ÉCLAIRAGE PAR LE MAGNÉSIUM
jours très-faible, comparée à la lumière du soleil, à moins d’employer une quantité énorme de matière, et, dans ce cas, la fumée produite est très-difficilement évacuée en totalité de l’endroit où brille la lumière, et quand même on parviendrait à l’enlever absolument, sa composition plus ou moins vénéneuse en fait toujours un objet dangereux.
§ 2. C’est surtout à ce point de vue que la lumière du magnésium offre une supériorité incontestable. Un fil fin, simplement tenu entre les doigts, peut être enflammé aussi facilement qu'un morceau de papier, et brûle comme une chandelle produisant une lumière qui est, suivant Bunsen , seulement treize fois moins intense que celle du soleil. Pas de fumée nuisible pendant la combustion : on voit bien s’élever au-dessus de la flamme une fumée blanche, mais ce n’est rien autre chose que l’oxyde du métal, ou la magnésie (74, 111) absolument inoffensive.
Bien plus, la plus grande partie de la magnésie reste en arrière comme un corps friable, gardant souvent la forme du fil originaire.
§ 3. Nous savons qu’on a déjà imaginé une lampe spéciale pour la lumière du magnésium. Une bobine de fil est déroulée graduellement, un bout étant passé horizontalement dans la flamme d’une lampe à alcool (868, II) où il s’allume et continue à brûler aussi longtemps qu’on l’entretient de fil. C’est dans cette continuité que réside la plus grande difficulté.
§ 4. Quoiqu’il soit depuis longtemps connu, grâce aux travaux de MM. Deville et Caron, que le magnésium peut être obtenu plus aisément à un prix moindre que l’aluminium par une modification légère des appareils qui servent à préparer ce dernier métal, cependant, on n’en obtient pas des quantités assez considérables pour ne pas craindre d’en manquer si les demandes devenaient un peu suivies.
Il semble prouvé que l’on peut obtenir le magnésium à un prix quatre fois moindre que celui qu’il coûte à présent, et il est probable que là ne s’arrêtera pas sa vulgarisation, car, plus encore que l’aluminium, c’est un métal remarquable par sa couleur, sa légèreté et ses autres qualités.
§ 5. M. Soustadt a pris un grand nombre de brevets pour l’exploitation de ce corps de bien des manières. Sans vouloir rabaisser les travaux de ce chimiste, nous sommes obligé de rappeler qu’il a pu être mis sur la voie de son procédé actuel d’extraction par M. Lies- Bodard, professeur de chimie à la faculté de Strasbourg qui, le premier, a indiqué le moyen de réduire le calcium (200) en mettant l’iodure de ce métal en contact avec le potassium dans un creuset de fer maintenu bouché par un couvercle à vis.
En effet, la réaction :
Cal-j-K = Ca + KI
n’est-elle pas absolument pareille à celle du magnésium MgCl+KCl+Na =Mg+KCl+NaCl.
N® 2. Février 1864.