HÉLIOPLASTIE : (Poitevin
§ 1 . Historique. — En 1 848, l’habile opérateur découvrit qu’une épreuve daguerrienne mise dans un bain de sulfate de cuivre (1368), et en communication avec le pôle positif d’une pile (1 162), se recouvrait de cuivre sur les blancs seulement fournis par le mercure.
Ce dépôt de cuivre était reporté sur une feuille de gélatine qui servait de cliché négatif ordinaire; cette opération était difficile et chanceuse.
En mouillant la gélatine portant ce cuivre, il remarqua que les parties nues se gonflaient et pouvaient peut-être donner un moule. Il en fit un en y coulant du soufre.
§ 2. En 1 849, il découvrit que les négatives terminées portaient le dessin en creux dans les parties claires, et il pensa encore à faire un moulage.
HÉLIOPLASTIE.
En 1854, il obtint un dépôt régulier par la pile, sur de la gélatine mêlée de bichromate de potasse donnant des reliefs très-purs.
En 1836, le procédé était complet.
§ 3. Il faut employer de la gélatine (723) blanche et de première .qualité, on la coupe par petits morceaux et on la fait tremper dans de l’eau distillée (523). Il est bon d’en faire fondre au bain-marie une quantité proportionnelle à l’épaisseur de la couche qu’on veut avoir, on y joint ou non du bichrômate de potasse (160) en dissolution concentrée, On coule alors sur une plaque de doublé (1179) décapée (467), ou sur une glace posée de niveau (1387 bis) ; on laisse sécher à l’abri de la poussière, et, si l’on a ajouté du bichrômate, à l’obscurité.
L’inventeur affirme qu’on peut opérer également avec les succédanés de la gélatine, tels que : la fibrine, la gomme arabique (737), l’albumine (46), pourvu que le chrômate choisi ne précipite pas l’excipient organique auquel on le mêle ou sur lequel on l’applique.
§ 4. 1° Pour les planches en creux dans le genre des gravures à l’eauforte :
La couche de gélatine doit être peu épaisse; 4 à5 décigr. de gélatine en dissolution suffisent par décimètre carré de surface ; on y ajoute quelques gouttes de dissolution concentrée de bichrômate de potasse (160); trop de ce sel produit des précipités en se rassemblant en cristaux dans l'épaisseur de la couche. La couche est séchée à l’obscurité, puis impressionnée à la lumière ; cette action se produit trèsrapidement au soleil. On fait alors tremper la plaque dans de l’eau, les parties non impressionnées se gonflent et laissent en creux les parties qui ont reçu l’action de la lumière.
§ 5. Pour obtenir les reproductions typographiques on peut, ou mouler en plâtre et faire un second moule en gutta-percha (765) qu’on métallisé et qu’on recouvre d’un dépôt galvanique, ou métalliser la gélatine et la recouvrir directement du dépôt métallique.
§ 6. Pour mouler en plâtre, on couvre la gélatine d’une dissolution de sulfate de fer (1366) qui empêche l’adhérence; on lave, puis on égoutte ; on borde la glace de réglettes de bois, ou bien on la place dans un cadre léger fait exprès, et qui se démonte aux angles ; on verse du plâtre (1181) ‘rès-fin, gâché serré, et dont on chasse avec soin les bulles d’air au moyen d’un pinceau. 11 est évident qu’il faut agir avec précaution et peu à peu comme épaisseur, sans cela, les bulles ne pourraient être évitées; on achève de donner une suffisante épaisseur avec du plâtre. Quand il est pris, on met la-surface en contact avec une couche d’eau placée dans une cuvette plate, et dont la profondeur est telle quelle affleure la surface inférieure du moule. On détache alors celui-ci.
On lave à grande eau la gélatine, on la baigne de solution ferrée et l’on recommence.
L’application du protosulfate de fer n’est pas indispensable au moulage, mais il rend beaucoup plus solides les filets déliés du plâtre, si faciles à briser lors de la séparation du type.
HÉLIOPLASTIE.
§ 7. Sur ce moule en plâtre humide, on coule, à la température de Feau bouillante, un mélange de :
Gutta-percha (765) 1 partie.
