CHAMBRE BINOCULAIRE : (Sir D. Brewster). (PhoL
§ I. Sir D. Brewster a nommé ainsi un instrument (fig. 50) propre à faire des portraits stéréoscopiques. Il diffère de la chambre ordinaire, en ce qu il porte deux objectifs au lieu d'un, et que les len-
CHAMBRE BINOCULAIRE.
tilles ont même distance focale et même ouverture (fig. 50). Dans 1 impossibilité de trouver deux lentilles assez exactement semblables comme foyer pour remplir ce but, on coupe une grande lentille par le milieu pour en former deux lentilles circulaires.
Fig. 50.
§ 2. Lorsqu'on prend les moitiés d’une même lentille, il faut les monter avec les diamètres de bisection parallèles Tun à l'autre et verticaux. Au lieu de se donner la peine de tailler d’abord une première lentille, les opticiens se contentent de choisir des portions do matière assez considérables pour tailler dans chaque les deux lentilles des paires de verres.
On peut aussi ne se servir que d'un seul objectif et d’une seule chambre noire (224) pour prendre une vue stéréoscopique : dans ce cas, il faut adapter à cette chambre un châssis négatif ordinaire, à coulisses, pour épreuves stéréoscopiques. Cela fait, on procède de la manière suivante :
§ 3. On choisit un objectif de 8 à 10 centimètres de diamètre, on découpe un diaphragme en carton noir qui couvre parfaitement la surface de la lentille, on trace deux diamètres à angle droit sur ce carton. Sur l’un des diamètres, à égale distance du centre, on perce deux ouvertures circulaires de 5 millimètres environ, au milieu du rayon. Au moyen du fil à plomb, on place alors, parfaitement vertical, le diamètre qui ne porte pas d’ouvertures, et on est certain que la ligne de ces ouvertures est horizontale.
Alors, fermant l’une des ouvertures, on prend une épreuve par l’autre, puis, fermant celle-ci et faisant marcher le châssis à coulisse, on prend la seconde épreuve. On fait, bien entendu, celle de gauche avec l’ouverture de droite, et réciproquement.
§ 4. Observons que la chambre binoculaire offre de grands avantages pour prendre les épreuves simultanément, surtout quand il s’agit d’objets en mouvement.
On monte deux objectifs jumeaux sur une chambre noire spéciale.
§ 5. Cette chambre A BC DE est simplement à coulisse B A’ (fig.51). La glace dépolie est égale à la surface que peuvent couvrir les deux objectifs t/4 accolés (tig. 50). Au milieu de la partie immobile C C DE de la chambre noire, se trouve une cloison fixée : une pareille cloison divise la coulisse mobile AB. Ce sont don’, en quelque sorte, deux
CHAMBRE NOIRE
chambres noires accolées l’une à l'autre, et dont la glace dépolie est commune.
En dessous, se trouve une pièce en bois portant un écrou, dans lequel se visse directement la vis de la boule articulée du pied (11S7 — 1160).
Fig. 51.
§ 0. La chambre à coulisse étant beaucoup plus embarrassante, même avec une queue ployante, que la chambre noire à soufflet (221, § 5), on a fait un grand nombre d'essais pour établir commodément la cloison nécessaire.
Le meilleur moyen serait peut-être de placer verticalement, à l'intérieur, un petit store à ressort, dont le déclic dépasserait en dehors sur la face supérieure. L'autre extrémité du store serait fixée au châssis porte-glace, sur sa partie non mobile. Dans le mouvement de va-et-vient, le store se déroulerait quand on reculerait la glace, et quand on la rapprocherait, on appuierait sur le déclic pour que la cloison s'enroulât d'elle-même sur son axe.
Sur la face antérieure CG' DE, au-dessus et en bas, se trouvent des coulisses en bois horizontales CC, DE, dans lesquelles se placent les planchettes supportant les objectifs de différents foyers.