DISTANCE. (Persp. et PhysioL
On appelle distance, la ligne la plus courte que l’on peut tirer entre deux points ou deux objets dont on veut connaître l’ éloignement.
§ 2. Il existe six moyens qui nous servent à juger la distance des objets.
A. Le premier existe dans la con^guration de l’œil. La vision distincte ne peut avoir lieu sans que les rayons lumineux émis par l’objet que l’on regarde, après avoir été réfractés dans l’œil, soient réunis sur la rétine. Mais la même conformation de l’œil n’est pas capable de produire cet elfet pour toutes les distances. Si l’on regarde un objet de trop près, il y a fatigue, et si le même objet est plus éloigné, la fatigue est moins forte, et l’objet est vu plus distinctement; dans les deux cas, l’éloignement nous est également connu. Avec un seul œil, nous pouvons donc connaître les plus petites distances par le changement de configuration qu’il est obligé de subir; mais ce changement a des limites au-delà desquelles il ne peut s’étendre, et ne nous servirait en rien pour juger de la distance des objets placés hors des limites de la vision distincte, qui ne s’étend pas au-delà de O'^.CO à 0“*.70.
§ 3. Cependant l’objet nous paraît plus ou moins confus, selon qu’il est plus ou moins éloigné de ces limites. Cette confusion aide encore à l’appréciation de la distance, qui est plus ou moins grande, suivant que la confusion est plus ou moins prononcée.
Cette confusion a encore ses bornes au-delà desquelles nous ne pouvons connaître l’éloignement exact d’un objet. S’il est placé trop loin, on peut regarder les rayons lumineux qu’il envoie dans l’œil comme physiquement parallèles, de façon que l’image formée sur la rétine ne paraîtra pas plus confuse, quoique le modèle soit à une grande distance.
§ 4. K. Le deuxième moyen consiste dans V angle formé par les axes optiques (122) sur le point de l’objet où nos yeux sont .fixés.
Nos yeux font ici le même effet que les stations dont les géomètres se servent pour mesurer les distances.
C. Le troisièqie moyen consiste dans Ix grandeur apparente des ol)jets, ou dans la grandeur de l’image peinte sur la rétine. Les objets diminuent toujours proportionnellemeiit à l’augmentation de la distance, ce qui donne une facile appréciation de l’éloignement, surtout si nous connaissons leur grandeur réelle. Si, au contraire, nous ignorons les véritables dimensions des C(jrps, nous ne pouvons plus juger leur distance. Ainsi, les étoiles et les planètes nous paraissent toujours au même degré d’éloignement.
§ 5. W. Le quatrième moyen est la force avec laquelle les couleurs des objets agissent sur nos yeux. Si nous sommes assurés que deux oh-