‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 14 sur 193 · FIXAGE ET VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES · texte numérisé non relu

FIXAGE ET VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES

cristallisation à l’abri de la poussière du laboratoire, d’une façon continue, à basse température, à l’abri du contact 'de l’air et dans une atmosphère saturée de vapeur ; dans ces conditions, il peuvent donner de nouvelles formes cristallines et même de nouvelles combinaisons.

§ 8. L’érorateur que nous venons de décrire est très-simple, facilement nettoyable, très-portatif et n’otfre pas de danger pour l’opérateur; aussi ces qualités le font rechercher dans les laboratoires des photographes et dans le bagage du photographe voyageur.

sans chlorure d’or : (Wilhorgne, 1863). ( Phot .). Y. 24 — 102, III.

§ 1 . Sans chercher à déterminer scientifiquement la cause des effets qui se produisent dans le mode de fixage et de virage .des épreuves positives sur papier albuminé, sans l’emploi des sels d’or (1307), et de peur de hasarder une théorie erronée, il vaut mieux laisser à d’autres plus instruits l’explication de ces phénomènes et se contenter de mettre en évidence les avantages de ce procédé sur ceux où l’or joue le principal rôle.

§ 2. En suivant exactement les prescriptions indiquées aux nos 24, 111 et 102, III, on peut aisément se convaincre :

1° De la certitude et de la constance des résultats, ce qui n’a pas toujours lieu avec l’emploi des sels d’or;

2° De la beauté des épreuves sous le rapport des tons, de la netteté et de l’éclat, qui, assurément, ne le cèdent en rien à ceux obtenus différemment;

3° De la grande économie qu’on en retire, puisqu’un litre de solution virante n’exige que 15 grammes d’hyposulfite de soude (795), autant de chlorhydrate d’ammoniaque (253) et 15 gouttes d’acide chlorhydrique (254), ce. qui, d’après le prix de ces substances, constitue une dépense en quelque sorte insignifiante (30 centimes à peine);

4° Do la solidité des épreuves, qui semblent résister à la plupart des agents chimiques, surtout si l’on a la précaution, comme dans les autres systèmes où l’on emploie l’hyposulfite de soude, de les laver

HÉLIOCHROMIE.

convenablement pour débarrasser la pâte du papier de cet agent destructeur.

D’ailleurs, et pour plus de sécurité, on pourrait être amené à substituer à cette substance le sulfocyanure d’ammonium, auquel MM. Davanne et Girard (233, III) reconnaissent l’immense avantage de ne jamais altérer l’épreuve , si, comme ils en expriment l’espoir, son prix se trouve réduit prochainement, ce serait de nouveaux essais à faire ; mais, quoi qu'il en soit, quant à présent, il est certain qu’en employant n'importe quel procédé, la chance de durée des épreuves est subordonnée aux lavages' plus ou moins consciencieux qu’elles auront subis.

On a conseillé, après la première eau de lavage qui suit le virage de l’épreuve, de la plonger dans un bain d’eau additionnée de quelques goutte d’hypochlorite de chaux, mais l'auteur a été amené à reconnaître que, sans l’emploi de cette substance, des blancs de l’épreuve n'en étaient pas moins purs.

14. — HÉLIOCHROMIE. Effacement retardé des couleurs naturelles : (Niepce de Saint-Victor, 1862). ( Opt.).\ . 692 bis. — 220, § 8, III.

§ 1 . Il résulte des expériences faites depuis longtemps, qu’on obtient les couleurs héliochrômiques sur une couche de chlorure d’argent (262) formée sur une plaque métallique.

Le chlorurage de la plaque peut se faire de plusieurs façons : l’hypochlorite de potasse (791), qui fournit un bain alcalin très-variable dans sa composition, donne de belles teintes, mais le fond de l’image reste un peu sombre, malgré l’action du recuit de la plaque.

Ce moyen ne donne pas des résultats identiques, et, comme sensibilité, il ne vaut pas le bain composé de [mi-partie de proto et deutochlorure de fer desséché, étendu de i /10e d’eau.

Les dernières recherches ont pour but de fixer les couleurs plutôt que de les développer, aussi, a-t-on employé pour les produire le moyen le plus simple et le plus économique ; mais, tout en cherchant aies fixer, on les a obtenues plus vives que par les premiers moyens employés.

HÉLIOCHROMIE.

