RELIEFS DES NÉGATIFS SUR VERRE
son pouvoir éclairant, et qu'il faudra fermer le diaphragme de plus en plus si on veut perdre le cheveu de vue avec une lumière trèsforte, et dès-lors, un degré de plus en plus fort vient se marquer sous l’indicateur. C'est donc un instrument toujours prêt à fonctionner, que l’on a sous la main, car pour cela, il suffit de diriger le diaphragme dans le sens de la lumière que l’on veut connaître, de mettre le cheveu bien à son foyer visuel, de manière qu'il se dessine franc et net sur le verre dépoli, ce qui s’obtient en faisant rentrer ou sortir le tube portant une œillère ovale qui est destinée à emboîter l’œil. On élève l’instrument sur son pied à la hauteur que l’on désire pour être à son aise, puis on fait tourner le bouton en regardant le cheveu jusqu’à ce que celui-ci disparaisse; alors il ne restera plus qu’à consulter le quart de cercle gradué pour connaître le degré de la force de la lumière, degré qui se représentera toutes les fois que l’on aura une lumière égale à expérimenter.
§ 3. L’instrument est divisé en 100° répondant à la clarté du soleil au mois de juillet, tandis que le zéro représente une force lumineuse impropre aux travaux photographiques, mais ce dernier degré pourrait être' facilement dépassé en faisant construire un nouveau photomètre- d’une ouverture plus grande, de façon à pouvoir étudier des lumières presque nulles; comme aussi, en agrandissant l'aiguille indicatrice, on pourrait obtenir plus de subdivisions dans le nombre des degrés, ce qui ajouterait encore à la sensibilité de l’instrument, , chose que j’ai crue inutile pour la photographie, l'instrument étant déjà d'une grande sensibilité.
228. — RECRISTALLISÉ (Nitrate d’argent). (. Vhot .). Y. 283 — 211, IV, § 3.
229. — RELIEFS DES NÉGATIFS SUR VERRE: (Osborne, 1864). ( Phot .) § 1 . On est généralement porté à regarder la surface des épreuves
négatives sur verre comme plane, et il n’en est rien. L’observation a démontré que les épreuves de ce genre offraient des creux et des reliefs très-sensibles, surtout dans les images dont les lignes sont trèsarrêtées et qui offrent peu de demi-teintes.
RETOUCHE TîjS COULEUR
Ces creux sont assez prononcés pour que l’étain en relief en garde l’empreinte.
§ 2. Rien de plus aisé que de s’en assurer : sur l’épreuve négative, placée sur un bloc de plâtre, on applique une feuille d’étain contenant un alliage de plomb suffisamment riche, puis on passe le tout à la presse lithographique ou sous un cylindre à satiner. Il arrivera quelquefois que le verre éclatera, mais pas toujours.
§ 3 . Pour obtenir les empreintes avec la plus grande pureté possible, il est bon de mouiller d’abord la plaque avec de la gomme arabique ou d’enlever, avec une petite houppe de coton, le précipité pulvérulent qui la couvre et qui naturellement, nuirait à la pureté de l’empreinte en s’incrustant dans l’étain.
§ 4. La gomme émousse un peu le relief, comme on a pu s’en assurer en moulant une plaque dont la moitié seulement avait été gommée. Cependant les creux étaient encore assez prononcés pour s’être empreints dans le papier sur lequel était collée la feuille d’étain.
Le renforcement par l’acide pyrogallique est l’opération qui augmente le relief de la manière la plus sensible, mais le bain donne des traces de relief même avec des négatifs très-faibles et non renforcés.
§ 5. L’analyse ne révèle la présence que d’une très-faible quantité d’argent dans les images négatives, et cependant on ne peut trouver que là l’explication de ce singulier phénomène (1). En effet, l’argent, qui constitue les épreuves négatives est une masse pulvérulente et légère tout à fait amorphe, et différente de l’argefit vulgaire qui est compact et brillant. Une petite quantité de ce corps peut donc occuper un espace relativement assez considérable.
230. — RETOUCHE EN COULEUR des Epreuves positives sur papier. Des fonds : (H. De La Blanchère, 1864.). (Dess.). V. 1293 —23, IY — 37, IY — 181, IV — 201, 1Y, 5e art.
