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CHAMBRE ET LABORATOIRE PORTATIFS

chambre à soufflet (321), et l’on règle la position do l’appareil au moyen d’un petit fil-à-piomb fixé sur le fond de lacuvottc-laboratoire. Cette opération se fait très-facilement.

Fig. 321.

§ 3. On prend dans la boîte à glaces une plaque de verre que l’on collodionne, on ouvre la cuvette dans laquelle se trouvent trois supports qui servent à maintenir la glace préparée.

L’espèce d’armoire qui forme la partie postérieure de la cuvettelaboratoire, et dont la porte joue sur des gonds verticaux, est solidaire avec un châssis en bois qui se relie à la chambre à soufflet au moyen de deux charnières horizontales. Quand on fait décrire un quart de cercle au châssis autour de ces charnières, le liquide contenu dans la partie inférieure de la cuvette se répand uniformément et d’un seul coup sur la plaque collodionnée. Un mouvement de balancement réglé par un second fil-à-plomb, facilite l’action chimique. Un verre jaune, ajusté dans un volet à coulisse, permet de surveiller l’opération, qui s’effectue comme dans les ténèbres.

La plaque reste 2' dans le bain.

On arrête le châssis porte-cuvette dans une position horizontale, et l’on met au point en plaçant la glace dépolie sur trois crochets mobiles abaissés de Uintérieur de la chambre noire. Cette opération achevée, on retire' la glace dépolie, on replace les crochets dans l’entrée de la chambre, et le châssis porte-cuvette étant soulevé, le nitrate d’argent (983) descend au fond du réservoir au-dessous de la plaque sensibilisée.

§ 4. Pour exposer la glace sensibilisée à la lumière, il suffit de lever la trappe à verre jaune qui forme le dessus de la cuvette sensibilisatrice. On cesse la pose en fermant l’objectif avec un obturateur.

§ 5. Le développement de l’image s’opère en faisant passer la

COAGULATION DE l’ ALBUMINE.

glace de la cuvette à bain d’argent dans un tiroir à sulfato de fer placé sous la chambre. Pour cela, il faut incliner l’appareil de 30“, ce ciui se fait facilement au moyen de l’agencement de la tablette inférieure, qui consiste en deux planchettes reliées entre elles et à Tappareil, au mmyen de quatre charnières horizontales placées deux à à l’avant, du coté de l’objectif, et deux à l’arrière du côté du châssis porte-cuvette. C’est autour des charnières antérieures que l’instrument opère son mouvement de rotation.

Au moyen d’un bouton convenablement disposé, on fait jouer un encliquetage intérieur qui décroche la glace de dessus ses supports dans la cuvette à bain d’argent, et la dirige vers le tiroir au sulfate de fer, où elle arrive par un plan incliné et sans recevoir de lumière, puisque la chambre est fermée par la cuvette sensibilisatrice relevée verticalement, 'et maintenue adhérente par des crochets. On donne alors au tiroir un mouvement de balancement d’avant en arrière autour des charnières antérieures et postérieures reliant les deux planchettes qui portent tout l’appareil, afin que le liquide se répande également sur toute la surface à développer. Pour enlever la glace de la solution de fer, il suffit de retirer la cuvette comme un tiroir de commode, et le crochet en Y sur lequel reposait primitivement la glace permet de la sortir sans la toucher avec les doigts.

§ 6. On met alors la plaque dans une boîte en gutta-percha contenant de l’eau au fond, et là elle se maintient humide jusqu’au retour, où on la fixe et on la renforce si l’épreuve en a besoin.

Cet appareil, d’un grande simplicité, se réduit à un assez petit volume, puisque tout se trouve réuni dans une boîte ayant : pour la 1/2 plaque, 0“.34 de longueur, 0“h27 de large, et 0“'.37 de hauteur.

322. — COAGULATION DE L’ALBUMINE. Etude de l’action de la chaleur sur ce corps : (Em. J. Reynolds, 1803). (Chim.). V. 302, III.

