COLLODION SENSIBILISÉ (Etude du). (Phot
§ 1 . Dès que le brome et l’iode libre sont en contact avec l’éther, celui-ci se décompose en partie, donne naissance à des produits divers qui l’altèrent profondément. Le chlore, plus énergique encore, décompose l’éther en peu d’heures.
Dans les flacons de collodion sensibilisé en vidange, il se forme de l’acide acétique (19), quelquefois de l’aldéhyde (73) qui se transforme rapidement en acide acétique par une nouvelle altération. Les alcalis, ou iodures alcalins à excès de bases, changent aussi la nature si complexe et si altérable de ce produit.
§ 2. Pour conserver un collodion stable, il faut :
1 ® Le soustraire à la lumière ;
2° L’enfermer en flacons pleins;
3° Employer l’alcool et l’éther neutres et anhydres autant que possible ;
4® Proscrire les iodures alcalins;
5® Eviter ce qui peut rendre libres l’iode et le brome.
Les bromures (192) ne rendent pas les collodions plus rapides, mais leur permettent de s’impressionner aux rayons verts, jaunes et rouges, etc., du spectre.
§ 3. En général, on peut garder les collodions incolores en leur ajoutant du cyanure (456) ou mieux, du fluorure de potassium (694); le dernier est préférable, en ce qu’il précipite l’eau que peuvent retenir l’alcool et l’éther; mais ces moyens enlèvent une partie de la sensibilité et de la finesse. Il vaut mieux, en tous cas, ajouter un fragment de zinc (1535) ou de cadmium (198) qui se combine avec l’iode libre à mesure qu’il se forme.
L’argent pur réduit du chlorure agit de même, mais l’iodure d’argent formé ne se dissout qu’à la faveur d’un excès d’iodnre alcalin. Ce moyen est moins bon. Il trouble quelquefois le collodion et altère sa 'rapidité.
§ 4. L’ioSure de cadmium (841) donne un collodion incolore; les iodures de zinc (852), de potassium (848) et de sodium donnent une couleur jaune paille; ceux de fer (844) et d’ammonium (836), une couleur jaune plus foncée. L’addition d’un acide (22) fait rougir le collodion sensibilisé, et on ne peut le décolorer ni par le zinc, ni par le cadmium, qui formeraient des sels troublant la liqueur.
§ 5. Le meilleur moyen paraît être d’introduire dans le collodion sensibilisé une certaine quantité d’iode (828) libre (335). Ce corps peut se comlDÎner avec l’excès de base qui s’y trouve, pouvu qu’on emploie un autre iodure que celui de cadmium; de plus, s’il y a acidification au moyen de l’éther, elle trouve à se saturer, car l’excès d’alcali que nous signalons est un danger aussi grand pour le collodion sensibilisé que l’excès contraire d’acidité.
§ 6. Bien que l’on corrige ces défauts par le choix judicieux du bain d’argent (132), il faut composer, autant que possible, un collo-