ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion : (Hardy
[Phot.]. V. 320, § 7.
599. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion : (Keith, 1 857).
(Phot.)
§ 1 . Les glaces doivent être de première qualité, le collodion fort, largement ioduréet contenir du brome (183) libre.
Le bain sensibilisateur est composé de :
Azotate d’argent cristallisé (983) . 50 gr.
lodure de potassium (848) 0.50
Eau 100
Remuez le mélange jusqu’à dissolution de l’iodure d’argent (837) ; ajoutez alors 500 gr. d’eau distillée; puis, après avoir filtré soigneusement, 2 gr. d’acide nitrique (1002).
§ 2. Le collodion doit être bien pris avant de plonger la glace dans le bain, et en 2' la couche d’iodure d’argent étant formée, on enlève la glace, qu’on laisse égoutter sur du papier buvard, et l’on expose à la chambre noire.
§ 3. Pour développer, prenez :
Protosulfate de fer (1230). . 45 gr.
Nitrate de baryte (987) 30
que l’on met dans un flacon, où l’on verse dessus 600 c.c. d’eau bouillante. Agitez; après dissolution complète, filtrez et ajoutez :
Acide nitrique (1002) pur 2 gr.
Alcool (68) 30
On verse cette solution bien également sur la couche, et on la laisse agir jusqu’à ce que les lumières coimnencent à paraître.
Lavez alors, et fixez avec :
Cyanure de potassium (456) 30 gr.
Nitrate d’argent (983) 3.85
Eau - 600
L’argent se précipite d’ahord comme le cyanure, mais il se redissout immédiatement. Lavez largement l’épreuve, séchez et vernissez.
600. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion : (Martin). (Phot.)
§ 1 . Le collodion doit être une solution alcoo-éthérée de fulmi-coton (714) renfermant de l’iodure d’argent (837) tenu en dissolution par un iodure alcalin.
Ainsi préparé, ce collodion est éminemment propre à obtenir des épreuves positives sur glaces, directement à la chambre noire; il donne des blancs éclatants et des noirs très-purs en même temps.
Le détail des accidents qui peuvent arriver, et qui est placé aux §§ 7 et 8 ci-après, rend cette méthode très-complète et remarquable par sa simplicité.
ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES
Pour composer 500 c.c. de collodion, prenez :
Ether (657) ' 300 c.c.
Alcool (68) 125 c.c.
Coton azotique (408) 3 gr.
Quand les deux premiers sont mélangés^ on ajoute peu à peu le coton azotique, auquel on ne laisse pas de nœuds. On agite, et la dissolution du coton doit être complète. On ajoute alors :
Alcool (68) 75 c.c.
lodure d'ammonium (836) ou de potassium
(848) 7 gr.
Azotate d’argent (983) 17 décig.
En présence de ce dernier corps, il se forme un précipité jaune d’iodure d’argent qui se dissout. On verse cette seconde solution dans la première, on agite, on laisse reposer , et on filtre à travers un linge fin.
§ 2. On étend la couche sensible en se servant du pied à vis calantes (1383) sur lequel on place la glace, et versant à sa surface le collodion, dont on fait couler l’excès dans un flacon préparé à cet effet.
Pour sensibiliser, plongez la glace d’un seul coup, dans un bain
composé de :
Eau distillée 500 gr.
Azotate d’argent (983) 45
Acide azotique (1002) 15
Après P retirez la glace, qui ne doit plus avoir d’apparence grasse, mais présenter une couche laiteuse et une teinte uniforme.
L’exposition à la chambre obscure est très-courte.
§ 3. On développe l’image dans un bain de sulfate de protoxyde de fer (1230). La solution est à peu près saturée à froid dans beau ordinaire, acidulée de quelques gouttes d’acide sulfurique, et filtrée.
L’apparition est instantanée, cependant on laisse un peu séjourner pour que tous les détails soient bien venus; au bout de i' environ on lave à l’eau filtrée, soigneusement sur les deux côtés; l’image est alors négative.
§ 4. Pour transformer cette épreuve en image positive, on fait dis-
soudre dans :
Eau 109 gr.
Cyanure de potassium (456) 2.5
Azotate d’argent (983) 0.4
On fait fondre ce dernier dans un peu d’eau, que l’on mêle au cyanure également fondu; il se forme un précipité caséeux de cyanure d’argent (455) qui se dissout en agitant, et le bain peut servir immédiatement.
On y plonge la glace, et l’image semble disparaître; mais en retirant cette glace du liquide et la présentant sur une surface noire, l’image apparaît alors positive.
