ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER
lions dans les laboratoires photographiques^ soit pour faire des tubes de caoutchouc, soit pour réparer ceux qui sont détériorés, ou les cuvettes, les récipients, les entonnoirs, etc.
§ 2. Dans un flacon, on introduit d’abord des petits morceaux de caoutchouc (205 ter) aux deux tiers de la capacité, puis on le remplit de pétrole (1139) rectifiée. On laisse macérer pendant 10 jours, on décante la solution et l’on remplit avec un mélange à volumes égaux de sulfure'de carbone (1376) et d’éther (657), puis on bouche le flacon. On l’agite plusieurs fois par jour, et on laisse reposer.
Quand le mélange forme deux couches, on décante la supérieure, qui est un peu visqueuse, dans un autre flacon qu’on bouche bien. C’est cette partie qui est la dissolution de caoutchouc.
§ 3. Cette dissolution sèche rapidement partout où on la met, et laisse le caoutchouc, après l’évaporation, avec toutes ses qualités.
99. — ÉCARTEMENT MOYEN des Lentilles dans les Objectifs doubles.
Opt.). V. 106, § 2, III.
100. — ÉPREUVES POSITIVES sur Papier parle CUIVRE ET LE BIS- MUTH : (J. E. Balsamo, 1861). (P/toL)
§ 1. Le point de départ de cette nouvelle méthode est ce fait, que le phosphore (1 1 44) dissous dans l’acide chlorhydrique (254) est abandonné par celui-ci à l’état floconneux sous l’influence de la lumière. De là à l’idée de penser que certaines substances , dissoutes dans le même liquide, éprouveraient une impulsion analogue au phosphore sous l’action lumineuse, il n’y avait qu’un pas. Effectivement, tous les sels soluhles dans le liquide phospho-chlorhydrique sont sensibles à la lumière, quoique insensibles seuls. Parmi eux, le meilleur est l’acétate de cuivre (11).
§ 2. On sature de phosphore une quantité donnée d’acide chlorhydrique à la température ordinaire, ou à + 80°, pour aller plus vite ; on abandonne à soi-même, et plus la solution vieillit, plus elle est sensible.
ÉTUDE DES EFFETS PHOTOGRAPHIQUES
Ajoutez : acétate de cuivre jusqu’à coloration de la liqueur en vert olive foncé.
§ 3. Placez une quantité de cé bain dans une cuvette de porcelaine (449) , et trempez -y un certain nombre de feuilles de papier positif, évitant qu’elles se collent ensemble, les retournant et les laissant dans le bain 5 à 6 heures.
Au bout de ce temps , suspendez et laissez sécher à l’abri de la lumière. Ce papier, très-bygroscopique dans cet état, sera d’autant plus sensible qu’il sera plus sec.
§ 4. Placez ce papier au châssis positif (240), sur un négatif; derrière lui, une feuille de buvard pour absorber Phumidité que fait ressortir la chaleur des rayons solaires. Exposez jusqu’à couleur grise; en ce moment, la lumière, par son ébranlement sur les molécules du phosphore, a ramené l’acétate à l’état de bioxyde de cuivre (439). A cet état, le cuivre est facilement réductible par les matières hydrogénées; retirez, exposez 3' à la vapeur de l’hydrogène sulfuré (787), qui attaque les endroits frappés par la lumière , en les faisant passer à l’état de bisulfure. Ce sel est trop altérable lui-même pour former une épreuve positive durable, et passerait, par les émanations ambiantes, bientôt à l’état de sulfate de cuivre et finirait par s’effacer ; il faut donc le transformer en un sel plus solide, en un métal moins altérable.
§ 5. L’image ainsi fixée, lavez à l’eau pour enlever le sel de cuivre et dégorger l’image, puis plongez-la dans un bain de : eau ordinaire, nitra'.e de bismuth (988), acide acétique (19), quelques gouttes. Plus la solution de bismuth sera étendue , plus on aura de détails , mais plus le développement sera long.
Le bain de bismuth se colore en vert par le nitrate de cuivre (991) qui s’y forme, et les images doivent être formées d'oxyde de bismuth.
