‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 21 sur 193 · ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE : (F · texte numérisé non relu

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE : (F

Thomas, 18(53). (Chim.).\e art. suite. Y. 304, 111— 317,111— 341, III.

§ 35. L'acide sulfurique monohydratc : S O3. Aq, est le plus utile de tous les dissolvants altérants, parce qu’il sert à les produire tous. Il est employé pour dévoiler les sels de baryte avec lesquels il forme un précipité blanc de sulfate de baryte BaO, S O3, insoluble dans tous les liquides, excepté dans l’acide sulfurique (1380) lui-même.

On trouve l’acide sulfurique partout dans le commerce, sous le nom d'huile de vitriol , parce qu'on l’emploie à la confection du cirage, en le faisant réagir sur le noir animal. Mais de ce qu’on peut se le procurer partout, il-ne s’ensuit pas qu’on n’ait pas à le purifier, parce qu’en raison même de sa production abondante, il est extrêmement impur. En effet, on l’obtient dans de grandes chambres de plomb, en faisant brûler du soufre avec du nitre (1001) : naturellement il contient les impuretés de ces deux corps. Enfin, le manque de pureté de l’acide sulfurique a encore augmenté par suite d’un nouveau procédé de fabrication imaginé il y a 20 ou 30 ans. Le gouvernement des Deux-Siciles prit, à cette époque, la fâcheuse résolution de prélever une surtaxe sur la sortie du soufre (1341 bis), croyant s’assurer un revenu sur toutes les contrées industrielles, en possédant les deux volcans du Vésuve et de l’Etna qui fournissaient la majeure partie du soufre consommé. Il arriva, naturellement, que les industriels cherchèrent à se passer N» 2. Février 1864, 3

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du soufre natif et y réussirent, en substituant à celui-ci, le bisulfure de fer ou pyrite martiale, qui se trouve abondamment en France; mais ces pyrites sont arsénicales; aussi, depuis ce temps, l’huile de vitriol contient-elle une quantité variable d’arsenic, probablement à l’état d’acide arsénieux.

§ 36. Outre cette impureté, l’acide sulfurique ordinaire contient forcément des sulfates solubles ou insolubles dans l'eau, de l’acide chlorhydrique qui provient du nitrate de soude (260, III) impur employé, de l’acide sulfureux (45, III) ou des vapeurs nitreuses, mais non ces deux corps à la fois, car ils sont incompatibles.

§ 37. L’arsenic (H 6) se découvre au moyen de Y appareil de Marsh, de la manière suivante : dans un flacon à deux tubulures, on place du zinc et de l’eau; dans Fune de ces tubulures est un tube de verre (1458) recourbé à angle droit, et dont la branche extérieure est effilée; dans l'autre est un tube droit dans lequel on place un entonnoir; par cet entonnoir on verse peu à peu de l’acide sulfurique (1 380) ordinaire, le dixième environ de l’eau employée. En présence de l’acide sulfurique SO3, le zinc Zn (1535) décompose l'eau HO en oxygène (1033) O qui se combine avec le zinc Zn pour former de l’oxyde de zinc ZnO, lequel se combine avec l'acide sulfurique, pour produire enfin du sulfate de zinc ZnO, S O3, et en hydrogène H (786), ce qu’on exprime par la relation suivante :

Zinc, acide snlfuriq. et eau, produit : sulfate de zinc et hydrogène.

Zn+SO3 -f HO = ZnO, SO3 -j- H L’hydrogène se combine avec l’arsenic de l'acide sulfurique pour former de l’hydrogène arséniqué ; en allumant ce courant à l’extrémité du tube, on le voit brûler avec une flamme blanche volumineuse. En présentant à cette flamme une assiette de porcelaine, il s’y dépose des taches miroitantes d’un gris d’acier, qui ne sont autre chose que de l’arsenic métallique si les taches disparaissent, si ces taches ne disparaissaient pas, elles indiqueraient, au contraire, la présence de l’antimoine.

Il est indispensable pour essayer la pureté d’un acide sulfurique, que le zinc employé soit bien débarrassé de toutes traces d’arsenic ou d’antimoine. Si l’on essaie un autre liquide, il faut que le zinc et l’acide sulfurique soient très-purs, ce dont on s’assure par l’opération précédente, en voyant s’il ne se forme pas de taches. Quand on a acquis la certitude que le zinc et l’acide sulfurique sont purs, on y mêle, dans le flacon, une petite quantité du liquide suspecté, et l’on procède comme ci-dessus. Il est prudent d’attendre 20' avant d’allumer le courant de gaz, parce que le tube pourrait éclater et blesser l’opérateur. Ce procédé permet de découvrir un millionnième de gramme d’arsenic.

§ 38. On purifie de la manière suivante l’acide sulfurique arsénical. L’arsenic ou l’acide arsénieux n’étant pas volatil, il faut le changer en un composé volatil ; ce sera en ajoutant à l’acide sulfurique où l’on a découvert de l’arsenic, de l’acide chlorhydrique (254) qui

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change l’arsenic en chlorure d’arsenic. Il suffit donc de distiller ensuite l’acide sulfurique, pour être sûr qu’il ne contient plus d’arsenic. On peut aussi, comme l’a proposé M. Dupasquier, mêler à l’acide un peu de sulfure de baryum BaS, car il se forme du sulfure d’arsenic et du sulfate de baryte insolubles dans l’eau.

Si l’acide sulfurique contient de l’acide chlorhydrique, on constate la présence de celui-ci au moyen du nitrate d’argent (983), qui produit immédiatement un précipité de chlorure d’argent (262). L’acide sulfurique concentré ne peut pas contenir de l’acide chlorhydrique , parce que celui-ci se dégage dès le commencement de la distillation.

Il en est de même pour l’acide sulfureux S O2 qui se dégage par distillation (514). Au lieu d’acide sulfureux, l’acide sulfurique contient presque toujours des vapeurs "nitreuses, c’est-à-dire ce composé cristallin qui se produit dans les chambres de plomb, et dont M. de la Provostave a donné la composition :

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