‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 129 sur 193 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

DEUXIÈME ANNÉE

182. — AFFAIBLISSEMENT DES NÉGATIFS SUR VERRE TROP VIGOU- REUX. (. Vhot .). V. 186, IV, § 6.

183. — AGRANDISSEMENTS. Appareil dialytique. {Opt.). Y. 184, IV.

184. — APPAREIL DIALYTIQUE POUR AGRANDISSEMENTS : (Van Monckhoyen, 1864). {Opt.). V. 33 — 272,111— 101 — 102 — 162, IV.

§ 1 . On connaît la chambre solaire de Woodward. Un réflecteur AB (fig« 367) renvoie les rayons solaires rr sur une grande lentille CI,

qui les réunit à son foyer E, où se trouve un objectif achromatique simple ou double. Le cliché DH est traversé par les rayons solaires, et son image agrandie se projette sur la surface photographique F G. N° 10. Octobre 1864. 20

APPAREIL D1ALYTIQUE POUR AGRANDISSEMENTS

§ 2. Cependant cet appareil n’est pas parfait. D’abord, la lentille CI n’est pas achromatique et le cercle de la lumière F G est bordé de couleurs; secondement, cette lentille possède une très-forte aberration de sphéricité. Voyons séparément l’effet de ces deux aberrations.

Limage d’un point blanc A (fig. 368) (situé à une grande distance d’une lentille convergente A et sur son axe), qui se forme à son foyer principal R, manque de netteté parce qu’elle est entourée d’une, auréole violette. En V, plus près de la lentille, cette image sera entourée

d’une auréole rouge. C’est que la réfraction est accompagnée de' décomposition, et que le foyer V des rayons violets est plus rapproché de la lentille que le foyer R des rayons rouges. Mais une surface photographique placée en V donnerait une image nette du point A malgré l’auréole de rayons rouges qui l’entoure, parce qu’elle n’est sensible qu’à l’ordre de couleurs (violet, bleu) qui a là son foyer. C’est donc comme si le point blanc A n’émettait que des rayons violets. Le condensateur de l’appareil de Woodward ne doit donc pas être achromatique, car le soleil n’agit que par les rayons bleus et violets qu’il contient, et l’appareil est aveugle pour tous les autres.

§ 3. Voyons maintenant l’effet de l’aberration de sphéricité : Quand des rayons lumineux émanés d’un point éloigné, du soleil par exemple, tombent perpendiculairement sur une lentille biconvexe L (fig. 369), le foyer f* des rayons extrêmes rr est plus rapproché de

la lentille que celui f des rayons centraux rV. On peut bien donner à cette lentille des courbures telles, que cette aberration soit réduite au minimum, mais pas telles, qu’elle soit détruite complètement, surtout, comme, c’est le cas ici, quand le diamètre de la lentille est seulement de la moitié ou du tiers de sa distance focale.

§ 4. Servons-nous d’une pareille lentille, comme le faisait M. Woodward, et nous remarquerons tout d’abord que le champ d’éclairage est très-inégal, car les bords du cliché sont beaucoup plus éclairés que le centre, et comme ces bords sont colorés par de la lumière rouge provenant de l’aberration chromatique, ce sont ceux-là précisément qu’on laisse tomber en dehors de la surface photographique. On perd donc ainsi en grande partie le bénéfice de l’usage d’une grande lentille comme concentrateur de lumière. Mais cette aberration a une conséquence plus funeste. Soit L (fig. 370) le condensateur, et considérons dans un même plan passant par l’axe MN deux faisceaux de rayons solaires, l’un r qui tombe sur ses bords, l’autre r’ sur sa partie centrale. La petite lentille E est placée au foyer principal de la grande.

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Or, il est visible que les rayons r tombent en convergeant sur la lentille E, et les. rayons r’ en divergeant.

Remarquons, en outre, qu’un même point a du cliché DH à agrandir, situé sur les bords du cliché, est traversé par deux faisceaux, l’un provenant du centre du condensateur, l’autre des bords. La lentille E agit donc, non pas par un point de sa surface, mais par deux, d’ailleurs très-distants, pour former l’image a’ sur l’écran F G : aussi cette image est-elle trouble, parce que les faisceaux émergents qui se rencontrent en a’ ne concordent point. Un diaphragme placé en avant de la lentille E éloigne les rayons qui arrivent des bords de la lentille L, mais c’est seulement comme si celle-ci était réduite à sa partie centrale, et l’on n’a plus qu’une lumière insuffisante pour imprimer le cliché.

§ 5. Quand le condensateur L (fig. 370) n’a que 7 ou 8 pouces de diamètre (20 à 22 cent.), que l’on place la lentille E au foyer des . rayons extrêmes, en DH par conséquent, que de plus le cliché n’est pas inférieur à 6 ou 7 centimètres de côté, alors l’aberration de sphéricité ne trouble pas beaucoup la netteté de l’image, mais l’agrandissement dure plusieurs heures à cause de l’insuffisance de la lumière. Mais dès qu’on se sert de condensateurs de 12 pouces (33 cent.) et au-delà, alors l’aberration sphérique devient considérable, surtout si le cliché n’est pas plus grand qu’une carte de visite, ce qui est précisément la dimension la plus favorable pour avoir un cliché net.

