CONSERVATION DES PAPIERS
Cette remarque a suggéré l’idée de construire des boîtes destinées à la conservation, pendant un temps plus ou moins long, du papier positif nitraté. On y place du chlorure de calcium (267), matière trèsavide d’humidité, qui absorbe non-seulement celle qui peut se trouver dans la boîte, mais maintient le papier qu’on y place, dans un état de siccité absolue.
Cette boîte a été modifiée par M. Marion, qui lui a ajouté un tiroir à placer le papier.
§ 2. Les observations suivantes de M. Laborde, sur la conservation du papier nitraté, sont justes :
Si le papier positif nitraté se colore si promptement, cela tient plutôt aux émanations de toutes sortes auxquelles il est exposé dans notre atmosphère, qu’aux réactions des substances qu’il contient et qu’à l’action de l’air.
§ 3. Que l’on renferme un papier nitraté dans un flacon bien bouché, si le bouchon a servi à un autre usage, le papier se colore fortement dans les parties qui sont à proximité ; de même, si on laisse pendant quelques jours du papier préparé mêlé avec différents objets, dans l’obscurité, on y remarque souvent des taches diversement colorées, selon les émanations qu’il reçoit , et ajoutons, d’après les expériences de M. Niepce deSt-Victor, suivant l’insolation préalable, plus ou moins longue, des objets en contact ou à proximité.
§ 4. Voici le moyen qu’on peut employer pour conserver le papier nitraté pendant im temps assez long, pour une pratique usuelle. Quand il est bien sec, on l’enferme entre deux glaces parallèles, on superpose plusieurs glaces, entre lesquelles on place les papiers nitratés à conserver, et le poids des feuilles de verre opérant une légère pression, suffit pour ôter accès aux agents extérieurs.
§ 5. En mettant un peu de camphre (205) dans un flacon, la coloration du papier qu’on y enferme est retardée.
Le brôme (183), le chlore (252), l’acide chlorhydrique (254), en petite quantité, conservent aussi le papier nitraté. Mais on ne peut les employer que pour certains effets, car ils altèrent la couche sensible.
§ 6. M. Gaumé a trouvé un moyen analogue de dessécher le papier en le plaçant dans un coffre de plâtre (H81).
Le papier, nitraté et parfaitement séché au feu , est enfermé dans une boîte, revêtue intérieurement, sur toutes les faces, de plaques de plâtre gâché et séché sur un four ou sur un poêle. Ces plaques sont mobiles et on les enlève de temps en temps pour les faire sécher et leur ôter l’humidité qu’elles ont absorbée. Les feuilles nitratéesne doivent pas être pressées les unes contre les autres, mais plutôt placées debout, pour que l’air qui les sépare soit toujours sec.
Les plaques de plâtre étant très-hygrométriques, absorbent l’humidité de l’air que cette boîte renferme, et les feuilles se conservent indéfiniment.