ÉPREUVES POSIÏLVES DIRECTES.
Si le temps d’exposition a été trop court, l’épreuve est noire et incomplète; s’il a été trop long, l’image est voilée en blanc, et les endroits les moins lumineux sont les plus distincts.
On lave avec soin et on laisse sécher debout, à l’abri de la poussière.
§ 5. Quand on veut se servir de cette épreuve positive, comme négatif au besoin, on y applique un vernis transparent à l’essence ou à l’esprit-de-vin (1480 — 1481 — 1482); le premier, lent à sécher, est très-dur ; le second, appliqué frais, rend l’image laiteuse, mais en séchant, la transparence revient, on l’étend comme le collodion. On encadre l’épreuve, la face nue de la glace en dessus, et par derrière un fond de velours noir ou d’autre couleur sombre.
§ C. Si l’on veut se servir de l’épreuve, comme positive seulement, on applique derrière un vernis coloré séchant promptement; on le
fait, à feu doux, avec :
Essence de térébenthine (644) 100 gr.
Bitume de Judée pulvérisé (167) 20
Cire blanche (295) 4
On passe à chaud dans une étoffe de laine, et on ferme au bouchon. On l’applique à froid, au blaireau plat, sur l’épreuve même ; il sèche promptement, et donne aux noirs une teinte lirune d’un ton trèschaud.
§ 7. Il peut survenir, pendant l’opération, des accidents qu’il est bon de prévenir; ainsi, le collodion qui a été versé sur la plaque et remis dans un flacon spécial, est appauvri plus en fulmi-coton qu’en éther : pour le réparer, on se guide sur la manière dont il se comporte dans les bains d’azotate, et. ensuite de sulfate.
Si la couche dè collodion est trop faible pour la quantité d’iodure, elle semble se déchirer dans le liain d’azotate : il faut ajouter du fulmi-coton et filtrer si besoin est.
Si, au contraire , l’iodure manque, la couche devient à peine laiteuse, et l’épreuve, après une longue exposition, n’a pas de vigueur.
Si le collodion est trop épais, les rides ne s’eflacent pas, et il faut ajouter de l’éther contenant la moitié environ de son volume d’alcool. La glace doit toujours être maintenue dans la même position depuis sa sortie du bain d’azotate jusqu’au baiu de sulfate. Après ce dernier ])ain, lavez parfaitement, et si le cyanure double d’argent et de potassium est appauvri et ne donne plus une transparence complète aux noirs, il faut en ajouter un peu ou faire un autre bain.
Le bain d’azotate doit être conservé en flacon et bouché, il faut le filtrer cà chaque fois qu’on vent s’en servir.
§ 8. Quelquefois, l’iodure de potassium renferme du carbonate de potasse (209 bis) qui détruit le fulmi-coton, ce qui enlève la consistance dn collodion, et fait que l’iodure d’argent se détache et vient flotter à la surface du bain d’azotate et ensuite de sulfate. On remplace cet iodure par celui d’ammonium (83C).
ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES
L’éther doit être exempt d’acide sulfureux; s’il contient un peu d’acide acétique^ il colore le collodion en rouge par sa réaction sur l’iodure alcalin^ en mettant un peu d’iode en liberté. Cette variation de teinte est peu importante.
Le cyanure de potassium est rarement pur : si on s’aperçoit qu’il est pauvre, il faut en augmenter la dose pour conserver au bain la force indiquée.
601. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion : (Sans). (Phût.)
§ 1. Le procédé pour obtenir des épreuves positives directes sur collodion, est très-simple dans'ses manipulations, mais exige un soin tout particulier dans la préparation des bains. Un collodion positif ordinaire employé avec un bain sensibilisateur (131 — 132) contenant de l’azotate d’argent, donnera presque toujours une épreuve voilée, si l’on n’y remédie en employant à 6 O/q du nitrate d’argent (983 — 986) cristallisé, et additionnant le bain d’une solution faible alcoolique d’iode (828).
La sensibilité n’est plus la même, et la pose est 3 ou 4 fois plus longue.
§ 2. Le bain doit donc être préparé neutre, c’est le collodion qui doit subir quelques améliorations spéciales. Celui qui remplit le mieux les conditions désirables de finesse, de rapidité et de transparence complète, a pour formule :
Ether rectifié à 62® (657) 80 c.c.
Alcool — à 40° (68) 30
Coton azotique (408) . . . 1 gr.