Pour obtenir un virage plus foncé, trempez l’épreuve dans un bain faible de nitrate d’argent (983). Ce bain ne s’altère pas, et ce métal joue vis-à-vis du bismuth le rôle électro-négatif.
101. — ÉTUDE des Effets photographiques DES VIBRATIONS LUMI- NEUSES ; (H. De La Blanchère, 1863). {Phot.)
§ 1. Les rayons de différentes couleurs (1347) marchent ensemble tant qu'ils composent la lumière blanche (170), par conséquent ils parcourent le même espace dans le même temps. Mais ce même espace, ils le parcourent en exécutant un nombre d’ondulations ou de vibrations différent pour chacun d’eux. Ce nombre, prodigieux par sa grandeur et par la petitesse des mouvements comparés à nos unités de grandeurs humaines, varie du rouge le moins réfrangible, le moins photogénique et le moins rapide, au violet le plus dévié, le plus actinique et le plus rapide, à peu près dans la proportion de 1 à 4.
§ 2. 11 n’est pas sans intérêt de remarquer, en passant, que la longueur d’onde du violet peut être représentée par le nombre : 0“ .000000406. Si, d’un autre point de vue, nous comparons les puis-
ÉTUDE DES EFFETS PHOTOGRAPHIQUES
sances propres des différentes couleurs comme impressionnant les sels sensibles, nous remarquons que ces puissances peuvent moyennement être représentées par la même proportion que les vitesses d’ondulations. Presque toujours, en effet, il faudra poser, avec les mêmes substances, 4 fois plus de temps pour obtenir les détails d’un objet antiphotogénique rouge, que pour reproduire ceux d’une substance bleue ou violette. Dans la nature, les couleurs reflétées par la surface des corps extérieurs arrivent toutes ensemble à frapper la couche sensible pendant un même temps, et par conséquent leur force d’impression, je dirai presque d’ébranlement, ne peut être proportionnelle au temps, mais seulement à la vitesse de leurs ondulations, ou, ce qui revient au même, à la petitesse de leur onde.
§ 3. Nous venons d’écrire le mot ébranlement, car il semble probable que c’est de ce phénomène que naît l’épreuve photographique. N’est-il pas naturel de penser que sous l’impulsion d’un mouvement d’une si terrible rapidité, la molécule frappée conserve une vibration proportionnelle à cette force? Peut-être même se revêt-elle d’une tension électrique particulière, en vertu de laquelle elle décompose le fluide neutre de certaines autres molécules qui entrent dans sa sphère d’action,... les agglomère-t-elle autour d’elle suivant une certaine forme et une certaine loi. Ce serait un phénomène tout-à-fait analogue à celui que nous voyons se passer dans les effets électriques de nos grossières machines, dans les cristallisations et les dépôts galvaniques (440).
§ 4. Une seconde analogie rend plus frappante encore cette hypothèse. Les images photographiques que j’appellerai par précipitation, doivent toutes naissance à un métal, qu’il soit argent (112), fer (671), plomb (1182), etc. Ce n’est qu’en présence du métal que la réaction commence, qui donne lieu à l’image.
Le collodion humide est revêtu d’une couche ruisselante de nitrate d’argent (983) quand on y projette le développement. Le collodion sec (370) a besoin d’être aidé, dans l’apparition de l’image, par adjonction de nitrate libre. L’albumine (59), le Taupenot (48) , dont on a enlevé par des lavages la plus grande partie de l’argent libre, ont besoin qu’on en ajoute pour que l’image se développe. Sous l’application de l’acide gallique seul (721), à l’albumine, par exemple, la réaction magnétique a lieu, mais invisible si la surface ne retient absolument aucune trace d’argent. L’apparition se manifeste rapidement dès qu’on ajoute une trace de métal. Le papier négatif (1047 et suiv.) présente les mêmes phénomènes ; seulement, comme l’épaisseur de la feuille et sa texture feutrée s’opposent presque invinciblement à ce qu’on purge absolument le tissu d’argent libre, le développement de Limage commence souvent sous l’acide gallique pur, mais s^arrête bientôt si l’on ne vient joindre du métal au bain développateur.
