ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER SALÉ AU CHLORURE D'OR
§ 7. Dans ce bain, l’image monte peu à peu de ton, en passant successivement du rouge au violet, puis au bleu et au noir. On arrête au point que l’on désire, et l’on finit en lavant dans de l’eau acidulée et enfin dans de beau pure.
§ 8. Les beaux tons violets s’obtiennent en laissant les épreuves dans la solution ci-dessus, jusqu'à ce qu’elles y soient devenues d’un noir verdâtre. On les lave alors légèrement à l’eau, puis on les fait flotter un moment sur une solution étendue de sous-acétate de plomb (1345).
§ 9. On donne à ces épreuves le lustre du papier albuminé en les séchant d’abord, puis les faisant flotter sur une solution d’albumine que l’on coagule ensuite par la chaleur.
§ 10. On peut expliquer ainsi qu’il suit les réactions qui donnent naissance à ces épreuves : sur le papier se trouvent du sesquichlorure de fer Fe2 Cl3 et un excès de bichlorure de cuivre Cu Cl ; la lumière, à travers le cliché, réduit le sesquichlorure Fe2 Cl3 en protochlorure FeCl, tandis que le sel de cuivre demeure inaltéré.
Si la feuille, après l’insolation, est maintenue dans un milieu sec, l'image subsiste; mais si elle est portée dans une atmosphère humide, le protochlorure de fer Fe Cl attire et décompose l’humidité de manière à reformer du sesquichlorure Fe2Cl3 en même temps que du protochlorure de cuivre Cu2 Cl. Si la feuille, alors que la réaction est commencée, n’est pas immédiatement soumise au sulfocyanure, le protochlorure de cuivre Cu2 Cl repasse au maximum Cu Cl, et le papier, de nouveau insensible, peut recevoir une nouvelle image.
§11. Si, au contraire, pendant que FeCl et Cu2 Cl sont en présence, on plonge l’épreuve dans le sulfocyanure de potassium, on a un précipité de sulfocyanure de cuivre sur les parties réduites, tandis que sur les parties intactes, il se forme du sulfocyanide de cuivre qui se dissout dans le sulfocyanure de potassium en excès, et se décompose au contact de l’eau en donnant du sulfocyanure de cuivre insoluble, qui se dépose sur les parties déjà recouvertes de ce sel.
§ 12. On peut aussi, au sortir du lavage, virer les épreuves en brun dans une solution ammoniacale de permanganate de potasse (60,
ni).
On peut encore les passer sur une solution faible d’azotate d’argent (983). La pose doit être très-courte. L’addition des acides modifie la coloration. En lavant ensuite dans de l’eau contenant un peu d’oxalate d’ammoniaque (34, III), l'image se fixe et prend un ton velouté fort agréable.
177. — ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER SALÉ AU CHLORURE D'OR : (Hennah, 1864). ( Phot .)
§ 1 . Avant tout, il faut faire choix d’un papier fort et de très-bonne fabrication, car il doit pouvoir subir l’action prolongée de l’eau bouillante.