MAGNÉSIUM (EMPLOI POUR L'ÉCLAIRAGE
sur la surface sensible exactement l’action voulue. L'intensité de cette action se proportionne à la transparence des diverses parties de la couche de collodion ; mais, ainsi qu’il a été montré, la lithographie ne peut pas reproduire des teintes de ce genre, elle doit les diviser en une infinité de parties distinctes, de dimensions différentes et différemment éloignées les unes des autres ; c’est le seul procédé qu'elle possède pour obtenir des dégradations de teintes, et ce procédé, elle doit le pratiquer de telle sorte que les épreuves soient ensuite tirées à la presse, et obtenues en appliquant une seule et même encre sur toutes les parties du dessin.
256. — MAGNÉSIUM (emploi pour l'éclairage) : (Vogel, 1864). (Phys.). V. 30, IY.
§ 1 . L’emploi du magnésium (909) pour l'éclairage artificiel tend à entrer définitivement dans la pratique. Il n'y a pas longtemps qu’on a réussi à produire ce corps sous les formes de tôle et de fil, et c'était encore, en 1859, un simple objet de curiosité très-rare; Crookes, vers cette époque, découvrit le premier que ce métal donnait, en brûlant, une lumière intense, remarquablement riche en rayons chimiques, et Bunsen et Roscoë conçurent, dès lors, l’idée d'en tirer parti pour des recherches photométriques. M. Brothers, de Manchester, l’appliqua ensuite à la photographie avec un plein succès et avec une économie de dépense qui n’est pas arrivée à sa dernière limite. M. Rohrbeck a mis à la disposition de l’auteur une petite quantité de fil de magnésium, qui a permis de faire les expériences suivantes :
§ 2. M. Suck possède un cabinet noir très-vaste qu'on peut rendre complètement obscur, et dont l'étendue est telle, qu’il est possible d’y faire des bustes de . la grandeur des cartes de visite ordinaires; aussi fut-il résolu de profiter de ces avantages qu'on trouve assez rarement réunis. On fit usage d’un appareil pour carte, muni d’un objectif d’ H ermagis de 5 centim. avec 38 millim. d’ouverture, le format du cliché était celui des cartes (bustes), la distance de la chambre à la tête du modèle, 2m.40.
§ 3. Le fil préparé pour l’opération pesait 6 grammes et mesurait 8 mètres; il était très-ténu. Il suffit d’introduire une extrémité de ce fil dans la flamme d'une lampe £ alcool (868), pour qu’au bout dé quelques secondes, il entre en combustion, en dégageant une odeur très-faible et un peu de magnésie (74, III) réduite par l’action de l’oxygène (1033). Pour assurer à la flamme une intensité constante et égalé.
MAGNÉSIUM (EMPLOI POUR l'ÉCLALRAGE).
et pour éviter en même temps qu’elle ne vacille, il faut agiter sans cesse le bout du fil engagé dans la flamme de la lampe. Il suffit de souffler avec force pour l’éteindre sur-le-champ.
§ 4. Derrière la lampe, on avait placé un miroir plan qui faisait l’office de réflecteur. Un morceau de carton étendu sur la table empêche la magnésie incandescente qui tombe du fil, d’endommager la table supportant tout l'appareil. Quant au fond, il doit être disposé de manière qu’aucune ombre ne s’y projette, ni de la tête, ni du support de celle-ci, ce qui peut s’obtenir d’abord au moyen d’une bougie ordinaire.
§ 5. Dans la première expérience, la pose dura 3' 30", pendant laquelle 2m de fil furent consumés. L’image se dégagea lentement par l’action du révélateur, et avec beaucoup de détails dans les parties claires, très-peu, au contraire, dans les ombres. Ce résultat engagea à modifier un peu les dispositions pour faire une seconde épreuve, la pose étant trop longue. On prit donc la même quantité de fil, mais il fut replié en double et tordu, puis mis en combustion comme dans la première expérience. 11 ne brûla, cette fois, que 45", sans s’éteindre comme la première fois, où l’on avait perdu plusieurs secondes aie rallumer.
§ 6. Comme les ombres, dans la première expérience, étaient restées obscures, on en avait conclu, et l’effet de la seconde expérience confirma cette supposition, que la simple réflexion des rayons ne suffisait pas pour faire ressortir les ombres avec assez de vigueur, et qu’il fallait éclairer en même temps le côté des ombres. L’épreuve fut meilleure que l’autre, quoique encore un peu faible, dans les vêtements principalement. En outre, les yeux offraient trois points lumineux, produits, l’un par le fil brûlant, l’autre par sa réflexion dans le miroir, et le troisième par le fil brûlant sur le côté du modèle.
§ 7. Un troisième essai fut fait : dans le premier, la lampe était montée sur un support à 0m.03 plus haut que la tête du modèle, à 0m.10 de celui-ci. Cette fois, nous fixâmes le fil à 0m.15 plus bas, environ à 0m.15 de la tête du modèle, et la chambre noire fut reculée de 0m.30, les autres éléments restant les mêmes que précédemment. A gauche du modèle on brûla im.20 de fil, doublé comme dans la seconde expérience; de l’autre côté, pour adoucir les ombres, 60 c. du même fil : la combustion dura 55". Cette fois la pose fut complète, et le buste tout entier, même les habits, ressortirent avec une admirable netteté dans tous les détails. L’œil seul offrait une ombre un peu dure et toujours les trois points lumineux. Mais il fut facile d’obvier à cet inconvénient par la retouche, et l’épreuve, en définitive, ne laissa rien à désirer.
§ 8. La quantité totale du fil brûlé dans cette dernière expérience fut de lm.70 ou 1 1/2 gramme, soit, au prix actuel du magnésium, une dépense de fr. 3 75 environ; ef ce prix baissera bientôt, quand la fabrication du magnésium se sera développée davantage, car on remarquera qu’elle est encore à ses débuts.