C. Eau distillée
Deutochlorure de cuivre 12.50
Chlorure de fer 12.50
Suivant qu’on fait varier la quantité de chlore, on obtient telle ou telle couleur plus facilement que les autres : le jaune avec le moins de chlore possible, le rouge avec la quantité la plus grande.
Les chlorures des bains ci-dessus agissent, non par le radical du métal qu’ils contiennent, mais par les quantités de chlore titré qu’ils prêtent à la combinaison argentique.
En effet, les sels de cuivre sans chlorure n’ont aucune action, et le résultat varie avec la quantité de chlore ou de chlorure que l’on a joint dans le bain, leur quantité restant la même.
B. Le bain le meilleur à prendre est donc celui-ci :
Eau distillée 400 gr.
Sulfate de cuivre (1368) 100
Chlore (252) ou chlorure choisi. . En proportion variable avec
les couleurs que l’on. veut obtenir, pour donner des jaunes faibles, beaucoup de rouges, etc.
Le bain doit être à la température de -f- 10®.
HÉLIOCHROMIE.
Les plaques y demeurent immergées 5' à 10', suiyant la force du bain et l’épaisseur de la couche dont on a besoin.
On peut obtenir toutes les couleurs, mais peu vives , sur un fond blanc, en prenant le bain suivant :
E. Eau distillée 300 parties.
Chlorure de fer 1
Sulfate de cuivre (1368) 4
Pour avoir encore toutes les couleurs plus vives, mais sur fond sombre et rougeâtre, prenez :
F. Chlorure de magnésium 100 parties.
Sulfate de cuivre '50
Nous avons vu que la plus faible quantité de chlorure donne des jaunes ; en chauffant assez pour avoir des indigos et des violets trèsvifs, on n’aura plus les jaunes. Le rouge seul vient toujours, parce que cette couleur est l’effet de la chaleur de -f- 100° à laquelle la plaque a été préalablement exposée (§ 9) avant toute action de la lumière; cependant, avec les jaunes, le rouge est très-faible. Les plus beaux rouges sont obtenus avec une grande quantité de chlore ou chlorure, excepté avec les chlorures acides, tels que ceux de zinc et d’étain, et l’acide chlorhydrique (254), qui donnent de très-bons résultats quand ils sont mélangés à un sel de cuivre dans des proportions convenables ; mais si on- dépasse ces proportions, on n’a plus qu’une couleur violette.
Dans ce cas, le fond du dessin est très-clair et les lignes très-pures; lorsque les chlorures neutres que l’on joint à un sel de cuivre sont en excès, ils produisent des couleurs très-vives, surtout les rouges et les orangés; mais le fond de la plaque est toujours sombre, principalement avec le deutochlorure de fer. Ainsi donc, l’obtention de toutes les couleurs est possible, le point difficile et auquel on n’arrive que par tâtonnement, est le chlorurage de la plaque dans des proportions convenables.
Les plaques peuvent être impressionnées soit par contact, soit à la chambre noire.
.§ 9. Chauffage de la plaque. La plaque a pris dans le bain une couleur obscure, presque noire, et si on l’exposait ainsi à la lumière, les couleurs se produiraient, mais très-lentement et sur fond noir.
Il faut, pour avoir un fond clair, et pour que l’impressionnement marche rapidement, que la plaque soit amenée, par la chaleur, à une teinte déterminée (§ 8, B).
Ces teintes passent ainsi par les variations successives ci-après : rouge-brun, rouge cerise, rouge vif, rouge-blanc ou teinte blanche. Dans ce dernier état, il ne se produit plus d’effet sur la plaque exposée à la lumière colorée ; c’est à la couleur rouge cerise qu’il faut s’arrêter pour avoir le meilleur résultat (§ 8, C).
Le chauffage de la plaque sensibilisée se fait ainsi : on saisit, au moyen de la pince (1168), un coin de la plaque, et l’on promène également dessous une forte lampe à alcool, que l’on tient de l’autre
HÉLIOCHROMIE LATENTE.
main.' En agissant avec précaution, on voit la couleur se modifier peu à p£u, et l’on s’arrête au ton voulu.
Il est évident que le temps nécessaire pour arriver à un résultat égal, dépend de l’épaisseur de la couche de chlorure et aussi de sa nature.