§ 6. Le nouvel appareil que nous avons l’honneur de soumettre à la Société est exempt des défauts mentionnés plus haut. Il s’installe aisément dans une chambre obscurcie de 4 à 3 mètres de long, dont une des fenêtres est exposée à peu près au sud, ainsi que le représente la figure 375. En voici la description :

La figure 371 montre le miroir, monté entièrement en fer, que l’on fixe dans le volet de la chambre. A l’aide de la manivelle G et du pignon F, on lui donne une position telle, que le faisceau de rayons

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solaires se réfléchisse horizontalement sur le condensateur de la chambre solaire. Le maniement de ce miroir est très-commode, et

Fig. 371

il suffit de lui imprimer un mouvement de vingt en vingt secondes pour tenir les rayons réfléchis dans une direction constante.

§ 7. Les figures 372 et 373 représentent la chambre solaire proprement dite; la figure 372 nous la montre avec ses parois enlevées, afin que Ton juge mieux de sa disposition intérieure, et la figure 373 nous fait voir la marche des rayons à travers les lentilles. Les mêmes lettres désignent les mêmes parties.

§ 8. La lentille AB est le condensateur qui varie de diamètre avec la puissance de l’appareil. Ses courbures sont telles, que son aberration sphérique est réduite au minimum. A une distance de cette lentille égale à son diamètre se trouve une seconde lentille très-mince, afin qu’elle n'absorbe pas de lumière (sa forme est un ménisque divergent), et qui a pour but d'enlever complètement l’aberration sphé-

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rique du système entier (1). Il en résulte d’abord que le champ d’éclairage, au lieu d’être plus puissant sur les bords du cliché qu’au centre, comme cela a lieu dans les anciens appareils, est maintenant parfaitement uniforme sur toute la surface du cliché ; secondement.

qu’un point donné des bords du cliché est traversé par un rayon lumineux unique émané du bord du système éclairant, ce qui n’a pas lieu non plus dans les anciens appareils, et c’est précisément ici la cause de la grande finesse sur les bords aussi bien qu’au centre des épreuves agrandies produites par l’appareil dialytique.

Le cliché HI est coupé de manière à n’en laisser subsister que la partie destinée à être agrandie, et placé dans le cône des rayons solaires. Jusqu’ici, tous les clichés cassaient par l’énorme chaleur qui se concentrait sur la partie centrale seulement du cliché, dont les bords restaient dans l’ombre. Par l’adoption de la disposition représentée fig. 374, aucun cliché ne casse.

Ce cliché peut être d’une dimension quelconque, et l’agrandissement sur une feuille au chlorure d’argent d’un format déterminé dure toujours le même temps.

Ainsi, vous avez un cliché 1/4, 1/3, ou carte de visite : vous voulez agrandir seu-

Fig. 374.

lement le buste en grandeur naturelle sur une double feuille de

(1) Voici les données numériques du système, exprimées en fonction du demi-diamètre

de la lentille AB.

surface R — 2,645 4 Épaisseur au centre, 0,196 ;

2e surface R/ = 21,639 3 Distance focale, 4,0150;

3e surface R" = 1,083 ) . .

4e surface W =* 1,234 1 Epaisseur sur les bords, 0,067 ;

Distance des deux lentilles, 2,0075 ; Distance focale de l’ensemble, 4,617 ; Indice de réfraction = 1,543; Expression de l'aberration, + 0,001.

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1 mètre, ou vous voulez agrandir tout l’individu en pied sur la même feuille : l'agrandissement durera le même temps.

§ 9. Les objectifs sont d’une construction particulière et munis de diaphragmes centraux ou postérieurs qui éloignent la lumière diffuse tout en n’enlevant rien de la lumière émanée du concentrateur. C’est la raison du brillant et du relief des agrandissements obtenus par l’appareil dialytique. Ces objectifs sont mobiles et permettent d’agrandir tout cliché compris entre le 1 /3 et la moitié dô la carte de visite aussi bien sur papier albuminé, salé, etc., que sur collodion. On peut d’ailleurs joindre à l’appareil des objectifs spéciaux qui permettraient d’agrandir des clichés 1/2, 1/1, etc., et toujours avec la même vitesse et la même perfection

Fig. 375.

La figure 375 montre la disposition générale de l’appareil. Dans une fenêtre blindée A se place le réflecteur B. La chambre solaire dialytique C se place sur un pied D. L’image agrandie se forme en LM. La distance qui sépare la chambre solaire du châssis est de 3 mètres pour des feuilles de lm.20 de haut, de 2 mètres pour des feuilles de 90 centimètres et de lm.10 environ pour des feuilles de 40 sur 50 centimètres.

§ 10. Avec un appareil dont la lentille collectrice a 19 pouces de diamètre, on obtient un agrandissement sur papier albumine ordinaire de 45 centimètres sur 57 en 12 à 15'. On peut donc produire un nombre considérable de ces épreuves par jour, sans avoir recours au papier négatif, dont les tons sont en général froids et sans profondeur.

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