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ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER SALÉ AU CHLORURE D'OR

On place sur le bain suivant le papier choisi, jusqti'â ce qu’il soit parfaitement imprégné, ce qui peut varier entre 2' et 30', suivant la

qualité, l’encollage et l’épaisseur :

Chlorure d’or (273) 3 gr.

Chlorure d’ammonium (261) 7

Eau distillée ' . . . . 600

§ 2. On relève alors la feuille, que l’on soumet à une rapide dessiccation partielle, soit devant le feu, soit dans une pièce chaude, en ayant soin de ne pas dessécher absolument le papier, car il doit être mis moite ou légèrement humide sur le bain sensibilisateur.

Ce papier peut se garder ainsi 12 heures dans un endroit non éclairé, mais il vaut mieux le sensibiliser de suite, parce que le sel d’or, inclus dans la feuille, s’y décompose facilement sous l'action du temps et de la lumière, et le papier devient incapable de donner une bonne épreuve.

§ 3. Bain sensibilisateur. Dans :

Eau distillée 450 c.c.

on dissout :

Nitrate d’argent (983) 75 gr.

puis on convertit cette solution en ammonio-nitrate (93) en lui ajoutant, avec précaution, de l’ammoniaque concentrée (91), jusqu’à ce que le précipité formé d’abord se redissolve. On ajoute alors de l’eau distillée, de façon que la solution représente un volume de 600 c.c.

On laisse la feuille en contact avec ce bain, de 1' à 3', suivant la température et la qualité du papier, puis on sèche rapidement et à fond devant le feu ou dans un endroit chaud, et ce papier peut se conserver bon, en hiver, 3 ou 4 jours, en été et pendant les jours humides, beaucoup moins. Plus on l’emploie récent, meilleur il est.

L’application de l’ammoniaque au bain d'argent doit se faire avec attention : trop, donne des épreuves grises et voilées; pas assez, pro-

duit des images dures et bronzées.

§ 4. Bain fixateur :

Hyposulfite de soude (795) 150 gr.

Iodure d’argent (837) 1

et quand tout est dissous, on ajoute :

Bain ammonionitraté, § 3 30 c.c.

Ce mélange est bon dès qu’il est fait, mais devient meilleur après avoir fixé un certain nombre d’épreuves. Il ne faut jamais le jeter, mais remplacer, chaque fois qu’on s’en sert, la quantité qui a disparu par une quantité égale de bain neuf. Rien de plus facile en le renfermant toujours dans le même vase, et l’expérience a démontré que la quantité de bain absorbée par le fixage suffit pour renouveler le liquide et le maintenir en bon état.

Ce bain sent fortement l’ammoniaque, et si, après être resté long-

GALERIE VITRÉE

temps sans servir, cette odeur a disparu, il faut ajouter une certaine quantité de cet alcali.

§ 5. En sortant du châssis, où elles doivent être un peu tirées fortement, les épreuves sont plongées dans ce bain, sans lavage préalable ; elles y restent 1 heure. On les relève alors, on les fait égoutter, puis on les couche, une par une, dans une cuvette où on les recouvre d’eau bouillante. Au bout de 5', on fait écouler le liquide et on remplit de nouveau d’eau à la même température, que l’on renouvelle enfin une troisième fois.

On termine par des lavages à l’eau ordinaire; mais les épreuves, complètement désencollées par ces lavages bouillants, sont extrêmement tendres et doivent être maniées avec précaution. Il est même bon, pour les sécher, de les soutenir sur des baguettes de verre.

§ 6. Quand elles sont sèches, on les met, la face en dessous, sur un cahier de papier buvard, et on les soumet à Faction d’un fer aussi chaud que possible, sans griller le papier. Ce traitement décèle immédiatement toute partie de l’image qui ne serait pas absolument et invariablement fixée.

§ 7. Avec le papier de Saxe, on peut employer le bain d’hyposulfite § 4, avec 0sr.50 seulement d’iodure d’argent, et réduire l’or du bain § 1 à 2 gr. ou 2sr.50 au plus.

178. — GALERIE VITRÉE. (Aménagement de la Lumière.) : (W. Simpson, 1864). ÇPhot.). Y. 720—285—289 — 350,111.