§ 2. Pour obtenir les couleurs sur un fond blanc, il faut, avant d’exposer la plaque à la lumière, la chauffer jusqu’à ce que le chlorure d’argent prenne une teinte rose ; ou bien remplacer Faction de la chaleur par celle de la lumière sous un écran mixte, comme l’indique M. Becquerel.

§ 3. Ce moyen a été perfectionné de la manière suivante :

On étend sur la plaque, avant son exposition à la lumière, un vernis composé d’une solution saturée de chlorure de plomb (6, 1Y) fondu et obtenu directement par le métal, dans laquelle on ajoute de la dextrine (501) en quantité suffisante pour former un vernis d’une certaine consistance. On laisse déposer le vernis pendant 24 heures et on le décante pour l'usage.

§ 4. Ce vernis doit être étendu sur la plaque après qu’elle a subi l’action du recuit, de façon qu’il couvre la plaque sur toute sa surface; on égoutte par un angle en séchant sur une lampe à alcool (868). La plaque est alors prête à être exposée à la lumière.

§ 5. Les couleurs se produisent avec une intensité bien plus grande que par les autres procédés; on peut, du reste, vérifier le fait en ne traitant de cette manière que la moitié de la plaque. La partie qui aura été recouverte du vernis indiqué § 3 présentera un fond blanc. Ceci tient à la propriété dont jouit le chlorure de plomb de faire blanchir le chlorure d’argent (262) sous l’influence de la lumière, surtout si le chlorure d'argent a subi l’action du recuit. De plus, les noirs d'une gravure se reproduisent souvent avec une assez grande intensité; cet effet se produit même sur une plaque rosée.

§ 6. Quand les coulenrs ont été obtenues, on chauffe la plaque sur une lampe à alcool (858) et on élève doucement la température, aussi haut qu’il est possible, sans carboniser le vernis. Cet accident arrive fréquemment, surtout sur les parties frappées directement par la lumière blanche, et si le chlorure de plomb est trop acide ou trop concentré.

Pendant cette opération, les couleurs prennent en général plus d’intensité, si la lumière a impressionné toute l'épaisseur de la couche de chlorure d'argent; dans le cas contraire, la chaleur change les bleus en violet, et les noirs en roux, mais c’est cette action de la chaleur sur le vernis impressionné par la lumière, qui fixe momentanément les couleurs héliochrômiques.

§ 7. Quand on applique lé vernis à base de plomb (1182) sur la plaque après que les couleurs sont obtenues, on les rend plus vives, mais elles se conservent moins longtemps que si le vernis a été appliqué avant ; cependant elles n’éprouvent aucun retard à se manifester.

En général, toutes les substances que l’on applique à l’état de vernis sur la couche de chlorure d’argent, font noircir à la lumière les clairs des images ; les sels de plomb, aù contraire, et surtout le chlorure, possèdent la propriété de les blanchir. Mais si le chlorure de

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plomb est trop concentré, son action trop intense produit une surabondance de blancs.

§ 8. Le sulfate (1368) et le nitrate de cuivre (991), appliqués avec de la dextrine sur la couche de chlorure d’argent avant de l’exposer à la lumière, avivent et font dominer certaines couleurs, mais ni l’un ni l’autre de ces sels ne les fixe aussi longtemps que le chlorure de plomb.

§ 9. Si l’on veut employer le vernis indiqué au § 3, il faut encore donner un recuit à la plaque avant de l’appliquer. Si la plaque atteint tout-à-fait la teinte rose, les couleurs se produisent plus rapidement, et les clairs sont plus blancs, les tons sont moins vifs, mais la fixité est plus grande.

§ 10. En un mot, 1° le chlorure de plomb, appliqué sur la couche de chlorure d’argent avant l'exposition à la lumière, produit en partie l’effet du recuit, c’est-à-dire que la lumière blanche agit en blanc sur les clairs et permet d’obtenir toutes les teintes beaucoup plus vives que sur la plaque seulement amenée à la teinte rose par la chaleur ;

2° La chaleur dont l’action suit celle de la lumière, produit, sur le chlorure d’argent enduit de ce vernis au chlorure de plomb, une fixité momentanée des couleurs héliochrômiques ;

3° Le chlorure d’argent, en présence du chlorure de plomb, blanchit par l'action de la lumière au lieu de devenir violet, comme s’il eût été seul ;

4° L’action destructive de la lumière est retardée, puisqu’il lui faut 10 ou 12 heures de lumière diffuse pour détruire ces couleurs, ce qu’elle fait ordinairement en quelques minutes. Cette fixité est toujours relative.

