TEINTURE PHOTOGRAPHIQUE DES ÉTOFFES
203. — TEINTURE PHOTOGRAPHIQUE DES ÉTOFFES par les Sels de chrome: (E. Kopp, 1863). ( Chim .). Y. 17o, 1Y.
§ 1 . En employant les sels doubles chrômiques comme moyen de fixer sur les subjectiles une quantité suffisante de sel métallique pour former une image, on s’aperçoit de suite que les réactions colorantes sont extrêmement nombreuses et variées. Dans les procédés applicables au papier pour épreuves positives, on a le plus souvent eu recours- à l’acide cbrômique Cr O3, mais on peut obtenir de nouveaux effets en opérant sur l’oxyde de chrome résultant de l’altération de Cr O2.
§ 2. On s'est assuré qu’en abandonnant longtemps, dans l’eau, l’image formée par Cr O2, surtout si l’eau contient en dissolution une certaine quantité de sels calcaires, tout l’acide chrômique disparaît peu à peu et il ne reste sur le papier que de l’hydrate d’oxyde de chrome. On peut obtenir le même effet rapidement, en lavant avec une solution faible et chauffée de carbonate de soude (209 ter), d'ammoniaque (206) ou de tout autre sel à réaction alcaline (66). On finit par un lavage à l’eau pure.
§ 3. Mais l’hydrate d'oxyde de chrome fait fonction dp mordants, et l'on n’a qu’à plonger le papier ainsi modifié dans un bain de teinture d’une matière colorante se fixant ou s’altérant au mordant de chrome, pour que l’image, de vert pâle qu'elle est, ressorte avec la couleur de la teinture appliquée.
§ 4. Les matières colorantes qui peuvent donner une image ainsi sont nombreuses. Parmi elles, on peut citer : l’alizarine, la purpurine, le bois de Fernambouc, celui du Brésil, celui de Campêche, le bois jaune, etc.
Celui qui se prête le mieux à ce genre de transformation est le bois de Campêche.
§ 5. Il n’est pas indispensable que le composé CrO2 (suroxyde de chrome) soit entièrement transformé en Cr2 O3, il suffit de laver assez pour qu’il ne reste plus de chrômate non décomposé sur et dans la fibre du papier.
L'acide chrômique en petite quantité qui reste combiné à l'oxyde de chrome est utile, parce qu'il rend plus bleu noirâtre la teinte du bois de Campêche. Dans une telle solution, les blancs sont sujets à se colorer facilement au bout d’un certain temps, mais il est facile de les ramener.
§ 6. Après avoir lavé le papier teint, on le plonge dans une solution très-étendue et chaude , de chlorure de chaux (268) où les parties non mordancées blanchissent assez vite, dépouillant ainsi l’image. On arrête la réaction au moment nécessaire, on lave et on fait sécher.
§ 7. Cependant le papier, même le mieux préparé possible par la fabrication, présente un grand inconvénient. Quelquefois, si serré qu’il