ÉPREUVES POSITIVES 5UR PAPIER SALÉ
chant d’un feu de coke. Ces feuilles ainsi préparées furent enveloppées de papier blanc dans un livre mis sous presse, et le tirage n’en fut fait que le lendemain.
§ 7. Le papier présentait au jour une nuance jaune assez foncée. Au bout de 30' d’exposition sous un négatif, la coloration était presque, insensible et l’image peu accusée. Celle-ci disparut dans le lavage à l’eau ammoniacale, qui se colora en dissolvant le peroxalate non impressionné, et le papier noircit dans une dissolution de noix de galle.
§ 8. La chaleur pourrait former une image sur le papier préparé avec ce sel de fer, car sa surface se colore sensiblement à la température de + 60®, et prend une teinte grise qui disparaît difficilement, excepté à l’humidité.
§ 9. Le papier exposé une journée sous un négatif présentait une surface où le sel organique de fer était complètement transformé en sel insoluble, car il ne colorait plus l’eau de lavage ammoniacale. Il n’a pas acquis cependant une coloration foncée par le traitement développateur, ni par cette exposition prolongée.
64. — ÉPREUVES POSITIVES sur Papier salé et ARROW-ROOT : (E. Po-
TONIÉ, 1862). {Fhot.). V. 113 — 1109.
§ 1. Bain d’argent sensibilisateur :
Eau distillée 100 gr.
Nitrate d’argent (983) 15
Acide nitrique (1002) 3 gouttes.
Les feuilles de papier sont étendues sur ce bain dans un endroit obscur.
Lorsque les épreuves positives sont sorties du châssis, il faut les
laver soigneusement.
§ 2. Virage à l’or. Une dissolution de :
Chlorure d’or jaune 1 gr.
avec :
Eau distillée 250
est mêlée, en remuant, à la dissolution suivante :
Hyposulfite de soude 3 gr.
Eau distilléè 250
§ 3. Bain fixateur. On le compose de :
Hyposulfite de soude 1 partie.
Eau distillée 2
Les épreuves positives y restent jusqu’à ce que les lumières paraissent bien claires et que la transparence soit devenue complète. 11 faut, après le fixage, laver très-soigneusement, si l’on veut que les clairs ne deviennent pas jaunes avec le temps.
La proportion de ce bain de fixage est nécessaire pour conserver les tons obtenus; un bain plus faible jaunit les épreuves.
Un bain de fixage employé ne doit plus l’être une seconde fois.
N» 2. Février 1863. 4
ÉTUDE SUR L^ALBUMiNATE d’aRGENT.
65. — ÉTUDE SUR L^ALBUMINATE D’ARGENT du Papier positif albuminé ; (Pujo. 1861). {Phot.)
§ 1 . On peut ramener à trois expériences capitales les ditférents phénomènes qui se succèdent dans le tirage des épreuves positives sur papier albuminé.
Quand on expose du chlorure d’argent (262) à la lumière, il se colore en bleu foncé qui devient plus intense à mesure que la réduction s’avance ; et lorsque la lumière n’a plus d’action, il reste de l’argent métallique (113) sous forme de poudre grise. Cette réduction de chlorure en argent métallique, ne s’opère que sur une certaine quantité suporficielle, quand la couche est épaisse, la partie extérieure mince est seule complètement réduite, le sel reste blanc au-dessous.
§ 2. D’autre part, le nitrate d’argent (983) cristallisé ou en dissolution dans l’eau pure ne s’altère pas à la lumière, mais si l’on y ajoute une matière organique, telle que l’amidon (87), la gélatine (723), la cellulose (1038, § 1 — 28), etc., la décomposition a lieu aussitôt.
§ 3. Une goutte de nitrate d’argent versée dans une solution d’albumine (46) produit immédiatement un précipité blanc, cailleboté, très-abondant. Cetteunatière est probablement de l’albuminate d’argent, composé qui joue un rôle très-important dans le tirage 'des épreuves, car elles sont obtenues sur un mélange de chlorure et d’albuminate d’argent où Ualbuminate prédomine.
La valeur des épreuves est liée d’une manière très-intime aux modifications que subissent ces deux matières en présence sous l’action de la lumière.
§ 4. L’albuminate d’argent, parfaitement lavé, ne contenant aucune trace de nitrate d’argent et exposé à la lumière, se colore en rose, rouge, rouge pourpre, pourpre brun, et prend vers la fin une couleur brillante métallique, mais toujours rouge, qui vire difficilement au bain d’or (1515). Quand donc un opérateur verra aux châssis une épreuve devenir rouge, se métalliser en rouge ou en brun-rouge, il pourra dire en toute sécurité que l’épreuve virera difficilement au bain d’or, parce qu’elle renferme une quantité trop forte d’albuminate d’argent, qui peut provenir :
1® De l’excès en trop ou en peu dans le salage de l’albumine (44,
2® De la faiblesse du bain d’argent ;
3® Du trop court séjour de la feuille sur le bain d’argent.
§ 5. Une bonne et vigoureuse épreuve ne peut être fournie par le chlorure d’argent seul , parce que la réduction ne s’opérant que sur une couche extérieure très-mince, il en résultera peu de profondeur dans les noirs après le fixage; de plus, ce corps se décomposant trèsvite à la lumière, les blancs qui, sur le négatif, ne sont pas toujours très-opaques, s’impressionneront sur la feuille positive. L’épreuve sera toujours trop uniforme.