Je laisse de côté toutes les épreuves à l’urane (1461), où ce phénomène est encore plus plausible, puisqu’elles naissent de la précipitation de métaux les uns sur les autres.
No 3. Mars 1863.
ÉTUDE DES EFFETS PHOTOGRAPHIQUES
§ 5. Ainsi donc, l’image photographique par développement, par précipitation, a besoin d’un métal pour exister. Voyez l’application du protosulfate de fer (1230) sur le collodion négatif; le fer précipite l’argent à l’état métallique : c’est une action électrique encore, affinité, quelque nom qu"on lui donne ; le métal libre, flottant dans le liquide, entre dans la sphère d’action électrique de la molécule frappée par la lumière et vibrant encore avec une force propre, ou revêtue d’une quantité de fluide proportionnée à l’acuité de l’onde qui l’a frappée, le métal se précipite sur la molécule et sature une partie du fluide. S’il en reste encore sur la molécule , un seconde atome d'argent est attiré, groupé et retenu; un troisième, etc., mais de plus en plus lentement, parce que la sphère d’attraction diminue en raison de la saturation partielle amenée vers l’état de neutralité, et peut-être même en raison de la difficulté de rayonnement que les molécules déjà précipitées apportent à la puissance de la molécule vibrante.
§ 6. L’épreuve ne se complète pas, est-ce la force attractive qui est annulée? Mêlons un peu d’argent au protosulfate de fer; si l’image se renforce, c’est que la quantité d’argent libre était seule épuisée. En rendant de même l’aliment à la force, nous en complétons l’effet. Ordinairement, la quantité d’argent contenue dans la couche ruisselante entraînée par la glace est suffisante ; mais quelquefois, et surtout avec le collodion sec, il n’en est pas ainsi. C’est ici le lieu de rappeler combien il est important, en versant le développement de protosulfate de fer à la surface de la glace, de ne pas le projeter avec trop de force, de peur qu’une grande partie du liquide , débordant la surface et se perdant, n’entraîne avec elle la majeure partie de la couche argentifère indispensable à la naissance de l’image.
§ 7. Mais l'action précipitante paraît épuisée, la couche de collodion a revêtu son image, il faut enlever les parties neutres non électrisées par l’impression lumineuse : c’est le but du fixage. Quel est alors l’aspect de l’image? elle présente une couleur gris-jaune, ou gris verdâtre d’un aspect métallique pulvérulent, plus ou moins épais. Quelquefois la précipitation des molécules d’argent a été assez intense pour produire une opacité suffisante ; mais le plus souvent il est nécessaire d’augmenter la valeur des lumières , en un mot de renforcer l'image.
§ 8. C'est ici que la nature nous a fourni, dans les corps abondamment pourvus de carbone (210) et faciles à brûler, des auxiliaires précieux qui, sous l’impulsion du métal, et mêlés à lui, viennent obéir encore à cette électricité non assouvie dont les molécules sont encore animées, et revêtir de leur couche noire les molécules d’argent déjà retenues.
L’acide pyrogallique, en laissant précipiter deux équivalents de carbone, est le plus utile de ces continuateurs.
§ 9. Remarquons que, quand on s’en sert pour révéler l’image dès l’abord, on est obligé de le mêler à l’argent; que seul, sur une surface privée de métal, il ne produit aucune trace d’image, et que tou-
ÉTUDE DES EFFETS PHOTOGRAPHIQUES
jours on dirait que les molécules de carbone qu"il fournit vont revêtir chacune des molécules d’argent qui ont précédé; aussi produit-il toujours une couche noire à la surface de l’image.
Quand nous parlons de la couleur des dessins négatifs^ nous ne nous occupons pas de la lumière transmise: elle est noire pour tous^ pourvu que le dépôt soit assez considérable ; nous parlons de la couleur fournie par la lumière réfléchie. Celle-là varie avec chaque développement et avec les dosages de chaque développement. Nous avons vu, sous l’emploi de l’acide pyrogallique mêlé d’argent, des épreuves négatives longtemps et fortement renforcées, offrir, au milieu d’une surface presque entièrement charbonneuse, des parties correspondantes aux vides de l’image, parfaitement argentées spéculairement par le métal.