§ 1. Nous avons donné dans l’article 1293, § 10 et suivants, quelques règles sur le choix et l’emploi des couleurs à l’aquarelle dont on peut se servir pour le coloriage des épreuves positives, nous voulons compléter aujourd’hui ces notions. La retouche en couleur peut embrasser, non-seulement le coloriage du portrait en lui-même, chairs et draperies, mais, en même temps, la création d’un fond, d’un décor, d’un ensemble d’accessoires destinés à accompagner le portrait, à en préciser la portée et en quelque sorte à en dénommer l’original.
§ 2. Que l’on ne m’aille pas dire que la retouche en couleur ainsi comprise tombe dans l’enluminage, car ce serait faire croire qu’on n’a jamais vu les magnifiques épreuves que créent chaque jour nospein-
(i) Nous avons donné, dans Y Art du Photographe, une théorie des épreuves négatives qui rend bien mieux compte de cet reliefs, et ne laisse pas de doute dans leur composition. H. De La Blanchère.
très en photographie vraiment dignes du nom d’artistes. 11 est certain que si l’on demande un semblable travail, à la fois d’intelligence et d’habileté manuelle, à un barbouilleur comme il s’en trouve tant, on n’aura qu’une affreuse enseigne, mais il en est de môme dans tous les arts, et ce n’est point par le mauvais ou le médiocre que l’on doit juger de leur portée.
§ 3. Assortir les fonds et les accessoires au personnage d’une photographie, n’est pas une œuvre facile et qui puisse se faire sans une mûre réflexion, et surtout sans une immense habitude; car l’artiste est beaucoup moins libre, dans ce cas, que quand il travaille spontanément et de toutes pièces. Son papier n’est.pas blanc, à moins que le personnage n'ait été découpé, et alors on tombe dans une autre difficulté à vaincre, celle de faire disparaître la crudité des contours qui tranchent sur le blanc avec une vigueur désespérante et une hauteur de ton, dont peuvent se rendre compte, seulement, ceux qui ont travaillé à la retouche sur papier.
§ 4. Si, pour ne pas avoir à vaincre cette difficulté, l’artiste conserve le fond plus ou moins gris que lui donne l’épreuve, il doit tenir cômpte de ceton pendant tout son travail, non-seulement par l’intensité des teintes qu’il emploie, mais pour le choix des couleurs opaques ou transparentes. Et de plus, il faut qu’il se rappelle que ses blancs et ses lumières ne peuvent être obtenus que par contraste ou par superposition de blanc de gouache. Or, l’emploi de ce blanc, comme celui de toutes les couleurs franchement opaques, constitue à proprement parler la peinture à la gouache et demande la plus grande adresse et beaucoup de sobriété, pour pouvoir être mêlée à l’aquarelle sans paraître lourde, empâtée et sale.
§ 5. Ce peu de mots suffit à faire comprendre aux personnes qui commencent l’étude de la retouche des épreuves sur papier, que ce genre de travail constitue une spécialité difficile, et demande une étude toute particulière de l’emploi des couleurs, on pourrait dire de leur maniement , comprenant sous ce mot, non-seulement l’art de les assortir, mais celui de les étendre. Car, le papier qui a servi aux opérations photographiques, n’est pas toujours propre à un travail immédiat. Sa texture a été désagrégée par les bains successifs qu’il a subis ; son encollage est parti, sa surface est quelquefois grasse, quelquefois tachée de jaune, de brun, de points de fer; il faut remédier à tout cela, et chaque artiste le fait avec plus ou moins de bonheur, suivant qu’il est servi par une plus ou moins forte dose d’adresse et d’esprit d’observation.
§ 6. C’est déjà une certaine difficulté que de bien assortir l’effet des draperies ou des habits aux chairs du modèle ; mais, si nous supposons cette œuvre terminée, il n’est pas difficile de voir que le choix des fonds et ses accessoires destinés à faire valoir et à relever les chairs et les vêtements, ne sera pas non plus une chose très-aisée. Ce qui le prouve, c’est d’abord la difficulté que l’on rencontre alora que