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TERRES ET DEMI-GLACES EMPLOYÉS EN PHOTOGRAPHIE

tifs employés pour cette révélation, des réductions d’argent qui détruisent en partie ou complètement la transparence du cliché.

Pour mieux faire comprendre les phénomènes dont nous venons de parler, nous allons, en quelques mots, expliquer la composition du verre, les circonstances dans lesquelles il s’altère et ce qui peut en résulter.

§ 3. Tous les verres sont des sels résultant le plus souvent de la combinaison de l’acide silicique avec deux hases, dont l’une est alcaline, telle que la soude ou la potasse, et l’autre alcalino-terreuse, comme l’alumine ou la chaux. On fabrique aussi des verres à base de plomb (1182), de soude (1339) ou de potasse (1209), tels que le flintglass (961), le strass, etc.; d’autres présentent encore des compositions plus complexes, suivant l’usage auquel on les destine. Mais, comme c’est plus spécialement sur les verres de la première catégorie (ceux à base d’alumine et de potasse ou de soude) que s’effectuent les opérations photographiques, ceux-là seulement -nous intéressent pour le moment.

§ 4. De deuxverres qui contiennent pour la même quantité d’acide silicique des quantités de bases différentes, celui qui contient le plus de base est le plus fusible êt le plus facilement altérable par l’air humide et les acides. La combinaison des bases avec l’acide silicique ne s’effectuant qu’à une température extrêmement élevée, à laquelle une partie des produits élémentaires employés est volatilisée, les verriers sont obligés de jeter dans leur creuset (431) une quantité de ces produits plus grande que celle qui est rigoureusement nécessaire. Les verres présenteront donc des compositions différentes suivant que la vitrification aura été obtenue en plus ou moins de temps. Certains verres sont plus attaquables et d’autres plus fixes, par suite de l’impossibilité de faire un dosage exact pour arriver à produire un verre d’une composition déterminée.

§ 5. Lorsqu’un verre de l’espèce de ceux qui nous occupent est altéré par l’humidité, il se décompose en un silicate alcalin, qui se dissout, et en un silicate alcalino-terreux, qui reste déposé à la surface sous la forme d’une poudre blanche qui affaiblit très-sensiblement la transparence de la matière. Cette poudre, après un certain temps, adhère fortement au verre, et on ne peut l’en séparer qu’en partie par les lavages et le polissage ordinaires.

Après une immersion prolongée dans l’acide nitrique étendu d’eau, la silice se précipite, il est vrai, sous la forme d’une pâte d’un aspect bleuâtre, mais une quantité notable est retenue par les cavités qui se sont formées lors de la décomposition des molécules vitreuses, cette décomposition ne s’effectuant pas évidemment d’une manière uniforme et à une profondeur constante. Il est facile de comprendre que les polissages à l’alcool (68), au tripoli (1435) et avec tous les autres corps usités dans la photographie sont tout-à-fait impuissants à enlever les détritus dont nous parlons. Il faut, pour y parvenir, le se-

cours d’une machine puissante qui enlève à la fois les rugosités du verre et les matières étrangères que recèlent ces rugosités.

§ 6. Tous les traités de photographie indiquent d’excellents procédés pour nettoyer les verres, mais ceux-là seulement qui n’en ont que médiocrement besoin. Aucun ne parle, que nous sachions, des verres qu’il est impossible d’utiliser en les polissant par les procédés ordinaires. Combien d'opérateurs perdent leur temps à un travail très-fatigant et parfaitement inutile. C’est donc rendre service à tous que leur faire toucher du doigt, pour ainsi dire, le véritable écueil du nettoyage des verres les plus communément employés. Il est donc évident que les verres affectés de ces dépôts doivent être, ou mis au rebut, ou repolis dans la fabrique au moyen d’une machine puissante qui enlève non-seulement les impuretés, mais ramène toute la surface à une planimétrie absolue.

§ 7. A ce sujet, nous dirons que la glace présente sur le verre cet important avantage, savoir : que sa surface est dressée et rendue parfaitement plane, en sorte que toutes ses parties se trouvent exactement dans le même lieu que les parties correspondantes de la glace dépolie. Si donc on veut obtenir des clichés d’une finesse et d’une netteté irréprochables, il y aura à se servir au moins des demi-glaces, c'est-à-dire des verres fins, polis et redressés d’un côté.

159. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER, Chaux et Soude (Etude sur le). {Phot.). Y. 123, III — 100, IV.

§ 1 . L’objet des différentes additions de corps alcalins au chlorure d'or, est de produire une certaine décomposition qui détruise la faible combinaison existant entre l’or (1025) et le chlore (252), de manière que le premier puisse se déposer sur les épreuves. Si cette décomposition était effectuée sans la présence d’une autre base pour laquelle le chlore libre ait de raffinité, ce corps libre attaquerait l’argent des épreuves avec une grande énergie et leur communiquerait un aspect farineux en même temps qu’un affaiblissement excessif de l’image.

§ 2. Si, au contraire, la soude (1339 ter) ou un sel semblable se rencontre dans la solution, le chlore se combine avec lui; et quoique, en vertu de son affinité plus grande pour l’argent, il se combine probablement dans une certaine mesure avec ce dernier, son action est mitigée et régularisée.

Une solution de chlorure d’or parfaitement neutralisée par le carbonate de soude, serait trop promptement décomposée et ne pourrait se conserver sans la présence du chlore libre (252). Par conséquent, une solution de chlorure d’or neutralisée par l'addition de chaux chlorurée se pourra conserver.

§ 3. L’addition de l’acétate de soude (14) et des autres sels semblables produit doucement la décomposition demandée, par l’acide fort qui accompagne l’or, et déplace l’acide acétique (19) plus faible

en la laissant dans la solution avec ce chlorure d'or neutralisé en totalité ou en partie.

§ 4. Comme la couleur des épreuves dépend de la quantité des molécules d'or, et comme cette quantité est fortement influencée par le mode et la rapidité de la réduction, on peut produire des effets différents par l’addition de sels variés et par la proportion dans laquelle on les ajoute.

La méthode qui consiste à ajouter du carbonate de soude au chlorure d’or est bonne, mais produit quelquefois des résultats défectueux quand le bain est employé trop tôt, et si la solution est trop concentrée. Indiquer l’accident, c’est en rendre facile le remède.

160. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER PAR LE CHLORURE DE CHAUX ET L'ACÉTATE DE SOUDE : (Parkinson, 1863). (Phot.)

§ 1 . Les différents bains vireurs à base de chaux ont la réputation de procurer très-aisément des tons noirs, mais d’offrir beaucoup de difficultés pour obtenir dans ce travail une belle teinte sans voile et sans aspect farineux. Il paraît démontré que cet accident provient toujours du chlore libre. Deux remèdes se présentent alors : réduire la quantité de chîore libre (252) ou laisser davantage vieillir le bain avant de s'en servir.

§ 2. On peut employer la méthode suivante qui donne de très-

bons résultats.

On met dans un flacon :

Chlorure de chaux (268) 3 gr.

Acétate de soude (14) 8

Carbonate de chaux (208) 8

Eau distillée . 100

On prend alors :

De cette solution 5 gr.

Chlorure d’or 0.25

§ 3. On fait ce mélange le matin pour s’en servir 5 ou 6 heures après; on peut cependant le conserver plus longtemps, mais généralement il vaut mieux s’en servir ainsi.

Le papier sera mis à flotter 5' sur un bain de :

Nitrate d’argent (983)> 15 gr.

Eau distillée 160

légèrement acidulé par l’acide acétique (19).

§ 4. On aura soin que les épreuves soient tirées un peu fort, lavées avec soin dans plusieurs eaux, et fixées dans une solution d’hyposulfite de soude à peu près saturée.

§ 5. On met toutes les épreuves ensemble à virer dans le bain; et 1 litre peut colorer 150 cartes de visite.

Il faut remarquer que quand on conservera une solution de chlo-

virage des épreuves positives sur papier.

*ure de chaux, pendant un certain temps, dans un vase non hermétiquement fermé, elle changera graduellement de caractère : l’acide carbonique (211) sera absorbé de l'air, et du carbonate de chaux (208) se précipitera, mais ce fait ne nuira pas sensiblement au virage.

161. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES sur Papier par les sels de chaux : (S. Miller, 1863). ( Phot .). V. 242, III — 160, IV.