§ 10. C’est que, précipité partout également, le métal avait manqué là de l’attraction élective des molécules vibrantes qui ne l’avaient point recouvert par leurs forces propres, de la pluie de carbone qui tombait partout où la lumière l’avait frappé.
§ 11. On a dit que les images négatives étaient formées des partie*s du sel d’argent sensible dont la lumière avait éliminé plus ou moins la base volatile. Ce serait alors un effet de chaleur, mais nous savons qu’on peut arrêter au passage les rayons calorifiques du soleil et former une image parfaite au moyen d’une lumière seulement photogénique.
§ 12. Que sous l’influence de l’électrisation de la molécule d’iodure d’argent (837), une séparation ait lieu entre les deux métaux, c"est ce que personne ne sait, parce que les expériences faites sur des quantités de sels exposées en masse à une lumière directe et flamboyante comme celle du soleil, ne conduisent pas invinciblement à conclure que, sur la couche sensible et sous la lumière bien faible de bobjectif, les phénomènes soient identiques.
Que prouve, en effet, de plus que notre hypothèse, celle de l’élimination de l’iode? Le nouveau sel est un sous-iodure qui a la propriété, etc. — Mais non, ce n’est pas le nouveau' sel quùl faut dire, ce sont les millions de nouveaux sels, car il doit s’en produire autant que de nuances d’actions si la désiodation des molécules est proportionnelle à leur capacité précipitante du sel développateur. Or, s’il n’y a qu’un sel formé, on n’explique rien, on descend la question d’un cran, le sous-iodure joue le même rôle quel’iodure. Il est sensible, voilà tout; rien n’est expliqué.
§ 13. Evidemment il ne peut exister une telle immensité de combinaisons définies entre elles, et infinies dans leurs nuances ; il est beaucoup plus simple d’admettre l’existence d’un mouvement qui, lui, peut varier à l’infini, depuis zéro jusqu’aux valeurs les plus énormes, et cependant être produit sur chaque et sur toutes les molécules d’un corps donné.
§ 14. Ce qui prouve encore combien notre hypothèse est plausible.
ÉTUDE DES EFFETS PBOTOGRAPHIQUES
c’est que la photographie possède des sels sensibles donnant des images qui ne peuvent se développer et d’autres qui le peuvent. On répondra que le dernier mot n’est pas dit^ et que demain peut-être la chimie photographique aura trouvé le continuateur des sels d’argent que nous regardons comme rebelles. Soit! nous le souhaitons, car il est meilleur d’avoir plusieurs méthodes pour arriver au bien; le progrès s’ensuit plus vite et plus facilement.
§ 15. De notre hypothèse de l’électrisation des molécules, va découler toute une série de réflexions et de considérations sur les relations qui doivent exister entre le temps de pose et la richesse des bains négatifs.
Tous les opérateurs ont remarqué qu’avec un bain d’argent négatif affaibli on n’obtenait que des images ternes et grises. La raison en est simple : la molécule, frappée par le rayon lumineux, a reçu une vibration suffisante; mais, plongée dans un milieu pauvre en métal, et riche en substances inertes ou hostiles, elle ne peut s’argenter d’une quantité suffisante pour fournir une vigoureuse impression. Au lieu de cela, que vous ayez un bain riche (pas au-delà d’une certaine mesure, cependant), l’impression de la lumière sur la molécule, impression plus courte et produisant une vibration moins intense, suffira, dans un milieu abondant en parties métalliques, pour précipiter à sa surface la grande quantité de molécules d’argent qui nagent à portée de sa sphère d’action.
§ 16. Si donc le bain d’argent est pauvre, augmentez la pose; s’il est riche, diminuez-la, et vous arriverez à une intensité proportionnelle comme effet négatif.