§ 1. Avant d’aborder le sujet que nous devons étudier, il faut poser deux ou trois propositions préliminaires :

1° Toute lumière directe ou réfléchie qui entre dans la galerie doit éclairer le modèle, le fond et ses accessoires, en un mot tous les objets à reproduire dans l’épreuve, et pas autre chose.

2° Aucune lumière directe ou réfléchie ne doit entrer dans la chambre noire, excepté celle qui vient des objets éclairés dont on veut faire épreuve.

3° Comme la lumière marche toujours en ligne droite, et que cellelà seule qui tombe à angle droit sur les verres passe entièrement, toute autre étant plus ou moins exclue par réflexion, il s’ensuit que la plus grande partie de la lumière qui entre dans la galerie ne peut pas atteindre le modèle, mais passant à travers les verres dans la por-

GALERIE VITRÉE

tion de la galerie qui lui est opposée, est seulement réfléchie alors dans toutes les directions possibles.

§ 2. Pour revenir à la première proposition, remarquons que si une galerie a un toit de verre plat, la plus grande partie de la lumière viendra éclairer le plancher juste au-dessous de l’ouverture pour être de là réfléchie dans différentes directions. Les galeries photographiques ne sont pas faites avec des toits plats en verre, et ainsi évitent le danger de dissiper la lumière et de s’entourer de réflexions gênantes provenant de ce défaut; mais comme une assez grande quantité de la lumière passe, tombant perpendiculairement sur les verres de dessus et arrive au modèle, il s’ensuit qu’on en a une quantité suffisante.

§ 3., Mais la plupart des ateliers photographiques sont construits sous forme rectangulaire ayant leurs côtés parallèles quand même ils n’ont pas de toits plats. La majeure partie de la lumière entrant donc par les ouvertures de côté, passe directement vers le côté opposé de la pièce, et si ce côté est lui-même une fenêtre, une partie de la lumière sort inutile et l'autre seulement est refléchie. Si le côté opposé n’a pas d’ouverture, elle est partiellement absorbée et partiellement réfléchie suivant la nature de la surface sur laquelle elle tombe. Cette lumière réfléchie peut frapper le modèle, mais sans doute aussi, elle frappe l’objectif et entre dans la chambre noire et y détourne la pureté des ombres de l’épreuve.

§ 4. La valeur du dommage causé par la présence de la lumière directe ou réfléchie sur les ombres, ne peut pas s’estimer facilement, surtout avec une surface sensible aussi' impressionnable que celle que donne le collodion brômo-ioduré, et le développement au fer qui rend apparente toute réduction lumineuse de quelque source qu’elle vienne. Dans cette classe de négatifs surtout, la transparence absolue des ombres est une conséquence vitale.

Il existe pourtant certains cas où l’on a considéré comme utile l’action sur la plaque sensible, d’une faible quantité de lumière diffuse. Certains opérateurs en faisaient une ficelle secrète pour obtenir, sur plaque daguerrienne, les portraits instantanés des enfants, et avant de la mettre à la chambre noire, ils exposaient un instant la plaque sensibilisée à la lumière diffuse et, avec cette ficelle, obtenaient un certain résultat. Il se produit ainsi une épreuve très-délicatement voilée, sans noirs et manquant de reliefs et de vigueur, mais assez en rapport avec le caractère enfantin du modèle.

§ 5. Il a même été proposé dans un temps, et cela par un savant, de blanchir l'intérieur de la chambre noire pour diminuer le temps de pose. Mais le plus grand novice sait à présent, quand il se sert des procédés au collodion, l’importance de conserver les ombres de son image intense et sans aucun dépôt, et les meilleurs opérateurs sont d’accord que pour arriver à ce résultat, il faut se garder de toute lumière diffuse ou réfléchie qui pourrait entrer dans la chambre noire.

GALERIE VITRÉE

Aussi a-t-on cherché un grand nombre d’arrangements pour arriver à ce résultat : cabinets noirs ou tentes dans lesquelles on renferme la chambre noire , larges écrans se projetant en avant ou boîtes noires devant l’objectif, diaphragmes couverts de velours noir mis dans la chambre noire entre l’objectif et la glace sensibilisée, etc. Tout a été essayé et avec beaucoup dè succès.