Laissez reposer 72 heures, puis décantez dans un flacon Louché à l’émeri, propre et rincé à l’éther.
lodurezavec :
lodure quelconque (519 bis) Os'.SO
Brômure de cadmium (185) 0.30
dissous (fans un peu d’alcool à 40°. Laissez reposer ce mélange pendant quelques heures et ajoutez 12 gouttes d’une solution alcoolique saturée d’iode (828).
La sensibilisation s’obtient avec un bain d’argent neutre à 7 O/q.
§ 3. On développe au sulfate de fer, dont la formule est :
Eau de pluie filtrée 1000 c.c.
Sulfate de fer pur (1230) 130 gr.
Acide acétique (19). . 80 c. c.
Nitrate de potasse (995) 6 gr.
Nitrate d’argent (983) 2
L’agent fixateur est le cyanure de potassium :
Cyanure de potassium (456) 80 gr.
Eau de pluie filtrée 1000 c.c.
ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES
602. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion : (Scott Archer, 1857). {Phot.)
§ 1 . Ce procédé consiste à blanchir une épreuve ordinaire sur collodion par un sel de mercure : il faut se servir d’un collodion négatif qui puisse fournir, au développement, un précipité abondant d’argent sur les lumières.
Au lieu d’employer l’alcool pur (68), il vaut mieux se servir de l’esprit méthylique (930).
§ 2. Le révélateur est un bain de fer ordinaire (1230).
Lorsque l’épreuve est fixée et lavée, il faut, sans la laisser sécher, la placer sur un support (1387 bis) et y verser une solution ainsi faite :
Acide nitrique (1002) 60 gr.
Acide muriatique (963) 30
On les sature de bichlorure de mercure (157) et ôn y ajoute :
Alcool (68) 60 gr.
Eau J 200
Souvent l’image noircit, mais au bout d’un instant les blancs prennent une teinte perlée très-claire. L’effet désiré se produit dans 5' à 30'.
§ 3. Le meilleur vernis est l’huile de naphte (777) contenant un peu de baume du Canada (147); en donnant de l’éclat aux noirs, il est absorbé par les blancs.
L’épreuve positive ainsi obtenue peut être changée en un négatif intense, en répandant à sa surface une faible solution de sulfure d’ammonimn (1374) ou d’hyposulfite de soude (795).
603. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion: (YanMonck- HOVEN). [Phot.]. V. 374, § 4, 5, 7, 8, 9.
§ 1 . Le développement, pour les épreuves positives sur collodion, est la partie la plus délicate du procédé entier.
On peut opérer ce développement avec l’acide pyrogallique (1239), mais le protosulfate de fer est préférable.
§ 2. Prenez :
Solution saturée de sulfate de fer, filtrée (1230). 1000 c. c.
Acide acétique ordinaire (19) 100
Acide nitrique (1002) 5
Solution d’azotate d’argent à 10 O/q d’eau (983) 20
Mélangez, portez à l’ébullition et laissez déposer 2 jours. L’acide nitrique forme, dans ce mélange, un brômide d’azote qui produit l’effet d’un vieux bain. I/exposition est beaucoup plus courte que pour le développement à l’acide pyrogallique.
§ 3. Filtrez à chaque opération.
Si la pose a été trop longue, si l’épreuve est voilée, et si les blancs présentent des détails par transparence, sans les offrir par réflexion.
ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES
si, en diminuant la pose, les blancs n’offrent pas ces détails par réflexion, c’est un indice que le côllodion est trop ioduré.
Ne jetez pas le précipité gris qui se forme dans le sulfate, mais recueillez-le sur un filtre; c’est de l’argent pur; avec le même filtre on peut, à plusieurs fois, en recueillir beaucoup. Si le bain voile, il faut ajouter de l’acide acétique.
' Pour avoir des blancs très-beaux, on peut employer cet autre dé-
veloppement :
Eau 100 gr.
Protosulfate de fer (1366) 10
Protonitrate de fer (1229) 10
Acide acétique cristallisé (19) 10
Azotate d’argent (983) 1
604. ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion à l’IODURE DE ZINC. [Phot.)
§ 1 . L’iodure de zinc du commerce, pour sensibiliser le collodion, présente l’inconvénient d’attirer l’humidité et d’être souvent impur. Il vaut mieux former cet iodure directement dans le collodion, et l’on obtient ainsi un produit toujours identique qui peut se conserver indéfiniment.
§ 2. On dissout d’abord le coton-poudre (716) dans l’éther (657) et l’alcool (68) mélangés, et on le laisse reposer quelques jours avant de le décanter.
Pour les épreuves positives, on emploie les proportions ci-après
dans la composition du collodion normal :
Alcool à 36o (68) 200 c. c.