Cette règle est juste, et l’expérience, cette grande conseillère, a montré aux opérateurs qu’avec un bain moyen, une épreuve est dans les meilleures conditions pour se laisser continuer, c’est-à-dire pour laisser accumuler avec facilité le dépôt carbonique à la surface de l’image métallique. Souvent nous avons remarqué que les épreuves instantanées, même faites avec un bain riche, éprouvaient, arrivées à un certain point de développement, un temps d’arrêt passé lequel le renforcement n’était plus possible sans avoir'recours à des moyens étrangers à notre théorie, et qui constituent de véritables substitutions chimiques. C’est le mot qu’on doit appliquer au bichlorure de mercure (157), dans son action sur la couche argentique de l’image, et à l’hyposulfite de soude (795) dans la sulfuration des négatifs.
§ 17. Cet amalgame, cette combinaison de corps étrangers, fort utile en principe et en fait, mais basée sur les affinités chimiques, est en dehors de notre sujet. Nous nous occupons de la production de l’image par précipitation. Quand le temps d’arrêt se produit, c’est que la molécule vibrée a neutralisé la somme de. fluide qu’elle avait acquise, elle est devenue inerte ; rien ne la réveillera.
De même avec notre bain pauvre, nous avons posé longtemps, qu’arrive-t-il ? C’est que l’image, nous l’avons dit, se développe pâle, non qu’elle manque de mouvements vibratoires, mais parce qu’elle
ÉTUDE DES EFFETS PHOTOGRAPHIQUES
manque de métal pour le précipiter à sa surkce et se neutraliser. Cela est si vrai que presque toujours, si nous chargeons le développateur d’une solution riche de sels d’argent, la précipitation marchera rapidement, souvent trop rapidement, car les taches deviendront imminentes.
§ 18. Notre hypothèse se relie intimement à celle que nous proposâmes il y a quatre ans, lors des études que nous fîmes le premier sur les épreuves amphipositives (557). Rien ne répugne à l’esprit d’attribuer à la précipitation des molécules métalliques une certaine polarité, une certaine direction qui, d’accord avec la forme des molécules de l’iodure d’argent (molécules que l’on sait être cubiques dans leur groupement), pourrait expliquer ces curieux phénomènes. Ne semble-t-il pas évident que le virement subit du blanc au noir, de l’opaque au transparent, qui caractérise la formation des amphipositives, doit tenir à une cause immatérielle puissante et agissante à la * manière des forces électriques ?
§ 19. Que les lamelles parallélipipèdes qui forment la couche d’iodure d’argent soient toutes groupées suivant un certain parallélisme à la surface du collodion (je dis à la surface, car nous savons que la couche de pyroxyle est presque pure au-dessous de l’image photographique, tout entière formée dans la surface métallique supérieure); que ces lamelles, plus minces dans un sens que dans l’autre, se couchent plus ou moins sur le plan de la glace, et cela en proportion de leur mouvement vibratoire ou de leur somme d’électricité, et nous possédons l'explication de l’image négative : opaque où les lamelles sont couchées l’une sur l’autre, et transparente là où elles sont dressées sur leur face mince. Que, par une action perturbatrice quelconque, cet arrangement devienne inverse, et nous voyons naître en un clind’œil, sous notre développement, l’image amphipositive : opaque où elle devrait être transparente, et réciproquement.
§ 20. Encore une remarque que tous les opérateurs qui, depuis nous, se sont occupés de ces épreuves ont faite : c’est que le phénomène de l’amphipositivisme ne naît jamais que lors de l’adjonction d’un argemt abondant au réducteur. 11 est donc fort intéressant de voir tous ces faits concorder d’une manière si frappante pour montrer que rien n’est chimiquement changé dans la couche sensible frappée par la lumière, et que chaque molécule, vibrée par un rayon avec la force propre de son mouvement, acquiert une électricité spéciale qui tend à se neutraliser en attirant d’autres molécules métalliques douées d’une électricité contraire.
§ 21. La molécule vibrée est électrisée d’une certaine quantité; elle attire une molécule de métal ; elle y fait naître immédiatement deux pôles par son contact ; elle attire à elle l’électricité de nom contraire et repousse à l’autre extrémité de la molécule le fluide de même nom. Celui-ci se trouve libre, attire une seconde molécule qui neutralise une partie du fluide en décomposant le sien, et ainsi de suite.
