RETOUCHE EN COULEUR
Nous avons dit, §11, que les objets doivent être plus vaporeux à mesure qu’ils s’éloignent de l’œil, aussi les montagnes situées à l’horizon doivent être touchées si faiblement, qu’on puisse presque les confondre avec la teinte aérienne.
§ 13. Lorsqu’on est arrivé au coloris du feuillage, des rameaux et des branches, il faut d’abord teinter les endroits les plus foncés avec du vert végétal ou de Y indigo mêlés; tandis qu'on couvrira du premier seulement, les parties où les ombres doivent être plus légères, mais en ayant soin de l’employer plus foncé que les touches grisâtres.
§ 14. Là, où il serait nécessaire quand- on travaille sur un fond blanc, de conserver le mat du papier pour former des clairs, on peut employer le jaune d’œuf cru. On mêle ce jaune avec de l'eau, le rendant ainsi assez clair pour que l’on puisse l’étendre sans peine, puis on remplit le pinceau de cette solution et l’on en couvre les endroits où l’on veut jeter des lumières ou des jours; quand on a ébauché le dessin entier du fond et que le papier est sec, on enlève le jaune cl'œuf avec de la mie de pain et le papier a bonservé sa blancheur absolue.
§ 15. Le nombre des couleurs, de chaque nuance, que l’on peut employer avec l’eau est fort grand, beaucoup plus que celui des couleurs que l’on peut utiliser pour la peinture à l’huile. Nous voulons donner ici une nomenclature abrégée des plus usitées, afin que les commençants puissent rassembler sous des types principaux, celles de ces couleurs qu’ils pourraient avoir en leur possession, ou se les procurer dans l’endroit qu’ils habitent.
Rouges . — Vermillon, cinabre, carmin, ocre calcinée, laque rose, rouge, laque des Indes, rouge de Venise, brun d’Espagne, rouge d'inde, orpin rouge, rouge de mars, garance, précipité rouge.
Jaunes. — Gomme-gutte, massicot, jaune de Naples, pierre de fiel, ocre de Rome, ocre jaune, infusion de groseilles, de curcuma, de zédoaire, teinture de safran, jaune indien, jaune de roi, jaune de chrome clair et foncé, jaune d Italie, laque jaune, jaune citron, jaune de cadmium, jaune de mars.
Bleus. — Outremer, bleu de Prusse, cendre bleue, indigo, smalt, cobalt, bleu intense, bleu minéral, bleu noir, Payn’s Gray.
Verts. — Vert végétal, vert-de-gris, cendre verte, vert minéral, vert de Prusse, vert de vessie, vert émeraude, vert olive, terre verte, laque verte, vert de Schéele.
Blancs. — Blanc d’argent, blanc de plomb, blanc de Troyes, blanc de zinc, blanc de coques d’œufs, blanc de Francfort.
Noirs. — Encre cle Chine, noir de fumée, noir d’ivoire, noir de pêche.
Bruns. — Momie, terre d’ombre naturelle et brûlée, réglisse d’Espagne, brun de Madère, brun de mars, terre de Cologne, terre de Cassel, terre de Sienne naturelle et brûlée, brun Vandick, brun intense, brun de Chàlons, brun rouge et brun vert, bronzé, bistre, sépia.
Gris. — Blanc et noir de fumée; indigo et noir; noir de pêche et blanc. Les nuances se font avec le noir d'ivoire; teinte neutre.
Marrons. — Vermillon, brun d’Espagne et noir; ou cinabre et massicot nuancé de terre d’ombre.
Rouge brillant. — Vermillon et laque pourpre.
Incarnat. — Laque et blanc, nuances faites avec la laque.
Nuages. — Laque et massicot; laque et blanc, nuancé de cendre bleue; laque blanche et teinte neutre.
Cramoisi. — Laque et blanc, nuancés avec la laque, carmin brûlé, laque brûlée, laque cramoisie.
Flammes. — Vermillon et orpiment*, cinabre et massicot relevé avec du blanc.
Chairs. — Blanc, avec un peu de laque et de cinabre; ocre jaune en plus, pour rendre les teints basanés.
