ARÉOMÈTRE (Pèse-liqueur), {Phys.). V
§ 1 . L'instrument qui porte ce nom est destiné à peser le poids spécifique des corps.
L'aréomètre construit par Baumé est à poids constant. Son usage est très-répandu.
Il est composé d'un flotteur en verre (fig. 17) formé d'une tige B C à laquelle est soudée une boule un peu grosse pleine d'air, et à celle-ci une boule plus petite contenant du mercure qui sert de lest.
§ 2. On gradue cet instrument de deux manières, suivant qu'il doit plonger dans un liquide plus dense ou moins dense que l'eau .
Dans le premier cas , on règle le poids de manière que dans l'eau distillée, et à + ‘l®j il plonge à peu près jusqu'à l'extrémité supérieure de la tige, au point B auquel on marque 0®. On fait alors une dissolution de 85 parties d'eau en poids et de 15 de sel marin, et on partage l'intervalle des points B et C en 1 5 parties égales, parce que la solution étant plus dense que l'eau distillée , l'instrument n'y plonge que jusqu'en C, où l'on marque le chiffre 15. On continue les divisions jusqu'au bas de la tige, et l'instrument est gradué. Les divisions sont marquées sur une petite bande de papier plai'5g. 17. cée dans l'intérieur du tube.
§ 3. Cet aréomètre ne peut être employé que pour peser les li- (luides plus denses que l'eau, tels que les acides et les dissolutions salines. 11 prend alors le nom de pèse-acide et pèse-sel. C'est lui qui sert à peser les bains d'argent pour positifs.
ARGENT
§ 4. Si les liquides dans lesquels on doit le plonger sont moins denses que Teau, le 0®doit se trouver au bas de la tige et la graduation sera changée. Le 0® est marqué dans une dissolution de 90 d"eau + 10 de sel marin. Le point d'affleurement dans Teau distillée est 10, on divise l'intervalle en 10 parties, et l'instrument terminé prend le nom de pèse-liqueur.
§ 5. Ces deux instruments sont gradués d'une manière arbitraire et n'indiquent ni les densités des liquides, ni les quantités de sels dissoutes; mais en pesant une dissolution titrée de sel, un bain quelconque, on peut, en se servant du même instrument, qui est comparable à lui-même, se rendre compte à peu près de la richesse du bain à un moment donné. Je dis à peu près, parce que dans les bains photographiques, l'échange continuel de bases solubles introduit dans la liqueur un élément salin, inactif, mais pesant, qui influe sur le n® du pèse-sels. — Exemples : l'azotate de potasse ou d'ammoniaque dans les bains d'argent pour positifs (136), et les azotates de cadmium (989), potasse, etc., dans le bain négatif pour collodion (133).
§ 6. Cet instrument peut encore servir à savoir si une dissolution saline est saturée ; il faut, pour cela, déterminer d'abord sur un essai ou par des tables, le poids précis de la saturation mesurée au pèsesels.