FIXAGE ET VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES
tant qu'une certaine quantité de l’électricité libre demande à être neutralisée. Sans- doute les molécules métalliques sont seules assez conductrices pour des actions aussi intimes.
§ 22. Quand on songe que^ sous l’influence d’une couleur violette, une molécule d’iodure d’argent a reçu pendant lO'' de pose, temps moyen des épreuves photographiques, une somme de vibrations représentée par le nombre 40,600,000 (plus de quarante millions), on reste confondu de la majesté de ces phénomènes et de l’immensité des espaces qui séparent les molécules ; molécules cependant inconnues à nous, et échappant à nos moyens, grossiers comparativement, d’investigations scientifiques !
102. — FIXAGE ET VIRAGE DES ÉPREUVES positives sur papier SANS CHLORURE D'OR : (Wilhorgne, 1863). [Phot.). V. 24, III.
§ I. Nota. Au premier alinéa du § 4 (24, lïl) s’est glissée une erreur que nous rectifions ici avant de donner la nouvelle et importante modification de ses procédés que nous communique l’auteur.
L’alinéa commence ainsi :
a Aussitôt qu'elle a pris un aspect laiteux.... » Ce n’est pas l’épreuve qui, comme on pourrait le croire, prend un aspect laiteux, mais le bain D.
La rectification à faire est celle-ci :
Aussitôt que, par V addition de2 à 3 gouttes d'acide sulfurique, le bain D a pris un aspect laiteux, on y plonge l'épreuve, etc.
§ 2. Du reste, les nouvelles modifications apportées au procédé de fixage et virage sans chlorure d'or, des épreuves* safe albuminées, dispenseront de rien changer à l’artiole 24, III, qui deviendra d'une importance infiniment moindre, si l’on suit le système ci-après pratiqué aujourd’hui, et duquel on obtient, avec beaucoup moins de complications, des résultats encore meilleurs.
§ 3. Après avoir lavé à plusieurs eaux l’épreuve fortement venue au soleil, plongez-la pendant 15' environ dans un bain neuf d’hyposulfite de soude (795) à 15 ou 20 O/o, dans lequel on aura fait préa-
IODE DANS LE BAIN d’aRGENT.
lablement dissoudre une quantité - arbitraire de chlorure de sodium
Lavez ensuite abondammPMt , comme cela se pratique dans les procédés au chlorure d’or (1498 à 1517).
Pour plus de rapidité ^ on peut recourir au lavage h l’éponge de M. Hunt (87,2).
§ 4. Séchez l’épreuve entre des feuilles de buvard rose. Placez-la encore un peu moite dans le fond d’une basane et versez dessus promptement, de manière à la couvrir également, le bain D, dès qu’il commence à prendre un aspect laiteux, par l’addition faite à la solution de 2 gouttes seulement , non plus d’acide sulfurique (1380), comme précédemment, mais d’acide chlorhydrique (254).
Retournez l'épreuve plusieurs fois dans ce bain, où elle ne doit séjourner que 3' à 4'.
§ 5. A l’exception du bain d’hyposulfite, qui doit être appliqué dans l’obscurité la plus, complète, les autres opérations peuvent se faire dans un demi-jour.
Rejetez le liquide et laissez l’épreuve une demi-heure dans l’eau pure. Mettez-la ensuite dans un nouveau bain additionné de quelques gouttes d’hypochlorite de chaux.
Lavez' de nouveau comme après le bain d’hyposulfite et suspendez à sécher.
Les épreuves sont d’autant plus belles que le papier est plus nouvellement sensibilisé.
103. — IODE DANS LE BAIN D’ARGENT pour Négatifs sur Collodion : (Laborde, 1861). (P/toL)
§ 1 . Un des moyens les plus efficaces pour donner à la couche négative photographique de collodion la plus grande sensibilité possible, consiste dans l’emploi d’un bain d’argent saturé d’iodure et parfaitement neutre. Mais si l’on cherche à obtenir une sensibilité extrême, il arrivera souvent qu’un voile général couvrira les épreuves et se montrera principalement sur les réserves, c’est-à-dire sur les parties où la lumière n’a pas agi. Il est donc nécessaire de modifier le
IODE DANS LE BAIN d' ARGENT.
bain neutre en modérant cette' tendance, ce que l’on obtient facilement en lui donnant une légère acidité.