§ 11. La couleur jaune (856) avait été jusqu’à ce jour rebelle aux opérations héliochrômiques. Cependant, on peut la développer avec certitude et l'obtenir en même temps que toutes les autres couleurs.

Elle s’obtient en chlorurant les plaques dans un bain composé d’hypochlorite de soude (111), de préférence à celui de potasse (791). Ce bain doit être fait dans les conditions suivantes :

On prend :

Hypochlorite de soude nouveau, et marquant

6° à l’aréomètre (111) 200 gr.

on l’étend de :

Eau 100 gr.

Soude (1328) à l’alcool (68) 1.50

on porte le bain à la température -de -f- 70° à -f 80° et on le verse dans une cuvette horizontale (450), on y plonge la plaque d’argent d’un seul coup et on agite quelques secondes pour qu’elle prenne une teinte presque noire. On rince à grande eau, l’on sèche sur une lampe à alcool (868) en donnant le recuit nécessaire.

§ 12. Dans 200 grammes de ce bain, on peut chlorurer six plaques

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1/4, dont quelques-unes seront meilleures que les autres, selon l’épaisseur de la couche et le degré de recuit.

Dans de pareilles conditions, les couleurs se produisent surtout par contact avec des teintes très-vives, et les noirs , souvent avec toute leur intensité.

Quand on veut opérer dans la chambre obscure (221), il faut choisir de préférence des plaques qui, par l’action du recuit, ont pris une belle teinte rouge-cerise , et celles que l’on a vu les plus tendres à recuire, car ce sont les plus sensibles. Il faut aussi que la couche de chlorure d’argent ne soit pas trop épaisse.

§ 13. La durée de fixation des couleurs, indiquée §10, 4°, peut être doublée par l’addition de plusieurs substances que l'on ajoute après l’action de la chaleur sur le chlorure de plomb. Ces substances sont, entre autres : la teinture de benjoin (40, IV), le chlorure d’étain (5, IV) et l’aldéhyde (73); mais le meilleur résultat obtenu l’a été avec la teinture de benjoin de Siam appliquée sur la plaque quand elle est tiède ; après la dessiccation, on chauffe la plaque jusqu'à ce qu’il y ait volatilisation d’un peu d’acide benzoïque (154). Au moyen de ce vernis, les couleurs ont pu être conservées trois ou quatre jours dans un appartement fortement éclairé, au mois de juillet.

§ 14. Si l’on regarde une image héiiochrômique sous un certain degré d’incidence, les couleurs paraissent beaucoup plus vives, et les noirs prennent toute leur intensité.

Selon que le modèle est éclairé par les rayons solaires, on obtient des modifications très-curieuses dans la manière dont les couleurs se produisent ; ces modifications sont avantageuses pour l’intensité des couleurs et pour leur éclat. Les galons d'or et d’argent, les pierres fines se reproduisent très-bien.

§ 15. Toutes les couleurs binaires sont décomposées dans l'héliochrômie. Par exemple, la couleur verte -peut être ou naturelle ou composée de jaune et de bleu. Si le vert est naturel, comme celui de l’émeraude, de l’arsénite de cuivre, de l’oxyde de chrome (20, IV), du sulfate de nickel, du carbonate de cuivre vert (malachite, 16, IV), elle est reproduite par l'héliochrômie en vert ; mais si le vert est composé avec du jaune de chrome (858) et du bleu de Prusse (7, III), ou si c'est celui des étoffes teintes en vert au moyen d’une matière colorante jaune et d’une matière colorante bleue, ou celui de certains verres verts (colorés par une matière bleue et une matière jaune), ces verts ne donneront que du bleu en héliochromie, soit par contact, soit dans la chambre obscure (221).

§ 16. Un verre bleu clair et un verre jaune clair superposés donnent, par transparence, un très-beau vert; mais appliqués sur une plaque héiiochrômique, ils ne produisent que du bleu, quel que soit le temps d’exposition à la lumière; que le verre bleu soit dessus ou dessous, ou emprisonné entre deux verres jaunes, les résultats seront toujours les mêmes.

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