‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 3)Chapitre 63 sur 570 · AMBRE JAUNE. (Chim · texte numérisé non relu

AMBRE JAUNE. (Chim

§ 1. L'ambre jaune, qu'on nomme ^ussi karaté ou succin, est un corps transj)aront et susceptible de recevoir un beau poli ; on peut en souder les morceaux ensemble en les enduisant d’une dissolution de potasse et les rapprochant après les avoir chauffés.

§ 2. On emploie ce corps en photographie pour la composition d'un vernis propre à préserver les négatifs sur glace. Ce vernis est remarquable par sa dureté, mais en même tempi^ a le défaut de s'écailler et de compromettre ainsi l'épreuve sur laquelle il repose. Le succin pèse 1,081 et est fusible à 287". Il brûle à Pair en répandant une odeur agréable et laissant un résidu charbonneux, analogue à celui des résines ou do la térébenthine avec lesquelles il a de l'analogie.

§ 3. Quoiqu'on le trouve dans les limites des terrains d'argile plas-

AMÉLIORATION DES PAPIERS

tique ou crétacés^ et qu'il soit par conséquent d'une origine fossile, il a toute l'apparence d'une exsudation végétale : les insectes d'espèce inconnue qui se trouvent englobés par lui, démontrent la vérité de cette origine.

§ 4. Le succin e'st insoluble dans l'eau; réduit en poudre extrêmement fine, l'alcool absolu (68) et l'éther (653) en dissolvent 10 à 12 O/o • de son poids. Son véritable dissolvant est le chloroforme (257), et encore » est-il préférable d'appliquer la fusion à ce corps avant de' le dissoudre.

§ 5. Pour faire le vernis photographique^ on met dans un flacon bouché à l'émeri une certaine quantité de chloroforme et un excès de poudre d’ambre jaune fondu. On secoue et on laisse en présence : une partie du succin se dissout, l'autre insoluble se dépose, on décante (466) et l'on recueille un vernis très-fluide et d'une très-grande dureté, une fois sec sur le négatif. Son défaut est de s'écailler facilement en emportant la couche négative.

§ 6. On fait entrer ce vernis dans la composition du collodion sec en très-petite quantité, et dans le but, en désaggrégeant la couche, de la laisser plus perméable aux liquides continuateurs.

Ce mélange a le défaut de diminuer énormément la sensibilisation du collodion, aussi doit-il être rejeté.

85. — AMÉLIORATION DES PAPIERS photographiques : (S-Geoffroy).

{Fhot.)

§ I. Une étude attentive des accidents divers produits dans les papiers photographiques par les corps étrangers qu'ils peuvent contenir, a conduit aux précautions suivantes:

11 faut, avant tout, purifier le papier des taches métalliques et des corps gras qu'il peut contenir.

Cette purification se fait en dissolvant :

Acide acétique cristallisé (19) t . . . . 20 gr.

Eau distillée 200

Cette solution doit former un bain abondant, qui sera meilleur s'il est tiède. On le verse dans une cuvette en porcelaine (449) où l’on imnlerge pendant 1 ou 2 heures quelques feuilles de papier. On les retire pour les mettre à baigner dans une autre cuvette contenant ;

Ammoniaque pure (91) 20 gr.

Eau distillée 100

on les lave ensuite à l'eau pure, et on les fait sécher par un angle à l'abri de la poussière.

§ 2. Le papier peut contenir des taches métalliques ou dans sa pâte, ou à sa surface. Les taches de fer donnent des points noirs sur les positives ; les taches de cuivre laissent moins de traces, car le chlorure d'or les affaiblit quelquefois.

Il peut se trouver encore dans le papier des acides (22) ou des alcalis (66), de l'alun (82), de l’amidon (87), de la gélatine (723), delà

AMÉLIORATION DES PAPIERS

chaux (248), du chlore (2o2) [cette dernière matière est peu nuisible], des résines (1285) qui sont utiles, des sulfates (141) et des carbonates (248), et enfin de la baryte. (144) qui est inoftènsive.

I/eau des lavages ci-dessus dissout les acétates de potasse, de soude, d'ammoniaque, de magnésie et de fer. Ceux de chaux, baryte, strontiane, zinc, cuivre, plomb, mercure et argent sont insolubles, à 'moins qu'il n'y ait excès d'acide ou un autre acide capable de former avec leur base des sels solubles ; ce qui explique l'action de cet acide sur les substances accidentelles.