§ 2. On peut arriver cependant à conserver à la couche sensible la même sensibilité extrême, tout en conservant aux réserves une grande pureté. Il faut simplement introduire de l’iode (828) dans le bain d’argent saturé d’iodure d’argent (837) ; en en introduisant environ 1 gramme pour 200 grammes du bain, on obtient une proportion suffisante; on agite ^de temps en temps, et, après 24 heures, le bain est prêt à l’usage.
§ 3. Il est à remarquer que le contact de l’iode avec le sel d’argent ne fait pas perdre au bain sa neuti;^lité tout d’abord, lorsque celui-ci est bien saturé d’iodure. Cependant, quand l’iode a séjourné 13 à 20 jours dans le liquide, on remarque à sa surface une teinte jaunâtre et il se 'développe quelquefois une légère acidité qui tient à une action secondaire, qu’on peut attribuer à l’air dissous dans l’eau du bain. La teinte jaune se manifeste par linéaments correspondant aux parcelles feuilletées de l’iode entre lesquelles l’air emprisonné a été entraîné dans le liquide; car s’il se trouve une bulle d’air à la surface de l’iode, on la voit disparaître et faire place à une tache jaune. Si l’on met l’iode en contact avec l’air et le liquide, on voit de l’iodure d’argent se former autour des fragments de l’iode et le bain perdre sa neutralité. Il est'donc important que l’iode plonge tout-à-fait dans le liquide, et qu’on l’en retire dès qu’il a produit l’effet désiré.
On rend au bain sa neutralité en y ajoutant du carbonate d’argent (207).
§ 4. Quand le nitrate d’argent n’est pas saturé d’iodure préalablement, l’iode s’empare de l’argent pour former de l’iodure d’argent, et met de l’acide nitrique (1002) en liberté; cet io dure d’argent sè dissout dans le liquide argentifère, qui devient promptement trèsacide.
Avec cette modification du bain d’argent, les épreuves se solarisent très-difficilement, à moins de dépasser de beaucoup les limites de la pose.
§ 3. On attribue souvent les voiles dont nous avons parlé (§ 1), à la solarisation, tandis qu’il faut toujours les attribuer au bain d’argent; or, on trouvera dans l’iode un auxiliaire puissant pour les éviter presque tous.
MÉGAGRAPHE PHOTOGRAPHIQUE.
104. — MÉGAGRAPHE PHOTOGRAPHIQUE : (’duboscq, 1862). {Phot.). V. 921.
§ 1. Les épreuves microscopiques obtenues à l’aide du polyconographe (83, III), ou par tout autre système microscopique (933), doivent être amplifiées, agrandies pour servir aux usages photographiques autres que la monture sur les stanhopes (1347 bis). On se sert pour cela d’un appareil analogue au microscope solaire (934 bis), et monté dans un système de tubes de cuivre analogues, comme forme, à la figure 175 (934 èfs).
Fig. 275.
§ 2. L’appareil optique se compose (lig. 273) d’un miroir concave A recevant les rayons lumineux, solaires ou autres, et les faisant converger dans Couverture extrêmement petite d’un diaphragme B, annulant l’aberration de ces rayons (1 — 2). Au-delà du diaphragme B, les rayons partent d’un point unique et divergent régulièrement ; ils rencontrent alors deux ménisques plans convexes opposés C, formant un système lenticulaire convergeant de 12 centimètres de diamètre.
§ 3. La lentille C est placée tout près du négatif microscopique D à amplifier ; les rayons traversent ainsi, dans une situation presque parallèle, cet objectif devenu source de lumière, et vont traverser un système de lentilles convergentes achromatiques doubles E, qui les amène à se croiser à peu près au centre de la lentille-objectif. Ils divergent alors et vont former, à une distance convenable, une image renversée et agrandie sur un écran porteur d’une feuille de papier positif sensibilisé.
MICROGRAPHIE PHOTOGRAPHIQUE.