§ 6. Mais d’autres difficultés naissent de la lumière inutile que ces arrangements n’empêchent pas. On n’a peut-être pas assez tenu compte de la multitude, de l’incertitude et de l’irrégularité des plus légères réflexions de la lumière sur le modèle, et cependant la plupart du temps elles sont nuisibles. Enfin, un des inconvénients les plus sérieux, surtout dans les grandes villes, est celui d’être obligé de travailler dans une atmosphère contenant d’une manière appréciable de la fumée, des brouillards, de l’humidité. Tout cela réfléchit la lumière, et si une grande quantité de lumière inutile entre dans la pièce, cette fumée, ce brouillard, ou cette humidité dans la pièce réfléchit également une grande quantité de lumière, et rend ainsi impossible d’avoir des ombres absolument pures et des épreuves brillantes et parfaitement nettes. Cette masse d’atmosphère éclairée est surtout désastreuse quand on emploie des objectifs à long foyer pour obtenir des cartes de visite : aussi, dans beaucoup d’endroits, les photographes habiles, quand l’atmosphère n’est pas pure, se servent d’objectifs à court foyer et n’ont ainsi, entre le modèle et l’objectif, qu’une beaucoup plus petite masse d’atmosphère réfléchissant la lumière.

§ 7. Nous allons proposer un arrangement très-simple qui évite la plus grande partie des inconvénients. Supposons une galerie rectangulaire comme elles le sont ordinairement, le deux extrémités opaques, et présentant une partie vitrée de chaque côté.

Fig. 365.

Les parties A B, a 6, sont en verre, le reste est opaque : quant au toit, nous en parlerons plus loin*

Le fond est représenté par la ligne de , le modèle étant placé enE

LABORATOIRE PORTATIF

et la chambre noire en F. Les lignes ponctuées dF, cF délimitent les côtés dn cône qui vient des objets que doit reproduire l’épreuve dans la chambre noire F. Maintenant les lignes g b, G B, indiquent la position d’une couple d’écrans placés de manière à exclure de la galerie tout- à-fait ou en partie, les rayons de lumière qui ne frappent pas sur le modèle. Ces écrans doivent être noirs sur le côté qui regarde la chambre noire, qui se trouve ainsi placée dans un grand espace obscur à peu près, ne recevant de lumière que celle que réfléchissent les objets à reproduire.

Les côtés opposés de chaque écran seront blancs et aideront souvent à éclairer par réflexion le fond, etc.; ces écrans reposent sur des roulettes qui permettent de les mouvoir aisément, de manière que leur inclinaison vers le centre puisse varier suivant les circonstances.

§ 8. S’il faut faire un groupe, on les repoussera un peu plus en dehors, et quand on n’a qu’un personnage seul à faire ou quand l’objectif dont on se sert a un court foyer, on les pousse presque jusqu’à ce qu’ils se touchent. La position qu’ils doivent occuper est toujours très-facile à déterminer en observant que, comme ils doivent former la bordure de l’épreuve à faire, ils donnent leur image sur les bords de la glace.

Ils peuvent ou non être fixés à l’extrémité B et 6 suivant ce que l’on trouve plus commode.

§ 9. Quant au toit, on peut adopter un arrangement semblable, un châssis couvert en dessous d’étoffe noire, et en dessus d'étoffe blanche peut être attaché au toit de la galerie par des charnières et à l’autre extrémité par une corde passant sur une poulie permettant de le mettre dans la position d’obliquité nécessaire pour rendre le même service que les écrans latéraux.

179.— LABORATOIRE PORTATIF : (Cn. Waldack et L. Deltenre, 1864). (j Vhot .). Y. 862 bis — 254, III — 147, IY.

§ 1 . L’emploi de tentes ou de cabinets obscurs de diverses formes pour la photographie en plein air présente des inconvénients tels, que la pratique de cet art, au lieu d’être un amusement, devient pour l’amateur une véritable corvée.

LABORATOIRE PORTATIF

En effet, les tentes en usage sont d’un poids et d’un volume trop considérable pour se transporter facilement ; elles demandent beaucoup de temps pour être dressées ou repliées, et, de plus, elles sont d’un prix fort élevé. Ajoutons aussi qu’au moindre vent, l’extension de la couche de collodion devient très-difficile, et que le cliché obtenu dans ces circonstances est le plus souvent criblé de petits trous provenant de la poussière ou de grains de sable.

