HORIZON, [fers
§ 1. Nous avons dit (1132) que la perspective était l’art de représenter, sur une surface plane, la forme et les couleurs des objets tels qu’ils nous apparaissent dans l’espace, leurs ombres, leurs reflets et leur réflexion sur la surface des eaux.
§ 2. La ligne qui sépare le ciel de la mer est l'horizon. On emploie
HOROPTÈRE.
indistinctement le mot horizon ou ligne d’horizon. S’il est visible^ on le désigne sous le nom d’horizon visuel, mais comme, le plus souvent, sa vue est interceptée par des édifices des montagnes ou des objets quelconques, et que, dans toute composition d’après nature, il faut un horizon, on en détermine un fictif à l’endroit où se trouverait le véritable, et on le nomme horizon rationnel.
§ 3. Cette ligne d’horizon (879) doit toujours se représenter par une ligne droite, et sert à déterminer la hauteur de certains objets, suivant les divers plans qui les contiennent.
§ 4. L’horizon est toujours à la hauteur de l’œil du spectateur : plus le spectateur sera élevé, plus l’espace qu’il découvrira sera grand, attendu que, la terre étant ronde, l’horizon suit l’œil et monte avec lui.
§ 5. L'espace compris depuis la base du tableau jusqu’à l’horizon, s’appelle le terrain perspectif. 11 est extrêmement rare que la photographie puisse rendre, d’une manière satisfaisante, un terrain perspectif d’une grande étendue; non pas que la perspective géométrique des lignes fuyantes ne soit parfaite, mais parce que la gamme des tons photographiques ne rend pas la perspective aérienne telle que notre œil la perçoit.
§ G. Cela tient à ce que l’impression des différentes^ couleurs sur la.surface sensible, ne se combine pas seulement suivant la distance, mais beaucoup plus suivant la nature de ces couleurs.
§ 7. Lorsque le photographe doit faire un portrait dans son atelier, il est évident que la ligne d’horizon ne sera pas l’intersection du plancher par le plan du fond. L’horizon sera toujours virtuel, et placé à la hauteur du centre de l’objectif, qui est, en réalité; l’œil qui voit dans la photographie.
On comprend facilement, pour le portrait d’homme ou de femme, soit en pied, soit en buste, que la ligne d’horizon (879) ne doit pas se trouver plus élevée que le sommet de la tête, ni plus basse que le milieu du corps. Trop haut, on verrait le dessus de la tête; trop bas, on apercevrait le dessous . du nez et du menton ; d’une manière comme de l’autre on altérerait la ressemblance.
§ 8. Nous avons dit plus haut que l’horizon était toujours à la hauteur de l’œil du spectateur, ou à la hauteur du centre de l’objectif du photographe. La stature de l’homme étant sensiblement la même, il faudra se souvenir, pour placer un personnage dans un paysage, qu’en quelque endroit qu’il se trouve, sur le terrain perspectif, sa tête ne dépassera pas sensiblement la ligne d’horizon. Le photographe pourra donc juger d’avance le lieu d’élection des personnages qui doivent animer son tableau, et l’importance qu’il veut leur donner. (V. 879.)