Ether (657) 400
Coton-poudre (716) 18
On fait la liqueur sensibilisatrice suivante :
Alcool à 36« 200 c. c.
Ether 400
Iode (828) 10 gr.
Bromure de cadmium (185) 1.2
On ploijge dans cette solution quelques lames de zinc (1535) jusqu’à décoloration complète ; on la filtre, et elle se conserve indéfiniment sans altération.
§ 3. On mélange à parties égales le collodion normal (310) et la liqueur d’iodure ; le collodion qui en résulte peut s’employer de suite, et est très-rapide.
605. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion, au CHLORO- BROMURE DE CHAUX : (Le Grice, 1857.) (Phot,)
§ 1 . Les épreuves auxquelles on applique le nom de positifs directs affectent une couleur jaune-grise ou une grande analogie de couleur avec les épreuves sur plaqué d’argent du daguerréotype.
ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES
Pour les obtenir spécialement, on fait dans un flacon une solution de :
Brome (183) 5 gr.
Alcool absolu (68) ' . . . . 35
et l’on verse ce mélange dans un autre flacon contenant :
Hydrate de chaux (779) 5 gr.
on secoue et l’on ajoute :
Acide chlorhydrique (254) 20 à 25 gouttes.
Après quelques jours, le liquide qui couvre la chaux perd complètement sa couleur et devient limpide comme de l’eau. En ajoutant 10, 15 ou 20 gouttes de ce mélange à 100 gr. d’un collodion à l’iodure de zinc (852), on en obtient une variété extrêmement propre à l’obtention des épreuves positives, et qui, pour les rayons rouges et jaunes du spectre, est plus sensible que les collodions ordinaires.
§ 2. On développe l’image avec une solution de protosulfate de fer (1366) additionné d’acide borique (182) ou acétique (19) avec 2 à 3 O/o d’alcool (68). On fixe avec l’hyposulfite de soude (795) ou le cyanure de potassium (456).
§ 3. Pour obtenir des négatifs, on pose plus longtemps, et après que l’image est fixée et lavée, on l’humecte avec une faible solution aqueuse de nitrate d’argent (983), contenant seulement une trace d’iodure d’argent en solution (837). On 'expose un instant la plaque humide à une très-faible lumière diffuse, et, sans la laver, on la plonge dans un bain de sulfate de fer (1366). On lave alors et l’on continue à l’ordinaire.
De cette manière, on obtient des négatifs dont les demi-teintes sont plus prononcées que dans ceux obtenus avec un collodion négatif spécial développé à l’acide pyrogallique (1239).
606. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Collodion, par le DEU- TOCHLORURE DE MERCURE : (Lespiault, 1853). (Fhot.)
§ 1 . Il faut, en vue de ce genre d’épreuves, préparer le collodion
photographique suivant :
Alcool à 40» (68). 50 gr.
Collodion épais (310) 50
Ether sulfurique (657) 200
lodure de potassium (848) I
On développe d’abord l’image avec le protosulfate de fer (1230), additionné de quehiucs gouttes d’acide sulfurique (1380); on peut, pour cela, se servir d’une cuvette verticale (451).
§ 2. On lave légèrement et on plonge dans un bain d’eau saturée de dcutochlorure de mercure (157). Si la température est froide, il est bon de faire tiédir le bain jusqu’à -|- 30°. Au bout de 1' à 2', l’image devient positive, le mercure se précipitant sur les sels d’argent réduits par la lumière et formant un amalgame.
§ 3. Si l’on veut garder l’image comme positive directe, on s’arrête
ÉPREL'VES POSITIVES DIRECTES
ici. Si^ au contraire, on a besoin de la convertir en négatif, on retire l’épreuve du bain avant qu’elle ne s’empâte, et, après l’avoir lavée et placée sur un support (1387 bis), on verse dessus une solution d’ammoniaque (91) au 10®, qui convertit le précipité d’argent et de mercure en oxyde d’un noir très intense, et dissout l’iodure resté libre. L’image se trouve ainsi parfaitement fixée, il ne reste qu’à la laver.
On la gomme légèrement, et on laisse sécher à l’abri de la poussière.
§ 4. L’iiyposullite dé soude (795) et le cyanure de potassium (456) produisent sensiblement la même réaction que l’ammoniaque.
607. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Papier à la Chambre noire: (Boussigues, 1850). {Phot.)