§ 3. On peut employer pour améliorer ces papiers, différents enduits dont nous allons donner quelques-uns. Prenez :

1° Eau distillée 200 gr.

Amidon soluble (89) 25

Sucre ordinaire (1362) 15

faites bouillir ce mélange dans un vase de verre ou de porcelaine vernissée, en ayant soin de remplacer l'eau vaporisée jusqu’à ce que la liqueur soit d'une limpidité parfaite.

Laissez refroidir et filtrez.

On emploiera avec plus de succès une solution de :

Eau distillée 200 gr.

lodure d’amidon soluble (85, § 9) 25

Sucre (1362) 10

qu'on traite de la même manière que la première ; ou bien encore ;

Eau distillée 200 gr.

Sirop d’iodure d’amidon 100

on mêle à froid et on filtre.

Prenez :

2® Eau distillée. 200 gr.

Sucre de lait modifié (1364) 30

3® Eau distillée 200

Blancs d’œufs (1021) ^. . . 4

Battez en neige, laissez reposer quelques heures et décantez; mêlez ensemble les dissolutions 1,2 et 3, filtrez avec soin, et conservez en flacon bien bouché, jusqu'à épuisement.

§ 4. Autre enduit améliorateur. Prenez :

Eau distillée 400 gr.

Sucre de lait modifié (1364) 100

Dissolvez à chaud ou à froid, filtrez et conservez dans un flacon bouché au liège. On peut remplacer l'eau avantageusement par le sérum du lait (1318).

Si l’on emploie l'iodure d'amidon soluble en forte quantité ou le sirop, l'iode coagulera l'albumine du n® 3; on la remplacera alors par de la gélatine (723), et le bain sera tiède. On peut aussi faciliter la dissolution de l'iodure d’amidon en employant : sous-carbônate de soude, 2 au lieu de 10 de sucre (voir P* et 2® manière).

AMÉLIORATION DES PAPIERS

On peut se servir encore d"un enduit au collodion. Prenez :

Coton-poudre (716) 5 gr.

Alcool à 36o (68) lOO c. c.

Ether à 60® (657) 100

Etendez le collodion en bain plus ou moins abondant, suivant le papier.

§ 5. Le bain 1, 2 et 3 est bon pour tout papier ordinaire peu collé, dont le grain est fort et irrégulier.

Si on remploie comme enduit sensibilisateur ioduré ou chloruré, il fournit des épreuves positives d'une grande beauté; dans ce cas, on ne mouille le papier que d'un seul côté. Ce papier est meilleur quand le bain sensibilisateur a pour dissolvant l'alcool, la benzine ou l'essence de térébenthine. Tous coagulent l'albumine. Les feuilles qu'on veut améliorer sont plongées une à une pendant 3' ou 4', relevées et séchées librement.

§ 6. Si les papiers sont bien encollés déjà, d'une pâte homogène et régulière, on les enduit de la préparation au sucre de lait modifié seul; à sec, ils conservent la sensibilité plus longtemps et donnent une image très-pure en noirs et en blancs bien ménagés. Comme cet enduit est très-soluble dans Teau , il est avantageux avec des bains iodurés non aqueux. Enfin, le sucre de lait modifié par l'acide citrique neutralise le peu de chaux que le papier pourrait encore contenir.

Cet encollage, répété deux ou trois fois, rend le papier très-impressionnable, peut recevoir une couche de collodion et produire de trèsbeaux négatifs.

On a la* facilité d'agir de même avec l'albumine qui s'emploie alors comme papier sec. On peut aussi l'étendre sur une couche sèche de collodion, pour cela, on colle par les bords la feuille de papier sur la glace, on coule comme sur verre, on laisse sécher l'albumine à l'air libre.

§ 7. L'acide citrique (299) du commerce contient un excès d'acide sulfurique (1380) : pour lê purifier, on le dissout, on y mêle à froid, en petite proportion, du bicarbonate de chaux, de la craie, ou mieux, de l'oxyde de zinc, on agite quelques instants. Laisser déposer, filtrez et faites cristalliser en évaporant. Les cristaux sont inaltérables à l’air et remplacent, dans tous les usages photographiques et aux mêmes doses, l'acide acétique cristallisable.

§ 8. Après l'évaporation de son dissolvant, l'amidon soluble donne un sirop d'une belle transparence, limpide, sans aucune granulation

comme dans la dextrine. Prenez :

Amidon blanc (87) • • • • 500 gr.

Acide chlorhydrique (254) 100

Eau distillée 1000

Laissez quelque temps les substances en contact à froid, puis faites

Page 1