Verre. — Blanc de plomb et un peu de bleu.
Cheveux. — Massicot, ambre, ocre jaune, blanc de plomb et noir de pêche.
Plomb. — Indigo et blanc.
Bleu clair. — Cobalt et blanc de plomb.
Bleu du ciel. — Massicot et blanc à la partie inférieure, cobalt et bleu pour le milieu, cobalt seul pour le haut. On adoucit ces nuances sur les bords pour les marier ensemble.
Bleu de ciel pour draperies. — Cobalt et blanc d’argent, ou bien outremer et blanc d’argent, nuancé d'indigo.
Orange. — Cinabre et massicot, nuancés avec la pierre de fiel et la laque. Orangé de mars.
Pourpre. — Indigo, brun d’Espagne et blanc; cobalt, cinabre et blanc d’argent, ou cobalt et laque, laque pourpre et pourpre.
Roussâtre. — Noir de pêche et blanc, ocre brûlée.
Ecarlate. — Cinabre et laque avec ou sans vermillon, carmin et laque.
Vert de mer. — Cobalt, vert et blanc.
Violet. — Indigo, blanc, cinabre et laque, ou cobalt et indigo, ou curcuma et cobalt. Laque violette; violet de mars; précipité violet.
Eau. — Bleu et blanc, nuancé de bleu et relevé de blanc.
Chacune des couleurs nécessaires, se vend en tablettes dont le prix varie de 0 fr. 50 à 4 fr. 50, et en pastilles rondes au miel, qui coûtent de 0 25 à 2 fr. On voit donc combien peut être peu coûteuse, sous ce rapport, l’installation d’un atelier de retouche en couleur.
§ 16. Si l’on possède des couleurs en poudre, et qu'on veuille les préparer pour la peinture à l'aquarelle, rien n’est plus facile, c’est même le seul moyen d’avoir des couleurs dont on soit parfaitement sûr, surtout pour les nuances chères et délicates.
Toute couleur, avant d’être employée à peindre, doit être mélangée avec une dissolution d'une substance légèrement agglutinative, telle que la gomme arabique (737), la colle de poisson (304 bis) ou la colleforte. Mais quelle que soit la substance employée, sa dissolution dans
RETOUCHE EN COULEUR DES ÉPREUVES POSITIVES
l’eau ne doit pas être assez forte pour empêcher que les couleurs avec lesquelles elle est mêlée, s’elïacent par le lavage.
§ 17. La gomme arabique est la substance la plus communément employée, et cependant elle est sujette à plusieurs inconvénients graves, même quand on fait choix des morceaux les plus purs et les plus blancs. Comme toutes les gommes possibles, elle brunit et altère le ton des couleurs brillantes auxquelles elle nuit également par son retrait considérable. On devra donc ne mettre de gomme dans les couleurs que la quantité la plus petite possible et absolument indispensable. Il vaut mieux même corriger le défaut du retrait en ajoutant un peu de sucre candi et un peu de miel, ce qui fait que les couleurs s’étendent avec une plus grande facilité, qu’elles ne deviennent jamais aussi dures et ne s’écaillent pas en séchant après qu’elles ont été mouillées.
On prend :
Gomme arabique (737) 8 gr.
Eau 200
§ 18. Si Ton emploie la colle de poisson, il faut se servir des proportions suivantes :
Colle de poisson (304 bis) 15 gr.
Eau 1 litre.
on fait bouillir jusqu'à ce qu'elle soit dissoute et l’on tire au clair.
§ 19. Quant à la colle-forte, elle est préférable à toute autre substance glutineuse ; on peut la préparer bien facilement en faisant bouillir dans de l'eau des rognures de parchemin propre ou de cuir blanc, jusqu’à ce que le tout se prenne en gelée après le refroidissement. On donne souvent le nom de colle de peaux ou colle de gants à cette préparation.
On peut ajouter un peu de coloquinte à l’eau de gomme ou à la colle pour garantir l’ouvrage des insectes et surtout des mouches.
