‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 3)Chapitre 533 sur 570 · HÉLIOGRAPHIE : (Ed. Becquerel · texte numérisé non relu

HÉLIOGRAPHIE : (Ed. Becquerel

§ 1 . Ce savant physicien est le premier qui ait obtenu des images photochromatiques (lu spectre solaire. Elles ont servi de bases aux études de M. Niepce de St. -Victor, qui les a variées de mille manières et est arrivé à de très-intéressants résultats comme fixage provisoire (an. 1862).

§ 2. Les premières expériences étaient faites au moyen de plaques chlorurées, ci-après, § 3, 4, mais elles ne donnaient qu’un spectre où les couleurs se produisaient les unes après les autres, et se décomposaient’ ensuite ou changeaient de teintes par une prolongation d’exposition suffisante pour obtenir les plus réfractaires. Ce n’était que lors de leur apparition qu’elles avaient une couleur vive et franche.

§ 3. La plaque d’argent est polie et découpée comme pour le procédé daguerrien (461), puis mise sur un support en fil de fer, placé dans une cuvette profonde contenant un bain de :

Eau filtrée 1000 gr.

Acide chlorhydrique (254) 125

Le support de la plaque est en communication avec le pôle positif d’une pile Bunsen (1161) de deux éléments. Au pôle négatif on attache

HÉLIOrLASTIE.

une bande de platine (H 80) que l’on promène rapidement au-dessus de la surface d’argent.

§ 4. Le chlore (252) se dégage, attaque la plaque, et elle prend les couleurs suivantes : gris, jaunâtrej violacé, bleuâtre, verdâtre, bleugris, violet, aurore et enfin bleu d'acier. On arrête avant l’apparition de cette dernière teinte, on lave vivement et l’on sèche comme une plaque de daguerréotype (1305).

11 faut recuire cette couche vers + 100°; elle change de couleur et devient d'un rose violacé léger, si l’on a soin de ne pas chauffer assez pour fondre le chlorure.

§ 5. On projette alors un spectre vif et bien tranché sur cette surface, pendant quelques minutes, et les couleurs se peignent sans brunir par une exposition assez prolongée pour les avoir toutes.

Le jaune, le vert, le bleu, le violet, viennent ne’ts et bien tranchés, le rouge et l’orangé sont teintés un peu en violet : au-delà du violet l’action est sensible en gris, mais en deçà du rouge, l’action est nulle sur les plaques recuites, tandis qu’elle existe sur celles non chauffées.

§ 6. On peut annuler l’action des rayons actiniques (1246) ou chimiques du spectre, et ramener celui-ci absolument à la représentation des couleurs qui affectent nos yeux, en faisant passer le rayon lumineux initial à travers une dissolution très-faible de sulfate acide de quinine.

En prolongeant pendant une ou deux heures le contact du spectre solaire et du chlorure sensible, on obtient une image montrant les raies de Frauenhoffer (1243) en noir.

§ 7. Toutes ces expériences, et la préparation des plaques, doivent se faire à une lumière diffuse la plus faible possible.

Les images obtenues ne peuvent être fixées même pour la lumière diffuse; à plus forte raison, la lumière solaire les efface, et la plaque redevient grise et insensible au bout de quelques heures.

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