‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 11 sur 193 · ÉPREUVES POSITIVES AGRANDIES SLR TOILE A PEINDRE · texte numérisé non relu

ÉPREUVES POSITIVES AGRANDIES SLR TOILE A PEINDRE

couche de blanc de plomb nommée impression , assez vieille pour avoir acquis une certaine dureté. Cette toile, tendue sur un châssis carré, doit d’abord être décapée de façon qu’un liquide aqueux puisse adhérer sur toute la surface au lieu d’adhérer par gouttes comme il ferait sur un corps graisseux; en d’autres termes, elle doit retenir l’eau. Ce but est atteint soit en la lavant avec de l’eau de savon contenant une petite quantité d’alcali ou de cyanure de potassium (456), soit en la frottant avec un morceau de molleton mouillé avec de l’alcool (68).

§ 2. Ceci étant fait, on applique à la surface, au moyen d’un pinceau ou brosse plate, la solution suivante :

Eau distillée 1 litre.

Gélatine (723) 15 gr.

Iodure de potassium (848) 10

Bromure de potassium (191) 5

La gélatine doit. avoir été ramollie dans l'eau pendant une heure ou deux, après quoi l’application d’une légère chaleur suffit pour la dissoudre.

Cette solution est employée tiède : étant froide elle se prend en gelée.

Il faut enduire la toile avec cette solution, dans un appartement . chauffé à une température telle que la couche sèche sans d’abord se figer. On s’aperçoit facilement que ce résultat est atteint, car si la couche se fige d’abord, elle sèche d’une manière irrégulière en formant des lignes et des veines.

§ 3. La deuxième opération est la sensibilisation. Elle se fait au

moyen de la solution suivante :

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent (983) 50 gr.

Iodure de potassium (848) 0.2

Acide acétique ordinaire (19) 100 c.c.

Cette solution est préparée de la même manière que celle employée dans le procédé sur collodion, mais elle doit être versée dessus. Pour faire cette opération sans produire de taches ni d’irrégularités, on emlève la toile du châssis sur lequel on l’avait tendue, et on la met dans un cadre en bois AB sur lequel on a collé ou cloué un tube C de caoutchouc.

§ 4. Le cadre de bois

La coupe d’un des côtés de ce cadre est représentée dans la figure 338.

Les bords de la toile D reposent sur le tube de caoutchouc. Au moyen de quatre, six ou huit vis en bois Y (fig. 339), la toile est serrée dans le cadre de façon à produire une cuvette dont elle forme le fond.

est formé de plusieurs couches de vernis à

ÉPREUVES POSITIVES AGRANDIES SUR TOItE A PEINDRE.

la gomme laque (738) dissoute dans l'alcool (68), de façon à le rendre imperméable. Le tube de caoutchouc est d’abord lavé avec de l’eau de savon, recouvert d’une couche de cire en le passant dans un mélange en fusion de deux parties de cire blanche (295) et d’une partie de térébenthine (644). Cette précaution a pour but d’éviter une réaction entre le nitrate d’argent (983) et le soufre (1341 bis), qui entre dans le caoutchouc (205 ter) vulcanisé. Le tube est mis dans la rainure et peut y être cloué au moyen de pointes en argent (112) ou de pointes de Paris recouvertes de cire (295).

§ 5. Pour sensibiliser la toile, soulevez la cuvette d’un côté, comme pour sensibiliser les glaces collodionnées, et versez, dans la parti ' la plus basse, une quantité suffisante de la solution de nitrate d’argent, puis étendez-la sur toute la surface en faisant reprendre à la cuvette une position horizontale. Laissez le contact se prolonger pendant une minute, tenant le châssis continuellement en mouvement, après quoi, versez le nitrate d’argent (983) dans un flacon. La solution d’argent ne pouvant être employée qu'une seule fois, il faut prendre soin de n’en user qu’une petite quantité pour chaque toile : 150 à 200 c.c. suffisent, du reste, sur une toile pour buste grandeur naturelle.

§ 6. La mise au point se fait sur la toile avant la sensibilisation.

L’exposition à la lumière a lieu au moyen de la chambre solaire (225) ; la durée de cette exposition dépend de tant de causes diverses, qu'il est impossible de la donner dans les bornes restreintes d’un article sommaire. Nous avons donné, dans notre pratique, depuis 30" jusqu'à 5' déposé. L’image est légèrement visible avant le développement et elle l’est d'autant plus que le négatif présente plus de contrastes.

§ 7. Le développement se fait avec une solution au quart saturée d’acide gallique (721), à laquelle on a ajouté quelques gouttes d'acide acétique (19). Il se fait aussi rapidement que le développement au fer dans le procédé sur collodion. La solution de nitrate (983) qui s’est égouttée dans la partie inférieure de la cuvette pendant la pose est versée dans un flacon, puis on projette le développement, ayant soin de recouvrir l’épreuve d’un seul coup. Ceci se fait de la même manière que la sensibilisation.

§ 8. La solution d’acide gallique doit se comporter comme celle d’acide pyrogallique dans le procédé sur collodion. Si elle noircit rapidement et avant que l’épreuve ait paru complètement, la solution de nitrate d’argent contient des matières organiques ou bien il y a eu contact avec le tube de caoutchouc soufré.

Pour éviter que les blancs ne deviennent sales, par un développement trop prolongé, on arrête celui-ci en versant sur l’épreuve une solution très-faible de sel marin (1308). Après cela, on la lave à plusieurs eaux, on l’ôte du châssis et on la fixe au moyen d’hyposulfité de soude (795) dissous dans les proportions ordinaires. Le lavage final pour enlever l’hyposulfite peut se faire en 5' ou 6'.

ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER

§ 9. L’épreuve ne serait pas fixée pendant qu’elle est encore dans le châssis, car on serait obligé de laver celui-ci avec un soin tout particulier avant de pouvoir l’employer de nouveau.

§ 10. Le châssis se lave avec de l’eau de savon et un peu de cyanure de potassium (456) , puis on le rince à grande eau.

Le nitrate d’argent (983) qui a servi noircit au bout de quelques heures, et il est impossible de le décolorer alors au moyen de kaolin (860) ou du chlorure d’argent (262). Dans ce cas, il vaut mieux précipiter l’argent à l’état de chlorure ou évaporer la solution à siccité, et la faire fondre pour détruire les matières organiques.

Quandla solution est mêlée avec du chlorure d’argent immédiatement après qu’elle a servi et avant qu’elle ait eu le temps de se colorer, la coloration ne se produit pas, et elle peut être employée de nouveau.

§ 11. La toile une fois sèche peut être mise dans les mains du peintre sans aucune autre préparation.

Quelques photographes ont employé le blanc d’œuf (46) au lieu de gélatine (723). Le blanc d’œuf produit une couche lisse sur laquelle le pinceau glisse trop facilement et qui se fendille souvent après que répreuve est recouverte de peinture. La gélatine (723), au contraire, forme une couche d’une apparence mate et d’une adhérence telle qu'elle semble faire partie de la toile elle-même.

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