PARTIE PÉRIODIQUE
DEUXIÈME ANNÉE
(Phot.). V, 33 — 272, III — 101 — 102, IV.
§ 1. Sans entrer dans l’énumération des emplois chaque jour plus nombreux des épreuves photographiques agrandies, nous allons décrire le moyen de les faire avec un instrument très-simple et qui ne demande que très-peu de frais.
Cet instrument n’est réellement qu’une chambre noire photographique ordinaire A (fig. 364), garnie, par devant, d’un objectif B d’une longueur focale de 11 cent., par exemple, et munie par derrière d’un petit miroir ou condensateur C.
Cette chambre est garnie, en dedans, de coulisses dans lesquelles on place le négatif que l’on introduit par une porte pratiquée sur le côté, en D.
§ 2. La chambre se met dans un appartement obscur, le derrière étant exposé à la lumière du dehors par une fenêtre que ferme un volet convenablement disposé avec une trappe. Quant à l’objectif, il est dirigé vers un chevalet S sur lequel la toile R, si l’on veut s’en servir pour dessiner, ou une feuille de papier sensible, si l’on veut faire une épreuve photographique, est tendue sans aucun pli.
L’image du soleil, reçue sur le miroir que l’on dirige en conséquence, est saisie par le condenseur et transmise à travers le négatif et l’objectif sur l’écran R pour mettre au point, ou sur une toile, une pierre lithographique, un papier photographique sensibilisé, etc.
N° 9. Septembre 1864. 18
§ 3. Le miroir doit être placé sous un angle tel que son foyer soit exactement^ au centre de l’objectif amplifiant.
Fig. 364.
Supposons qu’on veuille faire une image photographique, l’image sera mise au point au moyen de la crémaillère de la chambre noire; puis, quand le foyer sera parfaitement déterminé , on fermera l'objectif avec son obturateur ou bien l’on couvrira le négatif d’un verre jaune, et l’on mettra le papier sensibilisé à sa place.
§ 4. Si l’on adopte la méthode par développement, il suffit d’une impression excessivement faible de l’image que Ton peut obtenir en \ 8" pendant l’été, et à peu près 40" en hiver. Mais si on veut obtenir une image qui se fixe par le procédé ordinaire des positives, il faut une exposition de 3 ou 4 heures. Le premier procédé est le meilleur et le plus facile.
§ 5. Lavis par laquelle la chambre noire A tient au pied P, peut se tourner sous un angle quelconque, et les tringles métalliques qui rattachent la chambre noire aux barreaux parallèles T dans la réunion desquels se met le châssis pour recevoir le papier, sont aussi fixés à un angle correspondant, de manière à maintenir toujours la surface qui recevra Limage dans une position parallèle à la chambre noire.
Le pied avec les barres parallèles T et perpendiculaires sert à assurer autout une position ferme et stable.
§ 6. Qualités du négatif. C’est là le point important; on ne peut jamais obtenir une épreuve réellement artistique, avec des ombres transparentes et une gradation parfaite des lumières aux noirs, sans un bon négatif, non pas dans le sens où l’on pousse ceux qui servent aux épreuves positives ordinaires sur papier, mais suivant les conditions spéciales de la chambre solaire. Il est évident, d’abord, que le
négatif peut être plus ou moins transparent et fin. Il ne peut pas être trop fin; mais il doit être obtenu au moyen d’une pose un peu trop courte, de sorte que, s’il eût servi pour tirer une épreuve sur papier, il l’eût donnée faible, plate et sans contraste suffisant. D’un pareil négatif on peut tirer des épreuves agrandies ayant la totalité des détails et des demi-teintes dans les portions éclairées, et sans devenir rouge dans les ombres brûlées, ce qui indique pas assez de pose, ou sans devenir verdâtre dans des demi-teintes imparfaitement accusées ou dans les parties lumineuses, ce qui dénote trop de pose.
§ 7. Pour faire ces négatifs, on choisit un morceau de glace fine, pure, blanche' et absolument dépourvue de points, bulles, bouillons, raies, etc., et autres défauts. On la recouvre de collodion brômoioduré qui doit produire une couche noire, sans apparence aucune de voile, et sans défauts provenant des poussières; car tout ce qui y est inclus, s’agrandit également, lors des opérations subséquentes.
La plaque est alors sensibilisée dans un bain faible de :
Eau distillée 100 gr.
Nitrate d’argent fondu (983) 6
On expose à la chambre noire, et l'on développe avec :
Protosulfate de fer (1230) 1 gr.
Alcool (68) 0.50 •
Acide acétique cristallisable (19) 1
Eau 30
Après le développement, qui a dû faire sortir tous les détails, lavez, fixez et séchez à la manière ordinaire, mais ne vernissez pas la glace comme on le fait pour le tirage habituel.
§ 8. Des qualités du papier. — Il faut le choisir de la meilleure qualité possible, pur, préparé et salé par immersion dans le bain suivant, où il reste jusqu’à ce qu’il soit bien saturé :
Bromure de potassium (191) 14 gr.
