‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 13 sur 193 · ÉRORATEUR : (Kessler, 1863). (Chim · texte numérisé non relu

ÉRORATEUR : (Kessler, 1863). (Chim

§ 1 . Cet appareil, destiné à la distillation des liquides, est construit de façon que le couvercle de la bassine contenant le liquide à distiller sert en même temps à la condensation des vapeurs et à l'alimentation des liquides distillés.

Ce système est basé sur le principe de l 'élimination des gouttes formées par les vapeurs condensées en mettant à profit leur adhérence sur des parois convenablement inclinées. Ces gouttes suivent la pente du fond du vase qui sert de couvercle à celui en évaporation, et se rendent dans une gouttière qui les déverse par un tuyau en dehors du vase.

§ 2. L’appareil est composé d’un vase cylindrique placé sur le feu, et portant à son bord supérieur une rigole aboutissant à un tube à l'extérieur. Sur ce premier vase on met un couvercle conique, dont le bord inférieur plonge dans la gouttière et dont le pourtour est muni de rebords verticaux qui permettent d’y placer un liquide. On met de l’eau dans le premier vase; cette eau, en s’échauffant, émet

ÉRORATEUR.

des vapeurs qui, au contact du. fond plus froid, se condensent en gouttes liquides; celles-ci glissent par adhérence jusqu’à la partie inférieure du couvercle conique, tombent dans la rigole, et viennent couler à l’extérieur par un petit tube.

L’eau contenue par le couvercle s'échauffe bientôt par la chaleur latente qu’elle reçoit, et émet elle-même des vapeurs; mais aussi elle se refroidit par cette émission, et peut continuer à déterminer la condensation des vapeurs du premier vase. Cet appareil est l’érorateur à simple effet.

§ 3. En garnissant le bord du couvercle d’une autre rigole semblable à celle du premier vase, et en mettant un second couvercle semblable à celui ci-dessus, on aura un érorateur à effet multiple (fig. 340, 341). La vapeur émise par le liquide contenu dans le premier

Fig. 340.

couvercle, auquel on donne le nom de bain-marie , se condense à son tour en frappant le couvercle supérieur, que l’on nomme réfrigérant , et produit une nouvelle quantité d'eau distillée que l’on recueille à l’extérieur; elle échauffe aussi l’eau contenue dans le réfrigérant, et celui-ci, à son tour, peut se transformer en un nouveau bain-mariè, produisant un nouvel effet de plus avec la même chaleur, et ainsi de suite. Un tube de trop plein, placé dans chaque case, permet de les alimenter constamment chacun en cascades par le plateau supérieur.

§ 4. Si, avec l’ érorateur à simple effet, on veut produire en peu de temps de grandes quantités d’eau distillée, on échange l’eau à -J- 35 ou -f- 40° cent, et on obtient une puissance d’effet qui dépasse de beaucoup le pouvoir condensant des réfrigérants ordinairement employés.

ÉRORATEUR.

Chaque décimètre carré du couvercle condensera 1 kilogramme de vapeur à Vheure. Soit 20 litres à l'heure pour un appareil de 50 centimètres de diamètre, et 3 litres pour un appareil de 24 centimètres.

§ 5. Lorsqu’on emploie l’érorateur à multiple effet, on interpose un ou plusieurs bains-marie entre le réfrigérant et la bassine. L’érorateur présente sur les alambics ordinaires une économie de combustible qui peut aller aux 4/5e de la consommation.

Ce dernier appareil fournit, dans un temps égal, une quantité moins grande d'eau distillée que l’appareil à simple effet, mais l’eau qui en provient est chimiquement pure.

§ 6. L'emploi du bain-marie est absolument nécessaire pour rectifier des liquides volatils, tels que l’éther, l’alcool, ou pour séparer l’éther et l’alcool des vieux collodions.

Pour cette opération, on remplit le bassin d’eau, on introduit le liquide à rectifier dans le bain-marie, on le recouvre du réfrigérant qu’on remplit d’eau. On recueille à la fois de l’eau distillée qui provient de la- bassine et le produit rectifié sortant du bain-marie. Au fur et à mesure que le liquide s’épuise, on le renouvelle à l’aide du tube de trop-plein situé sur le couvercle, jusqu’à achèvement de l’opération. Aucun lut n’est nécessaire pour rectifier l’alcool; l’éther exige que le joint des deux plateaux soit entouré d’une feuille de papier enduite de colle de pâte.

Fig. 342.

§ 7. Les érorateurs en porcelaine (fig. 342) permettent de faire cristalliser les sels par évaporation; ils ont l'avantage d’opérer la

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