§ 1 . L’action de la chaleur sur le blanc d’œuf, tant à l’état liquide qu’à l’état sec, est d’une grande importance pour la photographie; mais beaucoup de faits d’arrangement moléculaire s’expliquent difficilement daus la science, et, parmi eux, la coagulation de l’albumine apparaît au premier rang, car aucune différence chimique ne peut être relevée entre l’albumine pure soluble et celle qui vient d’être coagulée par la chaleur.

§ 2. Supposons, avec Lieberkuhn, que l’albumine telle qu’elle existe dans le blanc d’œuf soit un bialbuminate de soude défini, ce qui donne une composition bibasique à l’albumine ; si une solution de ce corps est bouillie, un équivalent (632) d’alcali (60) sera rendu libre et remplacé par un atôme d’eau, donnant alors naissance à ce qu’on appellera l’acide albuminique qui se précipite.

Cette théorie semble confirmée par ce fait, qu’une solution albumineuse est plus alcaline après qu’avant la coagulation. D’un autre

COAGULATION DE l'aLBüMINE.

côté, il ne faut pas oublier qu’une solution d'albumine de laquelle a été enlevée avec beaucoup de soin toute trace d’alcali, peut être également coagulée par la chaleur, de sorte que quand l’albumine est pure, de très-faibles changements physiques peuvent produire la coagulation.

§ 3. Ainsi, en filtrant des solutions d’albumine pure, il arrive souvent que si on laisse tomber le liquide dans le vase collecteur d'une certaine élévation, 0“.33 par exemple, des flocons d’albumine se précipitent. D’où il semble évident que des deux formes de l’albumine, la coagulée est stable et la soluble instable. C’est donc un corps anormal dont la composition chimique est difficile à découvrir dans son isomorphisme.

Il est parfaitement connu que les liquides contenant une petite quantité d’alcali sont aisément coagulés par la chaleur, mais si l’on augmente la quantité d’alcali, on arrive à un point où l'effet de cet agent physique est nul. Si à ce liquide on ajoute un sel neutre, et si le tout est porté à l’ébullition, la coagulation a lieu.

§ 4. Supposons une solution d'albumine parfaitement pure et privée de toute trace de sels ou d’impuretés, il est facile de s’apercevoir qu’elle est dans un état d’équilibre instable, que le simple frottement d’un autre liquide- est capable de rompre, et dont le résultat sera le passage à l’état stable ou à la coagulation. Si au premier liquide nous ajoutons une minime quantité d’alcali, cette simple trace est capable d’emporter la balance du côté opposé, bien que ce simple frottement ne soit pas suffisant pour détruire l'influence neutre de l'alcali. Mais si nous appliquons un agent physique plus puissant, la chaleur, l’obstacle est facilement surmonté et le résultat est la coagulation.

Allons plus loin et ajoutons une forte proportion d’alcali, nous trouverons qu’à quelque hauteur de température qu’on porte le mélange, on sera incapable de produire une altération visible. Mais si de nouveau, on ajoute à la liqueur du nitrate de potasse (995), du sulfate de soude, etc., etc., la coagulation à lieu.

§ 5. Il semble probable, par conséquent, que la coagulation d’un liquide alcalin ou albumineux, dépend de la proportion d’alcali mêlé à l’albumine. Si le premier n'est pas en quantité suffisante pour neutraliser la totalité du second, l’excès d’albumine est susceptible de passer à l'état insoluble. Si, au contraire, la quantité d'alcali en présence est suffisante pour se combiner à la totalité de l'albumine, aucune coagulation n’aura lieu, comme si l’aflinité chimique existant entre le liquide et la base était trop puissante pour être détruite par une force physique d’une faible intensité.

Si, au contraire, on ajoute un sel neutre et qu’on atteigne le point d’ébullition, l'intensité est augmentée proportionnellement, et il en résulte la coagulation.