On peut, en quelque sorte, se baser sur ce fait approximatif, que l’intensité de la chaleur appliquée pour produire un effet désigné, peut être remplacée par une plus ou moins grande quantité de chlore, et vice versâ.
§ 10. Temps de pose. Ce temps, encore très-long comparé aux procédés si rapides du collodion, ne doit pas étonner si l’on se reporto aux premiers essais des plaques daguerriennes.
Dans la chambre noire, par conséquent à distance, le temps de pose doit être au moins de 2 à 3 heures.
En employant les bains (§ 8, D, E, F), le temps de pose peut être abrégé à 30', et même 13' au soleil; environ 60' à une belle lumière diffuse, avec un objectif double 1/2 plaque.
§11. Fixage. Encore inconnu, mais cependant entrevu par l’habile opérateur et savant chercheur, qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes (décembre 1861), a retardé de 24 heures l’altération des épreuves par la lumière.
§ 12. Dans ses premières expériences, datant de 1831, M. Niepce avait trouvé que les vapeurs d’alcool, contenant du chlorure de sodium (ou chlorhydrate d’ammoniaque), retardaient la disparition des couleurs sur les plaques qui y avaient été exposées.
§ 13. Depuis (1832), il a remarqué que les couleurs passaient d’autant plus vite que les plaques qui les ont reçues avaient été amenées à une plus grande sensibilité.
§ 14. L’action du spectre solaire sur le ferrocyanate de potasse (1037) est assoz curieuse. Le maximum d’effet est produit par les rayons les moins réfrangihles. Tous les rayons, excepté le rouge extrême, agissent sur lui avec une grande énergie. L’image du spectre, imprimée sur un papier enduit de cette matière, est distinctement colorée d’une extrémité à l’autre ; mais, à mesure que le papier sèche, les couleurs disparaissent.
769. — HÉLIOCHROMIE LATENTE : (Niepce de St.-Victor). V. 768, § 7, B, § 8, D, E, F.
§ 1 . Si, au sortir du bain chlorurant, on ne fait que sécher la plaque sans élever la température au point d’en faire changer la couleur, et qu’on l’expose ainsi à la lumière, recouverte d’une gravure coloriée, on obtient réellement, après très-peu d’exposition, une reproduction de cette gravure avec toutes ses couleurs ; mais, le plus souvent, elles ne sont pas visibles. Quelques-unes seulement apparaissent lorsque l’exposition à la lumière a été assez prolongée ; ce sont les verts, les rouges et quelquefois les bleus ; les autres couleurs, et fréquemment
HÉLIOGRAPHIE.
toutes les couleurs^ quoique certainement produites, sont restées à l’état latent. En voici la preuve : si l’on prend un tampon de coton imprégné d’ammoniaque (91), ayant déjà servi à nettoyer une plaque, et que l’on frotte doucement, on voit apparaître peu à peu l’image avec toutes ses couleurs.
§ 2. Il a fallu, pour cela, enlever la couche superficielle du chlorure d’argent, pour arriver à la couche inférieure, plus profonde, à celle qui adhère immédiatement à la plaque d’argent, et sur laquelle s’est formée l’image.
On voit par là qu’il ne s’agirait que de trouver une substance qui développât l’image, et peut-être qu’en même temps elle fixerait les couleurs. Le problème, alors, serait résolu en entier.
§ 3. Par les nombreuses recherches faites dans cette direction, l’auteur a remarqué que : si l’on emploie la vapeur du mercure (92o), on développe très-bien l’image, mais elle est d’un ton gris uniforme, sans aucune trace de couleur ; son apparence diffère de celle de l’image daguerrienne, quoique, comme celle-ci, elle se montre sous deux aspects divers, c’est-à-dire image positive dans un sens et négative dans l’autre;
§ 4. Que si l’on emploie une faible dissolution d’acide gallique (721) additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque (91), on fait également apparaître l’imatge, surtout lorsqu’on chauffe un peu et qu’on sèche ensuite la plaque sans la laver.
. Cette image est assez semblable à celle produite par le mercure, et si l’on ajoute à l’acide gallique quelques gouttes d’acéto-azotate d’argent, elle devient presque noire.