GRAVURE PHOTOGLYPHIQUE : (Fox Talbot
§ 1 . On emploie des plaques d’acier, de cuivre ou de zinc, préparées à la manière ordinaire pour les graveurs.
La plaque est d’abord nettoyée avec soin au moyen d’un chiffon de toile imprégné d’un mélange de soude caustique et de blanc d’Espagne (428) pour enlever toute trace de graisse ; on la sèche et on la frotte de nouveau avec un linge de toile.
On répète une dernière fois cette opération et la plaque doit être parfaitement décapée. On la recouvre alors d’une substance sensible à la lumière.
§ 2. Dissolvez à la chaleur :
Gélatine (723) 3 gr.
dans :
Eau 100
ajoutez peu à peu :
Solution saturée de bichromate de potasse '
dans l’eau (160) 12
Filtrez à travers une toile.
§ 3. Ce mélange se conserve très-longtemps; il reste liquide et bon à employer pendant l’été; pendant l’hiver il se prend en gelée et doit être chauffé avant l’usage. Il faut le conserver à l’abri de la lumière et l’on doit opérer dans un cabinet obscur.
§ 4. On verse sur la plaque, placée verticalement, une certaine quantité de gélatine préparée comme § 2 ; l’excès de la couche s’écoule par un des angles. On chauffe alors la plaque horizontalement sur la lampe à alcool (868) qui, desséchant la gélatine, l’amène à une faible épaisseur de couleur jaune pâle, traversée par des bandes irisées.
Ces traces sont utiles à l’opérateur, car elles lui permettent de juger de Tépaisseur de la couche. Quand celle-ci est très-mince, les couleurs irisées sont répandues sur toute la surface. Il ne faut pas cependant
GRAVURE PHOTOGLYPHIQÜE.
chercher une trop faible épaisseur^ c’est à l’opérateur de juger ce qui convient pour obtenir le meilleur résultat.
§ 5. On pose sur la plaque l’image que l’on veut reproduire, , et on la presse sur elle dans un châssis ordinaire à reproduction photographique (228). On expose à la lumière pendant un temps variable de une à plusieurs minutes. L’impression étant complète, on voit sur la plaque une image faible, la couleur jaune de la gélatine étant devenue brune dans les parties attaquées par la lumière.
On saupoudre cette plaque, ainsi préparée, uniformément avec de la gomme copal (399) réduite en poudre très-fine, on chaulfe horizontalement sur une lampe à alcool pour fondre cette gomme, et on laisse refroidir la plaque. *
§ 6. On verse alors le mordant, qui est composé d’acide muriatique (963) saturé de peroxyde de fer (H30). On filtre, pn concentre jusqu’à une réduction considérable et on enferme dans des flacons.
En refroidissant, la liqueur se prend en une masse brune demicristalline.
L’auteur donne à cette préparation le nom de perchlorure de fer (1128). Il est extrêmement soluble dans l’eau.
§ 7. Cette solution s’emploie de la manière suivante : on met dans un flacon (n° 1) une solution saturée de perchlorure de fer (§6) dans l’eau.
Dans un autre flacon (n® 2), un mélange formé de 5 à 6 parties de la solution n® 1 et d’une partie d’eau.
Enfin, dans un 3® flacon (n® 3), un liquide plus étendu formé par parties égales d’eau et de solution saturée.
§ 8. Dans tous les cas, il est bon de faire quelques essais pour s’assurer si les solutions indiquées ont la force voulue. Voici la marche des essais :
Quand la plaque, après avoir été préparée comme il a été dit, est parfaitement froide, elle est en état d’être soumise au mordant.
On étend au pinceau, sur sa surface, une certaine quantité de la solution n° 2, qui pénètre la gélatine non attaquée par la lumière, mais ne pénètre pas les parties décomposées.
§ 9. La morsure commence environ 1' après l’application du liquide; elle s’aperçoit à la teinte brune ou noire des parties mordues, elle s’étend alors sur toute la plaque et les détails se manifestent rapidement. Si la morsure marche trop vite, on augmente un peu de la solution n® 1 ; si, au contraire, elle est trop lente, c’est que le liquide est trop concentré : on y ajoute alors un peu d’eau avant de l’employer à une autre gravure.
Si la concentration du flacon est suffisante, on peut s’en servir avec sécurité.
§ 10. Supposons qu’il en soit ainsi; on commence la morsure comme ci-dessus, et l’on continue jusqu’à ce que les détails soient bien venus.