Chlorure d’ammoniaque (261) 7.50
Gélatine (723) 5.50
Eau distillée 100 gr.
On sensibilise alors avec :
Eau distillée. 100 gr.
Nitrate d’argent (983) 12
que l’on promène soigneusement à sa surface avec un pinceau en coton (214, III) neuf et propre.
§ 9. Pendant que la feuille est encore moite, le papier est attaché également et aplat soit sur le châssis où on l’étend, soit sur une planche, ce qui vaut mieux, et sur laquelle surface on a préalablement mis l’image au point, puis on commence la pose. Pour obtenir une image à peine visible, comme il convient, il faut, en se servant d’un bon négatif, 12" à 15" dans les fortes lumières d’été, et 30" à 40" en hiver. Si le négatif n'est pas très-fin ni assez transparent dans toutes ses parties, il se produit au développement une image beaucoup trop forte, et on est obligé d’allonger la pose. Ce genre d’épreuves se re-
connaît par la teinte rouge des ombres épaisses et la couleur verdâtre des demi-teintes.
§ 10. Le développement se fait ensuite. On emporte le papier au laboratoire sans lui laisser voir la lumière, puis on en relève les bords de manière à en former une espèce de cuvette, l’image étant en dessus : on verse dans cette cuvette une solution d'acide gallique saturée que l’on promène d’abord sur toute la surface. En été, il est bon d’ajouter quelques gouttes d’acide acétique, mais en hiver cela n’est pas nécessaire. Si quelque partie du papier n’a pas été frottée du bain d’argent dans là sensibilisation, elle reste insensible et forme une tache qui ne se développe pas. Sous le développement, les grandes ombres noircissent vite, et les. demi-teintes délicates viennent peu à peu.
Il faut que le développement soit maintenu constamment en mouvement, et pour cela on se sert d’une touffe de calicot remplie de duvet de cygne. Le développement est fini en 15' à 30' suivant la température de la chambre.
§11. Fixage. Quand l’image est bien développée, on enlève soigneusement l’acide gallique en lavant abondamment à l’eau, car de la certitude de ce lavage à fond, dépend qu’il ne se fasse pas de très-laides taches sur l’épreuve. Cela fait, on fixe l’image dans une solution neuve de :
Hyposulfite du soude (795) 450 gr.
Eau 1000
On lave soigneusement et l’épreuve est faite.
§ 12. Epreuve positive sans développement. Dans ce cas, l’image reste sous le châssis à impression des heures au lieu de minutes, et il faut s’imposer des soins accessoires. Le miroir demande une attention particulière, le cercle de lumière le plus grand possible devient un danger que l’épreuve ne perde sa finesse et que le papier, en séchant, ne se contracte et n’augmente encore ce résultat. Car il faut que l’opération soit prolongée non-seulement jusqu'à ce que l’épreuve contienne tout ce que peut donner le négatif, mais encore que la teinte en soit beaucoup forcée afin que les traitements consécutifs du fixage puissent être appliqués.
§ 13. On peut virer avec :
Acétate de soude (14) 6sr-50
Eau distillée. . . 500
Chlorure d’or (273) 2.50
et fixer dans :
Hyposulfite de soude (795) 5sr-5Q
Eau 500
§ 14. Impression sur négatifs. C’est la méthode la plus rapide et la plus certaine, mais en même temps la plus coûteuse et la plus embarrassante de toutes les applications de la chambre solaire. L’extension
PICHLORURE DE ZINC.
sur une plaque d’énormes dimensions d’un collodion parfait, et le développement de l’image, ne sont pas toujours faciles à réussir.
Il faut, en outre, faire un positif sur verre et s’en servir pour obtenir le négatif agrandi. Enfin, l’emploi de négatifs de pareilles dimensions exige des châssis énormes et un nombre de grandes cuvettes souvent très-embarrassant à placer dans le laboratoire.
163. — ARGENT DANS LES BLANCS DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER. (Phot.). V. 170, IV.
164. — BICHLORURE DE CUIVRE SENSIBLE A LA LUMIÈRE : (Grune, 1864). (Chim.). V. 176, IV.
§ 1 . Si l’on mêle une solution concentrée de protosulfate de cuivre (1368) ou vitriol bleu (1521) avec une solution de bichlorure de zinc (165, IV), il se forme un précipité blanc laiteux de bichlorure de cuivre, qui noircit à la lumière.
§ 2. En mettant les liqueurs dans une éprouvette près d’une fenêtre, le côté exposé à la lumière solaire se couvre d’un précipité noirâtre ; en retournant l’éprouvette, le même phénomène se reproduit de l’autre côté.
§ 3. Ce précipité peut s’étendre sur une feuille de papier et être impressionné sous un négatif, mais il n’est sensible qu’ autant qu’il est humide ; en séchant il perd cette propriété. L’épreuve, elle-même, s’efface à mesure qu'elle sèche, et jusqu’à présent on n'a pas trouvé encore de fixateur.