§ 6. Après avoir étudié l’albumine à l’état soluble, il est extrême-

coagulation de l'albumine.

ment important de l’examiner à l’état sec. On a beaucoup écrit sur V impossibilité de coaguler V albumine sèche, et l’on a eu raison^ car sous ces deux états^ elle ne se comporte pas de même : et en suivant le raisonnement fait plus haut § 5, on arrive à cette conclusion facile^ que l’albumine sèche ne peut être coagulée (quoi qu’en aient dit et pensé jusqu’ici les photographes) , et, plus encore, que nous ne possédons aucun mojnn de la rendre insoluble.

Les expériences suivantes ont été faites au moyen d’albumine parfaitement pure, elles n’en sont que plus concluantes quand il s’agit du blanc d'œuf ordinaire.

§ 7. Une quantité de blancs d’œufs parfaitement battus et filtrés à travers une fine mousseline pour séparer les flocons membraneux, est évaporée à siccité dans le vide sur de l’acide sulfurique (i380). Il en résulte une masse cassante et demi-transparente que l’on pulvérise grossièrement et que l’on chauffe à+iOO® pendant plus de 9 heures; elle est alors réduite en poudre fine et mise dans un flacon parfaitement bouché.

D'égales quantités de ce blanc d’œuf parfaitement sec, sont alors mises dans 6 petits tubes-éprouvettes, dont chacun est traité comme suit :

N® 1 . Ce tube et son contenu ne sont pas chauffés, mais laissés de côté pour former un point de comparaison avec les autres.

N" 2. Celui-ci fut placé 50' dans un bain liouillant d’une solution saturée de nitrate de potasse (995), par le moyen duquel on obtient une température constante de -|- 115®. A cette température, une certaine quantité d'eau qu'on avait ajoutée fut retirée, et l’on trouva la poudre légèrement plus foncée comme couleur.

§ 8. N® 3. Fut chauffé pendant 65' dans un bain d’huile à température variant entre -1-140® et -|- 2 10®.* L’eau se volatilisa et la poudre devint chamois foncé.

N® 4. Ce tube fut chauffé 60' à une température variable entre + 171® et+182®. L’eau se comporta de même que dans l’exemple précédent, mais la poudre prit une couleur brun pâle.

N® 5. Celui-ci fut soumis 37' à une chaleur de + 204 à + 215®. Le vase dans lequel l’huile était contenue commençant à fuir empêcha de continuer la chaleur pendant plus longtemps. Il en résulta cependant une poudre brun foncé, avec des marques évidentes de décomposition imminente.

N® 6. Ce tube fut chauffé le même temps que le n® 5, mais pour prévenir ce qui était arrivé, fut remué pour égaliser la température, et fut soumis, pendant 3 heures 30', à une température montant graduellement de+ 110® à + 215®. Le résultat fut semblable au n® 5.

• A une température d’à peu près+ 90® et au-dessus, le blanc d’œuf commençait à se carboniser rapidement.

§ 9. Le contenu de chaque tube fut alors vidé dans un flacon bouché contenant environ 100 gr. d’eau distillée. Les flacons furent.

COAGULATION DE l’ ALBUMINE.

de temps à autre^ agités pendant 30 heures^ laissés reposer 4 heures, et enfin examinés : 1® sous le rapport de l’apparence que présentait l’albumine ; 2® sous celui de l’action du réactif de Millon sur une partie du liquide filtré.

§ 10. Le réactif de Millon consiste en une solution de :

Mercure (925) 2 parties.

dans :

Acide nitrique, pes. spéc. 1.42 (1002) 4 parties.

Quand une faible partie de ce réactif est ajoutée à un liquide albumineux, il se forme un coagulum blanc qui, lorsque le tout est porté à l’ébullition, devient d’un beau rouge foncé. »

La meilleure manière d’appliquer ce réactif très-sensible, est d’évaporer à sec quelques gouttes du liquide à examiner sur un verre de montre, de verser sur le résidu un peu de solution mercurielle et de chauffer pour développer la coloration rouge. L’auteur du réactif prétend, par son moyen, déceler l’albumine dans des liquides qui en

contiendraient 'Iqq qqq' ^^ur poids.

