INTERVENTION DE L’ART DANS LA PHOTOGRAPHIE
enlève au collodion, au moyen de lavages à grande eau, tout l’excès de nitrate d’argent (983) qui se trouve à sa surface, qu’on expose à la chambre noire, le réducteur donnera encore une faible image ; si l’on ajoute une dissolution de nitrate d’argent, l’image prend de l’intensité; mais si, au contraire, au lieu de laver la couche de collodion, on la recouvre d’un réducteur qui se combine avec 1 ^argent en excès et l’entraîne avec lui dans les lavages, qu’on expose ensuite, le réducteur ne donnera aucune trace d’image, quoiqu’elle existe en principe.
On voit donc que le réducteur enlève -à la couche d’iodure tous les sels d’argent en excès, que cet iodure, quoiqu’il soit impressionnable à la lumière, ne manifeste d’altération sensible que si, après l’exposition, on le met en présence d’une nouvelle dissolution d’argent. La solution du problème est ainsi toute trouvée.
En effet, si, comme nous venons de le voir, l’image formée par l’argent impressionné par la lumière et précipité par le réducteur, reste sensible jusqu’à la désioduration ou au fixage, il suffira à l’opérateur d’impressionner son cliché, de développer l’image par le réducteur et de laver à grande eau : ce cliché devant être conservé à l’obscurité jusqu’au moment où on voudra le modifier.
S’il ne s’agit que d’éclairer certaines parties pour leur donner plus d’éclat, il conviendra d’augmenter l’opacité du cliché dans ces parties, et, par conséquent, de l’exposer au jour en préservant; par des écrans, les parties qui doivent rester dans leur premier état.
L’opérateur peut suivre ce travail lent de la lumière, le reprendre, le déplacer, etc., et, quand l’effet désiré est obtenu, il l’arrêtera en fixant l’épreuve au cyanure ou à l’hyposulfite de soude (795).
§ 5. Si, dans un dessin, les ombres ne sont pas assez prononcées, il est facile de détruire ou amoindrir ces ombres en détruisant ou atténuant l’opacité du cliché.
L’iodure d’argent est soluble dans certains réactifs : en soumettant aux vapeurs d’iode les parties à amoindrir, il se forme une couche d’iodure d’argent proportionnée à l’iode fourni; si l’on passe le cliché dans l’hyposulfite de soude (795), tout l’iodure est dissous, mais l’argent métallique n’est pas dissous; en répétant plusieurs fois cette opération, on arrive au résultat désiré. La couche métallique seule s’amoindrit aux endroits où il faut diminuer l’opacité.
11 est inutile d’insister plus longtemps sur les avantages de ce procédé ; mais si l’on ne veut rien changer à l’effet du négalif, et seulement lui donner plus d’éclat, il faut exposer le négatif au jour et prolonger l’exposition une ou deux heures en été, et une journée entière en hiver; le collodion se durcit, on opère à sec et en plein jour, et l’on peut suivre la marche de l’opération.
§ fi. Pour opérer avec le collodion sec, on traite la couche par une dissolution de sulfate de fer (1366), qui entraîne l’argent libre resté à la surface; on lave et on laisse sécher à l’obscurité. On expose alors à la chambre noire, on soumet de nouveau au réducteur et on révèle