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GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE SUR CUIVRE

755. — GRAVURE HÉLIOGRAPflIQUE SUR CUIVRE par la pile : (Baldus^ 1854). (Grav.héL)

§ 1 . Gravure en creux. Lorsqu’au moyen des procédés héliographiques ordinaires (754) on a obtenu l’image sur une plaque de cuivre, et qu’on a dépouillé cette image, on plonge la plaque dans une dissolution d’eau saturée de sulfate de cuivre (1368), eii la faisant communiquer au pôle charbon (ou -|-) d’un élément Bunsen (536).

L’action du courant doit être faible, une déviation de 5° du galvanomètre suffit et souvent au-delà.

Placée ainsi, la planche joue le rôle d'anode soluble, toutes les parties non protégées par le vernis sont enlevées, et une quantité égale au cuivre enlevé va se déposer sur une plaque de cuivre semblable, en communication derrière celle à graver, avec le pôle zinc (ou — ) de la pile.

§ 2. Gravure en relief. 11 suffit d’intervertir la position de la planche à graver et de la seconde non gravée, d’où il suit qu’on peut simultanément transporter en relief, sur une planche héliographique, ce qu’on enlève d’une autre pour la graver en creux.

Il faut remarquer que les types servant à reproduire les images héliographiques doivent être inverses.

Pour la planche en creux, il faut prendre une image positive transparente ; pour la planche en relief, un négatif ordinaire sur albumine ou collodion.

756. — GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE SUR MARBRE ET SUR PIERRE LITHOGRAPHIQUE : (Niepce de St. -Victor).

§ 4 . Ce procédé peut recevoir une élégante application pour l’ornementation artistique des marbres de pendule, des socles, de bronzes d’art et même des cheminées.

Le marbre doit être d’une seule couleur, sans veines ni taches, très-dur et d’un grain très-fin, analogue au marbre noir et aux calcaires lithographiques jaunes ou bleus employés par les marbriers sculpteurs.

La difficulté du procédé est d’avoir un vernis qui donne toutes les demi-teintes dans la reproduction d’une épreuve photographique ou d’une gravure, en même temps qu’une résistance parfaite à l’action de l’eau-forte.

§ 2. Pour composer ce vernis, on prend un bitume très-lent à s’impressionner à la lumière, et l’on dose les substances ainsi :

Bitume du Judée (167) lent 4 gr.

Benzine (152) 80

Essence de citron (641) 10

§ 3. Ce vernis, qui peut donner les demi-teintes, ne saurait résister à l’action de l’eau-forte, si l’on n’avait pas le soin de l’exposer 45' à 30' au soleil avant de l’employer. Si on conserve le vernis à une légère lumière diffuse et qu’il devienne trop sensible, il faut, pour le

GRAYURE HÉLIOGRAPHIQUE SUR MARBRE.

ramener au même degré de fluidité^ ajouter un peu de nouveau bitume en même temps qu’une certaine quantité de benzine et d’essence.

§ 4. Le vernis le plus sensible à la lumière offre, naturellement, le plus de résistance à l’eau-forte, mais il ne peut être employé que pour opérer à la chambre obscure, parce qu’il donne, par contact, des images voilées. Dans ce cas, il ne faut mettre dans le vernis que 2 gr. de bitume. On l’emploie également pour la reproduction, par contact, des dessins d’ornement à teinte plate.

§ 5 . Quand la pierre est bien nettoyée avec de la benzine mêlée d’alcool (68) et parfaitement polie, on la recouvre d’une couche du vernis héliographique ci-dessus, § 2. Une fois sèche, on applique un dessin d’ornement, une épreuve photographique positive sur verre albuminé ou sur papier peu épais. Le dessin d’ornement sera imprimé sur papier de Chine ou sur papier très-mince.

§ 6. L’exposition doit être plus longue que lorsqu’on agit sur métal, surtout pour les épreuves sur marbre noir.

§ 7. L’application du dissolvant et le lavage se font comme sur métal (754), seulement le dissolvant ne doit être employé que lorsque la pierre est froide (l’exposition au soleil l’échauffant beaucoup), car le vernis se détacherait en versant l’eau pour arrêter son action, à moins 'de prendre de l’eau tiédie à la température de la pierre.

Pour la morsure des marbres, on se sert de l’eau très-faiblement acidulée d’acide azotique (1002). S’il s’agit de graver une épreuve photographique, la morsure devra être faible pour conserver les demi-teintes.

Si l’on grave un dessin d’ornement qui n’a que des teintes plates, on se sert d’un rouleau pour vernir une seconde fois la pierre déjà gravée légèrement; on fait mordre de nouveau et, en répétant cette opération, on obtient des creux très-profonds.

Un nouveau moyen consiste à recouvrir l’épreuve d’une seconde couche de vernis héliographique, à l’exposer encore à la lumière pendant le temps nécessaire pour consolider le vernis, et verser le dissolvant qui enlève le vernis dans les creux de la première morsure i

§ 8. Quand on fait mordre une épreuve sur marbre, l’action de l’eau-forte peut se juger de la manière suivante : l’eau acidulée attaquant la pierre calcaire, il se produit une quantité de bulles dues au dégagement de l’acide carbonique (2 H) à mesure que la morsure se fait; cette effervescence doit être très-faible, car si l’eau acidulée est trop forte, la morsure se fait vite et elle devient nécessairement trop forte pour certaines parties où il ne faut qu’une attaque légère.

§ 9. En plaçant dans une chambre noire une tablette de marbre ou de pierre lithographique, on obtient un dessin d’après nature , et si l’on reproduit un bas-relief ou un médaillon, le relief sera trèsbeau, surtout si l’on ne fait qu’une légère morsure (Y. 815).

GRAVURE HÉLIOPLASTIQUE.

757. — GRAVURE HÉLIOGRÂPHIQUE sur Verre : (Niepce de St.-Victor) . V. 1474.

Il faut employer le vernis au caoutchouc bien préparé et un peu épais. On opère comme sur la surface métallique (1475), puis on soumet la plaque de verre à l’action des vapeurs d’acide fluorhydrique pour graver en mat, ou bien on couvre la feuille de verre de cet acide hydraté pour graver en creux.

On obtient ainsi de belles épreuves photographiques gravées sur verre.

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