§ il. Le résultat de ce traitement aux flacons fut le suivant :

N® i. L’albumine augmenta énormément de volume. Les 5/8 du volume étant occupés par cette masse gonflée jaune pâle, une portion du liquide offrit une preuve abondante d’albumine.

N® 2. Dans ce cas-ci, la poudre, quoique beaucoup gonflée, n’occupa pas plus de 2/8 du liquide entier, et par l’agitation se retira parfaitement au fond. Une quantité considérable d’albumine était passée en dissolution, quoique beaucoup moins que dans la précédente expérience,

N® 3. La poudre, bien qu’augmentée en volume, ne put occuper plus de 1/8 du volume total, et se précipita rapidement en secouant le mélange. Dans la liqueur fiîtrée à clair, le réactif de Millon eut beaucoup de difficulté à faire dpparaître une très-faible trace d’albumine; on n’en trouva point à toute autre application de la chaleur et de l’acide nitrique.

§ 12. N® 4. Fut semblable à tous égards aun® 3. La quantité d’albumine dissoute étant facilement perceptible.

N® 5. Dans ce cas, l’augmentation de volume de la poudre ne fut pas remarquable : le liquide surnageant avait une couleur d’ambre foncée, et examiné, fournit incontestablement preuve d’une petite quantité d’un corps ressemblant à l’albumine.

N® 6. Semblable au n® 3 sous beaucoup de rapports, avec cette exception, que la quantité de matière albumineuse dissoute était plus " considérable.

§ 13. Avant de tirer de ces expériences les conclusions qui en découlent, il faut étudier l'action variable du nitrate de potasse (995) ajouté à chacune des expériences ci-dessus. On ajouta au contenu de

.chaque flacon :

Nitrate de potasse pur Gsr-ôO

N» 11. Novembre 1863. 26

314 COAGULATION DE L’ ALBUMINE PAR LE NITRATE d’aRGENT.

et le tout fut laissé reposer 24 heures en agitant de temps en temps.

Chaque flacon examiné,, on trouva :

N® 1. La quantité d'albumine entrée en solution était fortement augmentée.

N® 2. La quantité d’albumine dissoute était très-sensiblement augmentée.

N®* 3 et 4. A peine une trace peut être décelée.

N®® 5 et 6. Point d’augmentation appréciable ne fut observée.

'§ 14. On peut donc résumer les résultats obtenus, et dire que les expériences ci-dessus prouvent : 1® que le blanc d’œuf séché, porté à la température de -f- 100® pendant au moins 9 heures, n’est pas altéré dans ses propriétés générales; 2® que si on le chauife le même temps à-f- 115®, on produit un changement appréciable, quoique d’une grande importance; 3® à une température élevée entre -f-148® et-|- 182®, on constate un important changement, en ce que l’albumine est rendue insoluble dans l’eau et le nitrate de potasse (995); 4® enfin, à une température d’environ -|- 20 i®, près du point de décomposition, il est tellement modifié qu’il est susceptible de céder à l’eau un corps présentant la plupart des caractères de l’albumine, quoique se rapprochant jirobablement plus du caramel.

§ 15. Ces résultats conduisent naturellement à se poser cette question : nous savons que deux modifications de l’albumine existent, toutes deux insolubles dans l’eau, mais dont une est coagulée, l’autre non (cette dernière soluble dans le nitrate de potasse (995), la première non); quelle modification, vers une température de -J- 148®, estelle capable de produire? c|uestion qu’il n’est pas facile de résoudre au milieu des difficultés qui l’entourent. En considérant l’action simple du nitrate de potasse (995), on peut croire que l’albumine a été coagulée, bien que cette conclusion semble réclamer d’autres expériences concluantes.

Il est probable plutôt, que la chaleur est cause d’un arrangement moléculaire analogue à celui par lequel l’amidon (87) est converti en dextrine (501), précisément dans les mêmes conditions.

L’essentiel était de prouver que l’albumine soumise sèche à une chaleur de 148® G. pendant assez de temps, peut être rendue insoluble dans l’eau.

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