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TEINTURE PHOTOGRAPHIQUE DES ÉTOFFES

soit, dans les bains chauds prolongés, ses fibres se soulèvent et l’image perd une partie de sa netteté. Il est beaucoup préférable de substituer au papier une toile plus ou moins fine et d’opérer sur elle d’une manière tout-à-fait semblable. Et ces manipulations qui, sur papier, offrent une certaine difficulté, n’en présentent plus dès qu’on emploie les tissus de coton, de laine ou de soie.

§ 8. On peut encore tirer du composé en action CrO2 une série de réactions intéressantes, basées sur la propriété qu’il a d’agir comme un suroxyde abandonnant facilement son oxygène (1033) pour passer à l’état d’oxyde, et exerçant ainsi une action fortement oxydante. En effet, si Ton met CrO3 en contact avec un corps qui, en s’oxydant, donne naissance à un composé insoluble, ce composé se fixera sur les points où il rencontrera le suroxyde chrômique.

§ 9. Parmi les composés organiques, un certain nombre se prêtent à ces combinaisons, et prennent ainsi des teintes plus ou moins foncées : ce sont certains acides pyrogénés, des substances astringentes, plusieurs combinaisons naphtaliques et aniliques, etc.

§ 10. Quant aux solutions minérales, il suffit de plonger le papier coloré par CrO2 dans une solution étenduê, froide et tout-à-fait neutre d’un sel de fer au minimum (protosulfate ou protochlorure); on trouve, au bout de quelque temps, que de l’oxvde de fer s'est, précipité sur le suroxyde chrômique qui forme l’image.

Or, cet oxyde de fer peut servir, à son tour, de point de départ pour toute une série de transformations colorées par combinaison ou par teinture.

§ 11. En associant au chrômate potassico-ammonique d’autres sels facilement altérables, tels que les prussiates jaunes (22, III) et rouges (673), on peut obtenir des effets variés et des images susceptibles d’un grand nombre de, transformations.

Par exemple, un mélange de solution de prussiate jaune, de chlorure d’ammonium (261) et de chrômate de potasse et d’ammoniaque (166, IV) dont on imprègne ou recouvre le papier, donne, après insolation, une image brun jaunâtre, qui, sous l'influence d’un protosel de fer très-neutre et en solution faible, vire à des tons trèsagréables que l’on peut modifier de mille manières différentes.

N° 10. Octobre.

204. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES sur Papier par les sels DE CHAUX ET DE SOUDE : (H. Cooper, 1863). (Phot.). V. 160, IY.

§ 1 . On peut composer de la manière suivante un bain vireur qui communique des tons magnifiques aux épreuves :

Chlorure d’or et de sodium (contenant moitié

de chlorure d’or) (273) 0sr-35

Chlorure de chaux (268) 0.35 à 0.50

Carbonate de chaux (208), craie ordinaire. ... 1.25

on dissout le tout dans :

Eau bouillante. . . » 600 gr.

et on laisse refroidir dans un vase ouvert. Lorsque le mélange est froid, il doit accuser une faible réaction alcaline. Si cette réaction est trop forte, et s'il exhale Podeur piquante du chlore (252), il faut le verser dans une cuvette exposée à l’air et y appliquer la chaleur jusqu’à ce qu’il soit au point indiqué plus haut. Il faut donc en le faisant, prendre soin de ne pas employer trop de chlorure de chaux. Enfin, quand ce bain est parfaitement réussi, on lui ajoute :

Acétate de soude (14) 3sr-50

§ 2. Le bain peut être employé dès qu’il est fait, mais il est meilleur quand il a déposé quelques jours. Il ne faut pas filtrer l’excès de carbonate de chaux qui existe dans la solution, mais le laisser déposer au fond du flacon, et quand on y remet le bain après l’usage, secouer fortement et laisser déposer de nouveau.

§ 3. Ce bain présente l’avantage de ne communiquer aucun voile farineux aux épreuves, en outre, il n’est pas détérioré par l’usage, qu’il soit épuisé ou non, et enfin il peut fournir une quantité de tons différents vraiment remarquables, depuis le brun pourpre jusqu’au brun le plus riche et aux bleus.

§ 4. Il est souvent préférable de faire des solutions, une comme nous l’avons indiqué, et l’autre de la même manière, sauf qu’elle contient une plus forte quantité de chlorure de chaux.

Ce bain que nous nommerons bain n° 2, doit être employé dans « certains cas où il présente des avantages. Ainsi, quand on a un négatif faible , il faut prendre du papier fortement sensibilisé, et exposer au soleil jusqu’à ce que la teinte soit fortement dépassée. Alors, en soumettant cette épreuve au bain n° 2, comme il tend à dépouiller for-

tement les épreuves, on obtient un très-bon résultat, et les lumières sont éclaircies avant que les ombres soient sensiblement affaiblies.

Le second cas où il rend encore des services, est celui où l’on se sert de papier déjà un peu décomposé, ou qui a été frappé par la lumière ; en l’impressionnant derrière un négatif intense et le virant avec le bain n° 2, l’épreuve blanchit et donne une très-bonne image.

205. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES sur Papier par IMMER- SIONS SUCCESSIVES : (W. Simpson, 1863). (. Phot .)

§ 1. La méthode suivante de virage se recommande par sa grande simplicité, et n’a pas besoin que les solutions soient préparées à l’avance.

Les épreuves, après avoir été bien lavées, sont plongées 5' dans

une solution de :

Carbonate de soude (209 ter) 10 à 11 gr.

Eau 100

§ 2. On les égoutte soigneusement, puis, sans les laver davantage, on les immerge dans une solution d’or de :

Chlorure d’or (273) 0gr-50

sans addition d’aucun autre corps.

§ 3. Les épreuves retiennent assez de la solution alcaline pour être préservées de l’action de l’acide libre, et peuvent ainsi supporter l’action du virage ; on voit l’action se produire graduellement et sans tendance à l’aspect farineux ou à affaiblissement çxcessif.

§ 4. L’acétate de soude employé dans le premier bain produit des tons chauds, et la chaux des tons noirs.

Aussi, cette méthode est-elle excellente quand on n’a pas le temps de préparer des bains à l’avance.

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