COLOPHANE
fût-ce que comme jalon pour les découvertes de l’avenir. Qui sait, en effet, par quel moyen on arrivera à reproduire les couleurs (121) et sur quelles substances?
Le problème est possible sur une modification du chlorure d’argent (262); les résultats de MM. Becquerel et Niepce de St.-Victor le prouvent; reste encore la question du lixage à trouver. Mais qui peut affirmer que d’autres sels d’argent ne jouissent pas de la même faculté?
§ 2. Il est naturel de penser que les couleurs influencent, d’une manière spéciale à chacune d’elles, les couches sensibles. Avec la grossièreté actuelle de nos moyens d’investigation, . nous ne connaissons qu’une manière de rendre visible cette action mystérieuse, c’est l’application d’un agent qui réduit uniformément en noir toute particule de substance touchée par un rayon de couleur quelconque. Il faut espérer que la chimie n’a pas dit son dernier mot, on peut l’affirmer, et qu’elle fournira des réactifs appropriés à la révélation de chaque mode d’ébranlement coloré.
Dans tous les cas, il faut, dès à présent, rassembler ces faits dus au hasard, faits qu’on coordonnera plus tard, et qui peuvent mettre peutêtre le^ chercheurs sur la voie. C’est dans ce but que nous relatons celui-ci, en adoptant avec toutes réserves, les conclusions de l’auteur.
§ 3. Si, quand une image sur collodion commence à se dessiner sous l’action de l’acide pyrogallique (1239) et de l’acide acétique (19), on l’expose à la lumière sans la laver, elle se transforme en positive directe (590) et prend, quoiqu’imparfaitement> les couleurs du modèle. Plus la lumière est vive, plus cette action est rapide; plus elle est prompte, moins elle est parfaite.
§ 4. La première épreuve colorée a été due au hasard et était de beaucoup supérieure à toutes celles que l’auteur a essayé de faire. Elle était obtenue par le procédé suivant :
Une pose de 12", à l’ombre, par une belle lumière : le collodion était sensibilisé par l’iodure (841) et le bromure de cadmium (185), dans la proportion de 1,25 O/o de l’iodure, et de 0,30 O/q du bromure. La solution d’argent (112) était à 8 O/q. L’agent révélateur était l’acide pyrogallique (1239) additionné d’acide acétique (19). Au moment du développement, une tache s’étant manifestée sur l’épreuve, celle-ci fut mise de côté dans un endroit faiblement éclairé. Là, elle se modifia, et prit lentement les caractères d’une peinture. Le collodion était presque entièrement sec quand elle fut plongée dans l’hyposulfite de soude (795) à 15 O/o, où elle resta 2' à 3'; après quoi elle fut lavée à grande eau.
§ 5. Remarquons, avec M. Bertsch, un fait que les photographes ont pu observer, c’est que, si l’on arrête à un certain point le développement d’un positif direct et qu’on place l’épreuve sur un fond noir, elle prend un reflet qui peut présenter assez bien la coloration naturelle du sujet dans certaines circonstances d’habillement.