§ 20. Toutes les couleurs cependant ne peuvent pas se préparer d’une manière si facile que celle que nous venons d’indiquer § 16. Nous allons les passer en revue. Dans la première catégorie :
Le vermillon,
Le minium,
Ocre écarlate, Rouge indien, Rouge.de Venise, Noir d’ivoire,
Ocre jaune, Massicot, Outremer, Indigo,
Cendre bleue, Noir de pêche,
Terre de Cologne,
Terre d’ombre.
Terre verte,
Ocre brune,
Blanc de plomb, etc., etc., -
et autres terres analogues.
Cés couleurs seront broyées avec le plus grand soin, dans l’eau seulement, à la molette de verre; lavées ensuite, puis mélangées avec de l’eau de gomme très-chargée. On les malaxe au moyen du couteau à palette jusqu’à ce que le tout ait acquis la consistance moyenne de la colle de pâte. Alors, on les met en pastilles ou en tablettes au moyen d’un petit moule de bois, ou en trochisques qu’on laisse
VIRAGE AU CHLORURE DE CHAUX
sécher dans leur forme, ou en écailles que l’on serre dans un flacon bien bouché pour s’en servir au besoin.
§ 21. Le bleu de Prusse,
Le jaune de Naples,
doivent être réduits en poudre impalpable en les porphyrisant sur une pierre avec de l’alcool (68).
Après quoi il faut les mêler ainsi que :
Le bleu de Prusse,
Le Payn's Gray
avec de l'eau de gomme faible , au moyen d’une molette de verre, ou d’un couteau à palette en corne.
§ 22. Pour l’encre de Chine,
La gomme-gutte.
Le vert végétal,
La pierre de fiel,
il n’est pas besoin d’eau gommée ni de colle ; on les broie à l’eau pure, seule; ils ont assez de corps par eux-mêmes.
Sera continué.
231. — SACCHARO-SULFATE DE FER ET D'AMMONIAQUE. (Développement des négatifs sur collodion). ÇPhot.). Y. i 68, 1Y.
232. — VIRAGE AU CHLORURE DE CHAUX, DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER : réflexions sur la manière de s’en servir : (W. A. Terry, 1864.). (Phot.). Y. 1505 — 222, III.
§ 1 . Un grand nombre d’opérateurs éprouvent des difficultés à se servir des bains de virage au chlorure de chaux, et cependant, quand ce virage est convenablement conduit, il est un des meilleurs, mais il faut pour cela bien comprendre les principes sur lesquels repose son action.
La plupart des formules publiées recommandent une solution satu-
VIRAGE AU CHLORURE DE CHAUX
rée. Le chlorure ou plutôt l’hypochlorite de chaux (146, IV) est un sel déliquescent et toujours souillé d’hydrate (248) et de carbonate (208), par conséquent une solution saturée n’est pas possible : et d’ailleurs si Ton y parvenait, elle serait si forte qu’il serait très-difficile d'en établir les proportions et de s'en servir.
§ 2. On suppose souvent que l’action de ce sel est due à la chaux; mais des effets pareils peuvent être obtenus par l’hypochlorite de soude (15, IV) ou tout autre hypochlorite -alcalin (66).
C’est l’acide du sel qui, dans tous les cas, modifie son action.
Les effets particuliers des bains de virage faits avec le biborate (27, IV), Je bicarbonate (26 bis, IV), l’acétate (14) et le phosphate de soude (1143), est un appui de cette opinion.
La vraie difficulté qui entoure toutes les formules données pour ce bain, c'est la nature instable et la force incertaine de tous les hypochlorites. 11 est donc nécessaire de bien se rendre compte des principes de leur action et de régulariser la force de la solution par le travail du bain.
§ 3. Il est bon d’employer le chlorure en mélange avec le phosphate de soude (1143) et l’on en retire un meilleur résultat que du
chlorure seul. On la compose en ajoutant à :
.Eau 500 gi\
Chlorure de chaux frais et sec (268) 30
Pour composer le bain, on dissout dans :
Eau pure 1 litre.
Phosphate de soude (1143) 3sr-50
on ajoute alors :
Solution saturée de bicarbonate de soude (26 bis ,