L’usage des tentes commence, par suite de ces divers inconvénients , a être abandonné, et l’on emploie en place des laboratoires dans lesquels les opérations se font à l’abri du vent et de la poussière.

§ 2. Les divers laboratoires proposés peuvent être divisés en deux classes : 1° ceux dans lesquels on introduit les bras et la tête ; 2° ceux dans lesquels on introduit les bras seulement, examinant les opérations qui se font à l’intérieur à travers un verre orange qui arrête le passage des rayons photogéniques.

Les premiers de ces laboratoires, parmi lesquels nous citerons celui de Rouch, présentent de nouveau ce grave inconvénient, que l’opérateur y est gêné par la chaleur et le manque d’air.

Les seconds, de leur côté, ne permettent pas le plus souvent de conduire avec aisance les manipulations photographiques, par suite de la gêne que communique au mouvement la direction des manches dans lesquelles on passe les bras.

§ 3. Le laboratoire que nous décrivons ici, ne présente aucun des inconvénients des autres. 11 permet la liberté, des mouvements et les opérations sont conduites de l’intérieur.

La fig. 366 en donne une idée bien exacte.

Le laboratoire replié se compose d’une caisse en bois soutenue par

LABORATOIRE PORTATIF

un trépied fort léger. La toile est attachée d’un côté à la partie supérieure de la caisse, et de l’autre à la partie de derrière, qui se rabat à angle droit pour former table.

L'étoffe est tenue raide par un fil de cuivre et est munie de manches. Sur la partie retombant à angle droit est cloué un fond de caoutchouc vulcanisé muni d’un tube pour l’écoulement des liquides. Au côté opposé se trouve une porte qui, dans le dessin, est représentée ouverte. La lumière entre par un verre orange enchâssé dans le toit du laboratoire ainsi que dans la porte, et est projetée sur le fond en caoutchouc qui garnit la table où se fait le collodionnage et le développement.

§ 4. Les opérations sont examinées à travers un carreau jaune fixé dans la toile. Le bain (vertical) se trouve dans. le fond du laboratoire, dans une position inclinée vers l’opérateur. Dans ce même fond se trouvent disposés les flacons de collodion, de développateur, etc.

§ 5. Pour se servir de ce laboratoire, l'opérateur introduit ses bras dans les manches et se couvre la tête d’une toile noire de la même manière qu’en mettant au foyer.

La glace ayant été introduite d’avance par la porte que nous avons mentionnée plus haut, il procède au collodionnage et à la sensibilisation, etc. Ses opérations finies, il met la plaque dans le châssis, qu’on a toujours soin de replacer dans la caisse après s’en être servi. Le châssis est alors retiré de la caisse par la porte et exposé à la lumière. Le développement se fait comme le collodionnage. La teinte blanchâtre du caoutchouc qui recouvre la table permet de juger de l’intensité du cliché, et s’il le faut, le renforcement se fait immédiatement après. L’eau qu’il est nécessaire d’employer peut être amenée dans le laboratoire par un tube en caoutchouc attaché à un sac de la même matière, qui sert de réservoir et pend à l’extérieur. L’orifice du tube est fermé au moyen d’une pince américaine.

§ 6. L’idée première de ce laboratoire appartient à M. Culeman- Seller, de Philadelphie. Des changements et améliorations notables y ont été apportés par MM. Ch. Waldack et L. Deltenre, qui, au moyen d’ingénieux perfectionnements, en ont fait un vade mecurn indispensable au photographe-touriste, tant pour les opérations au collodion humide que pour le procédé au collodion sec, dans lequel on pourra s’assurer sur le lieu même de la réussite de l’image au moyen du développement. On pourra en tirer un excellent parti pour faire des portraits à domicile, en emportant avec soi dans un petit espace, le matériel et les produits nécessaires pour opérer.

Ce laboratoire léger, commodç, portatif, économique, ne tardera pas à se trouver bientôt entre les mains de tous les photographes et amateurs, auxquels il rendra dé véritables services.

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