§ 1 . Tout papier bien uni et exempt de taches métalliques peut donner des épreuves positives directes à la chambre noire. On prend trois feuilles de papier que l’on plonge dans l’eau distillée et qu’on étend sur une glace de la grandeur du châssis négatif (227). On pose sur la glace les deux premières, destinées à retenir une humidité suffisante, et par dessus, celle choisie, qui recevra l’image.
§ 2. Quand l’excès de l’eau a disparu ef que la feuille est seulement moite, on laisse tomber sur la surface quelques gouttes d’une dissolution d’azotate d’argent neutre (983), qu’on étend rapidement avec un pinceau (1163).
On traite ce papier et la glace qui le porte comme une plaque daguerrienne ; l’iode (828) et le bromure de chaux (186) le sensibilisent fortement sur les boîtes jumelles (181).
§ 3. Placez alors la glace et les feuilles au châssis négatif, et exposez à la chambre noire.
La pose est presque la même qu’avec la plaque daguerrienne ; développez au mercure (925).
Si toutes les opérations sont bien faites, on obtient un beau positif.
Les sels d’argent étant altérables à la lumière, doivent être préparés à l’obscurité.* Pour le bain d’azotate d’argent, on peut prendre
comme terme moyen :
Azotate d’argent neutre (983) 5 gr.
Eau distillée 30
Lorsque le papier est soumis à l’action de l’iode, il se couvre quelquefois de taches violettes ou d’une couche blanche métallique, c’est que l’azotate n’a pas été également étendu sur la feuille.
§ 4. Le temps de pose est difficile à saisir. Si le papier prend un ton noir général sous l’action des vapeurs de mercure, c’est que la pose a été trop courte ; si, au contraire, il conserve partout sa blancheur, elle a été trop longue.
Ce procédé est une application très-curieuse des réductions photogéniques de l’argent.
608. — ÉPREUVES POSITIVES DIRECTES sur Verre (Développement des). {Phot.). y, 883.
ÉPREUVKS POSITITRS ÉMAILLÉES.
609..— ÉPREUVES POSITIVES ÉMAILLEÉS : (Lafon De Camarsac). (Vhot.). V. 1520 his.
§ 1 . L’idée de former l’image photographique de matières vitrescibles colorées est une des plus ingénieuses et, en même temps, une de celles qui, dans un temps donné, et quand les difficultés seront aplanies, ouvrira une nouvelle voie à la photographie, en lui rendant accessible le domaine de la décoration. Les matières colorantes peuvent être fixées indistinctement sur le verre, la porcelaine, l’émail, les métaux, l’ivoire, le papier, le bois, etc.
§ 2. Suivant les divers suhjectiles, il faut choisir un agent de coloration propre à chacun d’eux. Pour la porcelaine tendre, l’émail, ]a pâte de faïence, l’hnage est formée d’oxydes métalliques, fixés au feu de moufle.
Pour la porcelaine dure, le biscuit, l'émail dur, le verre, les cristaux, les oxydes métalliques sont additionnés de leurs fondants et fixés également au feu de moufle, mais à une chaleur différente.
Si le biscuit doit être recouvert , il faut employer le cobalt et les couleurs de grand feu.
§ 3. On forme encore, sur ces matières, les images en or ou en argent, additionnés de leurs fondants et fixés au feu de moufle.
Sur l’argent, l’image se fait en or, ou en une combinaison d’argent et de plomb employée dans la niellure. On fixe egalement au feu.
§ 4. Sur le papier, le parchemin, la gélatine, l’ivoire, le bois, les toiles préparées, etc., on forme l’image avec une matière colorante quelconque, et on fixe par la gomme, l’albumine, ou les huiles, les vernis, etc.
La coloration avec les couleurs vitrifiables n’a de variété que celle propre aux émaux colorés (539) ; avec les papiers, elle varie autant qu’on le veut.
On peut, au feu, former l’image avec le mélange des matières colorantes, mais il faut avoir égard aux lois de leurs *coml)inaisons sous l’influence de la chaleur
Ces images peuvent être enluminées au pinceau.
§ 5. L’ensemble du procédé doit reposer sur l’application à uii corps non fusible, d’une couche de matière portant l’image photographique métallique (collodion, albumine, gélatine, papier, etc.). Cette application temporaire permet, en détruisant la couche supportant l’image, de faire adhérer celle-ci au suhjectile, et ensuite de l’emprisonner sous un émail fondu.
La qualité happante du bichromate dépotasse iiisolé (100) rend possible l’application, par tamponnement ou tamisage, des poudres impalpables d’émaux colorés. Au moyen de découpures de réserve, on peut varier les effets à rinfini : un petit nombre de couleurs simples permettent, par leur mélange, les effets suffisants dans la plupart des cas.