§ 1 . Le nouveau moyen de faire le virage des épreuves positives est né de l’observation du peu de permanence qu’offrent les bains dans lesquels l’or est neutralisé au moyen du carbonate de soude (209 ter) seul, sans addition subséquente et utile d’un autre sel de soude.

Voici la méthode pour composer et diriger le bain de virage nouveau.

On commence par faire une solution saturée de chaux :

Eau 300 c. c.

Chaux chlorée du commerce (268) 45 gr.

ce qui donne une solution qui contient environ 0gr.90c. de chaux par 100 d’eau. Le flacon dans lequel on serre ce liquide doit être étiqueté : solution de chaux.

§ 2. Dans un second flacon, on fait la solution suivante :

Eau * 300 gr.

Chlorure d’or du commerce peu acide <273). 5,80

Carbonate de chaux (208) finement pulvérisé, craie ordinaire 5.80

Ce mélange est bien secoué et laissé au repos pendant 30'; alors on lui ajoute 200 gr. de la solution première de chaux, ce qui représente environ 5gr.80 de chaux. On filtre le tout, et l’on obtient une solution à réaction alcaline marquée. Aucune partie de l'or n’est précipitée, et le calcium (200) en présence, n’a rien changé à la couleur ambrée de la liqueur qui cependant ne forme pas encore le bain vireur. On étiquette le flacon qui la contient ; solution d’or et de chaux .

§ 3. On mélange alors :

Eau 300 gr.

Solution d’or et de chaux 2.50

ceci est le liquide-type, contenant :

Chlorure d’or (273) 2.50

Carbonate de chaux (208) 2.50

Chlorure de chaux (268) 2.50

Eau 450 gr.

Peut-être une plus grande quantité d’eau serait-elle préférable, car ce bain type est très-actif; si l'on y ajoute de l’eau, cette solution devient entièrement incolore, claire et transparente, sans dépôt ni précipité.

§ 4. On garde donc de côté, 150 gr. de la solution dfor et de chaux qui serviront au moment utile, quand le bain devenant faible par

l’usage, on lui ajoutera 100 ou 200 gr. de cette liqueur pour le ramener à la force du bain-type.

§ 5. Les épreuves positives doivent être soigneusement lavées avant d’être soumises au bain de virage, où elles se colorent vite, plus vite qu’avec les bains à la soude (1339). Ce virage ne doit pas faire descendre les épreuves : ce sera l’affaire du fixage, qui se fera dans l’hyposulfite (795) neuf, et sera suivi des bains de lavage ordinaires et nécessaires.

§ 6. Le bain, fait dans de semblables conditions, peut servir pendant 5 à 6 semaines sans altération : le seul soin à prendre consiste à le renfermer, ainsi que les substances chlorées composantes, dans des flacons parfaitement bouchés, afin que le chlore en se dégageant n’affaiblisse point l’action du mélange.

11 serait à désirer qu’au lieu de chaux chloïée du commerce qui sert dans la première formule ci-dessus, on pût faire un produit plus pur et plus parfait, surtout entièrement soluble dans l’eau et qui pourrait contenir plus de chlore et le retenir plus longtemps. Il se forme cependant du chlorure de calcium (267) dans le bain, mais il est produit par l’acide libre du chlorure d’or dont une petite partie se combine au carbonate d§ chaux, l’or retenant la plus grande partie du chlore, sans quoi la précipitation aurait lieu.

§ 7. 11 se forme également du chlorure de calcium quand le chlorure de chaux s’échappe. On ne peut donner exactement la quantité juste de ce chlorure de chaux qu’il faut ajouter au carbonate qui de lui-même, est capable de donner une alcalinité suffisante, mais son emploi est utile, et le surcroît de chlore ajouté au chlorure d’or a une grande influence sur la vigueur du bain et la beauté des épreuves.

§ 8. Il faut surtout éviter que des portions de bain fixateur ne soient accidentellement projetées dans le bain vireur, ce qui le décomposerait inévitablement en précipitant l’or. Il faut également craindre d’en emporter aux doigts, ce qui produit le même effet. Si ce malheur arrive, il ne faut pas hésiter à sacrifier le bain.

DE

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