Cire jaune (295) 2
Résine (1285) 1
ou bien encore :
Cire jaune (295) 1 partie.
Résine 1
On métallisé ce moule avec une dissolution de phosphore (1144) dans Féther (653) et le sulfure de carbone (1376)^ qu’on verse à la surface. Le moule est ensuite plongé dans une dissolution de nitrate d’argent (983) ; de cette manière, on obtient une surface recouverte d’argent réduit, qui est très-conductrice de l’électricité. Ces moules, soumis au dépôt galvanique, donnent une planche de cuivre gravée en creux.
§ 8. Nous avons dit qu’on pouvait immédiatement mouler en cuivre la surface de gélatine impressionnée ; cette opération se fait de la manière suivante :
On enlève, en lavant plusieurs fois, toute trace de bichrômate non décomposé; on laisse sécher, et on l’imprègne d’une dissolution d’iodure de potassium (848). On fait encore sécher.
Arrivé à ce point, on sensibilise la plaque dans un bain de nitrate d’argent (983), on l’expose à la lumière et on réduit l’argent par le sulfate de protoxyde de fer (1370); la couche d’argent est ensuite renforcée comme d’habitude (335 — 489).
§ 9. Le dessin en creux obtenu étant redressé, l’impression donne des épreuves inverses; il faut donc, si l’on emploie une épreuve positive pour impressionner la couche de gélatine, la tirer en sens inverse, c’est-à-dire employer un cliché redressé.
Dans cette manière d’opérer, les reliefs correspondent aux noirs du dessin sur la gélatine, et, au contraire, sur la contre-épreuve en cuivre, ils correspondent aux blancs. Donc la planche reçoit et contient l’encre dans les traits, et s’imprime en taille-douce.
§ 10. 2° Pour les planches en re/fe/* pouvant servir à l’impression typographique.
La couche de gélatine doit être épaisse; il faut au moins 0s’'.8 à 1 gr. de gélatine par décimètre carré de surlace. On prépare la gélatine comme ci-dessus, et on la coule sans bichrômate; on laisse sécher, puis on plonge dans une solution concentrée de bichrômate de potasse.
Après l’imprégnation, on lave pour enlever l’excès de bichrômate à la surface et on laisse sécher à l’obscurité.
§ 1 1 . On impressionne la couche, à travers un négatif de la gravure qu’on veut reproduire. Ce cliché doit être très-net et vigoureux, sur verre.
L’exposition doit être prolongée pour c[ue la lumière pénètre complètement la couche de gélatine; cette exposition ne doit pas dépasser 20' à 30' au soleil.
HÉLIOSTAT.
Le dessin se produit en brun sur la couche impressionnée; on la laisse refroidir et on la plonge dans l’eau froide renouvelée. La gélatine non impressionnée étant bien gonflée^ on moule en plâtre, comme ci-dessus ; on a alors un cliché en relief qu’on transforme en plaque de cuivre par la pile. On monte cette plaque sur un bloc comme les clichés de la typographie, et elle sert aux mêmes usages.
Dans cette méthode, l’emploi du négatif a donné sur la gélatine des reliefs correspondants aux blancs du dessin; le contre-moulage aura donc des noirs en relief, s’enduira d’encre sur ses parties saillantes et s’imprimera en typographie comme la gravure sur bois.
§ 12. Procédé lithographique. Après l’exposition d’une couche sensible de gélatine bichrômatée, préparée comme i® § 4, et coulée à la surface d’une pierre lithographique, on applique soit au tampon, au rouleau ou à la presse, une couche d’encre grasse, noire ou de couleur.
On lave alors à grande eau et à l’éponge, et l’on passe sur la surface mouillée d’eau un rouleau lithographique : l’encre grasse alors se détache des parties non impressionnées par la lumière.
§ 13. Si donc on s’est servi d’un négatif pour l’impression lumineuse, on aura une épreuve positive sur la pierre, puisque l’encre s’attache aux noirs et quitte les blancs.
En employant un positif, on aurait naturellement une image négative peu utile à imprimer.