§ 4. Cette disposition permet à tous les rayons sortant de l’objectif, de contribuer à la formation de Timage, et, par suite, les bords extrêmes possèdent aussi bien que le centre une netteté absolue.
§ 5. Dans le cas où l’on emploie les rayons solaires, on remplace le miroir concave A par le miroir plan d’un héliostat (772).
105. — MICROGRAPHIE PHOTOGRAPHIQUE : (Duboscq, 1802). {Fhot.). V. 933.
§ 1 . Les manipulations nécessaires pour produire les épreuves microscopiques destinées à être montées sur des stanhopes (1 347) , sont tout aussi simples que celles que demandent les portraits ordinaires. Il suffit de posséder l’appareil (fig. 270) qui est une sorte de chambre noire disposée dans ce but.
Généralement, il vaut mieux opérer sur albumine négative (54), sur Taupenot (48), sur collodion sec (308 à 371) ou sur collodion préservé, et parmi ceux-ci, le meilleur paraît être celui au tannin (93 à 95, III), qui garde une certaine teinte plus agréable que les autres. On peut également se servir de collodion humide; mais il faut essuyer et égoutter les glaces avec le plus grand soin, pour éviter que le bain d’argent ne ronge ou ne détériore le petit châssis en métal (cuivre) dans lequel on place la glace.
Fig. 276.
§ 2. L’appareil (fig. 276) se compose d’un pied en fonte sur lequel est fixé un support en cuivre tourné. Sur ce support est monté, dans un plan vertical, un châssis à coulisse dont on voit à droite les deux coulisses vides, et à gauche le charriot-châssis fermé.
Ce charriot-châssis, tout en cuivre comme l’appareil entier, s’ouvre de bas en haut. On voit les charnières rondes en haut dans toute sa longueur ; en bas , il se tient fermé par un crochet. A l’intérieur du couvercle est un ressort destiné à pousser sur la glace ; celle-ci porte sur des coins et des hausses en ivoire parfaitement dressées et réglées.
3. Le dessus de châssis est muni d’un ressort, que l’on voit dans la
MICROGRAPHIE PHOTOGRAPHIQUE.
fi^re 276 , prêt à entrer dans des crans tracés à la partie supérieure d’une des coulisses. A droite du châssis est porté, sur un appendice qui tient au fond du châssis, un microscope composé. En face de ce microscope, le fond des coulisses est ouvert, et de l’autre côté est placé, en face de l’ouverture, un petit objectif double à verres combinés. On en voit le tracé en pointillé dans la figure.
§ 4. Cet objectif est monté sur une platine carrée placée entre deux petites coulisses verticales, et est muni de 6 crans et d’un ressort arrêtant le mouvement dans chacun.
Le microscope qui est en arrière, et l’objectif placé en avant de la chambre, sont tous deux munis sur leur longueur d’une bague à vis qui permet, en la tournant, dé faire marcher les montures et lentilles d’un mouvement excessivement doux et lent, pour mettre au point.
§ 5. L’extrémité du microscope composé contient une petite glace dépolie comprenant, sur sa surface, un micromètre consistant en ,5 millimètres divisés en 50 parties égales. Le plan de ce micromètre coïn- • eide juste avec la surface sensible mise à côté dans le châssis-charriot.
§ 6. Pour opérer, on fixe un négatif devant une fenêtre, puis on se place à une distance convenable de quelques mètres dans l’appartement, et Ton met au point en visant par le microscope à la fois les divisions du micromètre et les linéaments de l’image. Quand tous deux sont nets, la mise au point est faite. On se sert pour cela des deux bagues tournantes sur les montures.
§ 7. L’objectif est au plus haut point de sa coulisse et au premier cran. On fait marcher le châssis-charriot de gauche à droite, le ressort tombe dans le premier cran , on fait une première épreuve , on fait* avancer vers la droite d’un cran, on en fait une deuxième, puis une troisième, -en tout quinze pour cette rangée.
On descend l’objectif d’un cran, on repousse le châssis-charriot à gauche, et l’on recommence, en allant vers la droite, une nouvelle rangée d’images. On obtient ainsi 6 rangées de 15, soit 90 sur une glace qui a 0“.08 sur 0“.04.