‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 3)Chapitre 179 sur 570 · CHAMBRE NOIRE. (P%s · texte numérisé non relu

CHAMBRE NOIRE. (P%s

§ 1. Cet instrument porte également le nom de chambre obscure. C'est une capacité parfaitement fermée à la lumière. Sur une paroi, elle présente une petite ouverture par laquelle pénètrent les rayons lumineux émanant des objets extérieurs, rayons qui vont peindre sur la paroi opposée les images plus petites et renversées de ces mêmes objets.

Cette découverte est due à Porta, physicien napolitain. En 1560, il fit connaître sa découverte, et quelque temps après la perfectionna, en adaptant à l’ouverture une lentille biconvexe qui, concentrant les rayons en un foyer unique et permettant une plus grande ouverture.

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Fig. 52.

augmentait considérablement béclat, la couleur, et surtout la netteté des objets représentés sur la paroi ou sur un écran blanc.

§ 2. La chambre noire a été employée pour le dessin sous le nom de chambre noire à tirage (fig. 52). Cet instrument, dont un faible changement a fait la chambre noire photographique, est intéressant comme point de départ. Les descriptions que nous allons en faire se rapportent presque textuellement aux chambres dont nous usons tous les jours.

Il est composé d"une boîte en deux parties à coulisse, glissant Tune dans Lautre, afin qu"en éloignant ou rapprochant la partie postérieure, on puisse amener Timage nette sur Técran, quelle que soit la distance de Tobjet à reproduire, près ou loin. Les rayons lumineux traversent la lentille objective, rencontrent un miroir placé au fond de la boîte sous une inclinaison de 45®, d'arrière en avant, se réfléchissent à sa surface, et forment leur image sur un verre dépoli horizontal. Au-dessus de lui se trouve un volet en bois garni de goussets d'étoffe noire, qui intercepte la lumière directe, et permet de distinguer le dessin que l’on reproduit sur un papier ciré ou végétal.

On a remplacé le miroir par un prisme, sur la face duquel les rayons lumineux subissent une réflexion totale (fig. 53), et l'instrument est devenu plus portatif et plus commode.

Fig 53.

- § 3. La chambre noire 11 (fig. 54) employée par Niepeeet Daguerro ne diffère pas beaucoup de la chambre noire à tirage (fig. 52). Llle se

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compose d'uné partie mobile glissant dans Tautre fixe, qui porte Tobjectif O à sa partie antérieure. Le tube en cuivre qui contient cet objectif que Ton a construit achromatique O, est muni d"une crémaillère pouvant avancer ou reculer en tournant un bouton.

Comme il n'était plus besoin de ramener à Thorizontalité l'image fournie pour en suivre les contours à la main, la partie mobile est garnie postérieurement d'un écran en verre dépoli très-fin, fixé dans un cadre A qui se rabat en G à charnière (fig. 54) ou qui s'enlève à volonté.

Fig. 54. -

C'est ce châssis mobile à glace dépolie G que l'on remplace, au moment de prendre une épreuve, par le châssis fermé A qui contient la surface sensible.

Quelles que soient les dimensions adoptées pour une chambre noire, dimensions qui varient avec celles des épreuves à obtenir, la grandeur des objectifs à employer varie avec elle. '

Fig. 5b.

§ 4. Cette chambre noire primitive oftrait d'assez nombreux incon-

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vénients; quand ello avait de grandes dimensions, le maniement en devenait laborieux. Par les variations de température, le glissement de longues et lourdes parties mobiles était difficile, parfois impossible. Si l’on voulait changer d’objectif, en prendre un de foyer différent, nécessaire pour le plus ou moins grand éloignement possible de l’objet à reproduire, il arrivait que si le foyer était plus court que la partie fixe, ou voisin de cette longueur, l’opération de la mise au point (947) devenait impossible.

Pour remédier à ces inconvénients, on a augmenté d’abord le nombre des tiroirs, la figure 35 en indique trois; ces tiroirs sont soutenus par des guides qui les empêchent de se gauchir dans leur chemin. La glace dépolie se juxtapose, elle entre, par sa pesanteur, dans une seule rainure en bas, et elle est retenue en haut par des taquets. De cette façon, la température ne peut agir sur le châssis, non plus que les liquides qui baignent les plaques et s’écoulent du fond de la rainure par une ouverture ménagée à cet effet.

La plaque inférieure en bois a, de plus, été rendue mobile, afin que la chambre démontée occupe le plus petit espace possible et devienne facilement portative.

Fig. 56.

§ 5. Ce n’était pas assez ; on a voulu moins de volume encore pour les excursions en campagne, et l’on a remplacé les tiroirs par des soufflets en peau se repliant sur eux-mêmes. La chambre noire à soufflet a été faite. Cette combinaison, dont la figure 50 donne une idée trèscomplète, se prête à beaucoup de facilités pour le transport^ mais le manque de rigidité des parois n’offre pas au vent une résistance suffisante. Le châssis fixe D sur lequel s’appuie celui à épreuves et celui à glaces dépolies M N V tremble, parce qu’il n’est retenu que par un coté, au moyen de la vis 1 traversant la queue en cuivre qu’il porte et se fixant dans la rainure du bâtis inférieur DS F.

