usage d’entonnoirs en verre, et de papier non collé (676).
Les entonnoirs en gutta-percha doivent être abandonnés pour les entonnoirs en verre, parce que la gutta-percha (554) est soluble dans un assez grand nombre de substances, et peut ainsi causer de véritables désagréments au photographe et au chimiste.
Le papier doit'être parfaiteuient homogène, ne pas avoir de trous et être d’une blancheur parfaite.
Le papier grisâtre ne vaut rien pour filtrer les liqueurs alcalines (66), parce qu’il leur cède une matière colorante.
Une bonne précaution à prendre, avant de filtrer une liqueur, c’est d’humecter d’eau pure le filtre, quand il est placé dans l’entonnoir; si on la négligeait, les impuretés de la liqueur seraient entraînées dans les tissus du papier, quand il commence à absorber le liquide.
Le procédé précédent ne peut p^s servir pour filtrer les liqueurs exerçant une action corrosive sur le papier. Dans ce cas, qui concerne surtout les acides, tels que l’acide nitrique (1002), l’acide sulfurique (1380), etc., on met dans l’entonnoir une petite pelote d’amiante bien propre, que Ton tasse légèrement dans le col. On verse un peu d’eau distillée dans l’entonnoir, et l’on ne commence la filtration que quand l’eau sort absolument limpide. [Sera continué.)
305. — BAIN D’ARGENT maintenu incolore avec le Papier positif albuminé : (W. Clarke, 1863). [Phot.). V. 471.
§ 1 . On peut, par un moyen bien simple, empêcher le bain d’argent de tourner au brun par l’usage du papier positif albuminé. Au lieu de dissoudre le nitrate d’argent dans l’eau distillée, il faut se servir d’eau commune bien bouillie dans une bouillotte ordinaire, et que l’on laisse parfaitement refroidir avant d’y dissoudre le sel.
§ 2. En se servant d’eau sans la faire bouillir, on trouve un dépôt