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Dans cette chambre noire (fig. 56), la glace dépolie O est portée par - un châssis â charnière N P qui se rabat, de façon que, dans la campagne, on ne peut ni perdre cette glace, ni la casser : c"est un grand point.

Quand on a besoin d’une fixité très-grande^ il faut joindre le bâtis antérieur AD au postérieur mobile BM, par une tige de cuivre à frottement, retenue par une vis de pression. On voit un exemple de cette addition dans la chambre noire à grand développement de la machine à reproductions (107), et dans la chambre noire, fig. 57, ci-après.

§ 6. Depuis Tapparition de la chambre à soufilet, on Ta beaucoup perfectionnée.

M. Besson est Tinventeur d’une chambre noire à soufflets doubles, ajustés l’un dans l’autre, pour des glaces de 30X40.

• La boîte est munie d’un châssis à épreuves négatives formant une épaisseur de 7 centimètres, et pouvant produire un tirage de l^.SO.

Cette chambre s’ajuste sur un charriot .à rallonges, fixé à un pied de campagne ; elle peut se poser aussi sur un charriot sans boulons ni crochets.

§ 7. M. Kock a construit une chambre à soufflet en trois parties, à crémaillère et vis de rappel. La partie du milieu reste fixe, et le développement se fait par la crémaillère. La planchette qui porte l’objectif se meut verticalement et horizontalement.

Des traverses maintiennent le soufflet et l’empêchent de vaciller quand il est développé dans toute son étendue, de cette manière on a plus de fixité pendant un vent (fig. 57) un peu fort.

§ 8. Enfin, on construit sur les mômes données, la chambre noire à sac ou à cône brisé, que fait M. Defrance. Elle a 90 centimètres de foyer seule, 1"’.25 y compris le cône pliant qui est de 35 centimètres; elle sert à une surface sensible de 33 centimètres sur 27.

Cet instrum.ent peut être employé aux reproductions et aux vues. Le porte-châssis, muni d’un mouvement vertical et horizontal, se prête à toutes les conditions du travail.

On a placé sous le cône un châssis brisé, à tête, destiné à recevoir les planchettes changeantes et les diverses rondelles des objectifs. Un système mécanique à manivelle fait tendre les fils des sacs, lorsqu’on se sert d’objectifs à court foyer, de manière à conserver en dedans la rigidité du système, alors que les sacs, non entièrement développés, font des plis (fig. 59).

Les portes et les coulisses sont faites en panneaux de métal verni, aussi légers que le bois, mais n’ayant pas, comme lui, l’inconvénient de se gauchir. Ce système peu volumineux est portatif, mais trèscompliqué, surtout pour les voyages de longue durée et dans les pays où manquent les ressources.

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Tous les accessoires se renferment dans la chambre et ne forment qu’une seule caisse de 47 centimètres carrés sur 18 de hauteur (ûg. 58).

§ 9. Le perfectionnement apporté par M. Tillard, à la chambre noire, rappelle l’emploi du châssis Clément, s’applique principalement au procédé sur papier négatif sec, et supprime les châssis en bois à doubles glaces qui, pour le photographe voyageur, sont un embarras.

Le corps de la chambre noire est en bois blanc très-léger, comme le tilleul.

Au lieu d’employer les châssis ordinaires pour maintenir la feuille de papier négatif, on se sert de la glace dépolie elle-même, qui est fixée, h côté dépoli en dehors, dans un cadre dont elle dépasse un peu les bords ; elle reste ainsi attachée à la chambre noire au lieu d’être mobile.

Les châssis qui contiennent la feuille sensible, sont faits de deux morceaux de carte forte, appliqués l’un contre l’autre. L’un estpleiu, et l’autre est coupé de manière à former sur le premier un cadre dont les bords ont environ 0™.02. Ils sont collés sur trois faces. La feuille de papier sensible est introduite dans ce cadre à l’atelier, par le coté libre, et par dessus celle-ci est placée une feuille de carte plus longue qu’elle, et qui remplace le volet intérieur de bois du châssis ordinaire. Les châssis étant d’avance garnis de papier négatif, on apporte l’un d’eux vers la glace dépolie ; quand l’image est mise au point, on l’y appuie du côté garni de la carte mobile, et en soulevant celle-ci, on démasque le papier négatif. Derrière le châssis en opération, une planchette exerce une pression du châssis contre la glace dépolie, au moyen de deux tourniquets de bois dont les extrémités entrent dans des entailles latérales pratiquées aux montants postérieurs de la chambre noire.

La pose terminée, on détourne les taquets qui desserrent la planchette, on redescend la carte mobile, et l’on change ce châssis contre un autre garni d’une feuille non encore impressionnée. L’interposition de la glace dépolie entre l’objet â reproduire et la feuille sensible n’influe en rien sur la netteté de l’image. On peut, d’ailleurs, substituer une glace claire à la dépolie après la mise au foyer.

§ 10. M. Franck de Villecholle a cherché à obtenir de grandes

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