TRANSPORT DES ÉPREUVES POSITIVES SUR TOILE
rallèlement les mêmes essais sur des feuilles simplement salées et non encollées qui, après insolation, ne renferment presque que de l'argent, et sur des feuilles simplement albuminées et non salées, c’est-àdire ne renfermant presque que de la matière organico-argentique.
Nota. Nous aborderons successivement l’étude des quatre classes de virages dénombrées au § 7 ci-dessus, afin de mettre successivement, mais complètement nos lecteurs au courant de ce remarquable travail. V. 99, IV.
96. — TRANSPORT DES ÉPREUVES POSITIVES SUR TOILE OU PAN- NEAU A PEINDRE : (Plaisant, 1863). (. Phot .)
§ 1 . Prenez une feuille de papier albuminé de 2 centimètres sur chaque côté, plus large que l’épreuve que vous désirez obtenir, attachez-la avec des punaises par les 4 coins sur une planche à dessin et couvrez-la jusqu’à 1 centimètre près du bord d’une solution de gomme à 10 0/o. Cette couche étant sèche, étendez sur toute la. feuille une couche épaisse d’albumine chlorurée et laissez sécher à l’abri de la poussière. Vous détacherez alors votre papier, sensibiliserez, et tirerez comme à l’ordinaire pour les épreuves sur papier.
§ 2. Il faudra avoir soin, lors des opérations de Virage et de fixage, de ne pas trop froisser l'épreuve qui peut se déchirer très-facilement.
Quand les lavages sont terminés et qu’elle est sèche, collez une feuille de papier blanc sur une planche à dessin par les bords, comme si vous vouliez laver une aquarelle. Lorsqu’elle sera tendre et sèche, vous couperez l’épreuve à 1 centimètre et demi des bords, vous enduirez la face de l'épreuve de gélatine à 10 0/o et la collerez sur la feuille de papier que vous aurez préparée. Lorsque ce sera sec, vous prendrez une petite éponge pleine d'eau chaude et vous en imbiberez le papier, qui se détachera de l’épreuve, laquelle doit rester sur le papier blanc.
§ 2. Lorsque vous aurez complètement détaché le papier, vous laisserez encore sécher, puis enduisant l’épreuve du côté de la face détachée de sur la planche,, vous 1a. collerez sur la toile ou le panneau où vous voudrez la transporter. Alors qu'elle sera parfaitement collée et sèche, vous recommencerez l’opération comme dessus pour détacher le papier.
97. — TRIPLET ACHROMATIQUE (Objectif) : (J.-H. Dallmeyer, 1863).
(Opt.)
§ 1. Les principales conditions du problème que s’est proposé l’inventeur sont celles-ci :
1° Que l’instrument renferme trois combinaisons optiques : deux positives et une négative, chacune de forme et de pouvoir calculé, de sorte que une fois en place chaque pinceau émergent soit parallèle à chaque pinceau incident; condition indispensable pour produire des images privées de distorsion (282, III).
TRIPLET ACHROMATIQUE (OBJECTIF).
2° Que cet objectif soit surtout applicable aux groupes, aux vues, et aux reproductions; la plus grande ouverture ne devant pas excéder 4 /1 0e ou l/12e de la longueur focale composée.
3° Qu’il soit absolument corrigé d’aberration sphérique (2) et chromatique (21), chacune des trois combinaisons étant elle-même achromatique.
4° Qu’il puisse couvrir ayec une égale lumière une aire circulaire embrassant un angle de 45° et sans diaphragmes 60' au plus.
5° Que le champ ainsi ouvert soit aussi plein que possible, compatible avec une netteté marginale suffisamment parfaite.
6° Et enfin, que son prix soit modéré et n’excède pas beaucoup le prix des objectifs à paysages déjà dans le commerce.
Fig. 352.
§ 2. A et B sont les combinaisons que Ton peut appeler positives. Toutes deux sont achromatiques et terminées extérieurement par des ménisques (876, § 6) légèrement concavo-convexes, le rayon des courbures étant en raison de leurs longueurs focales. Prenant 1, comme longueur focale de A, celle de B est 1,5, et leurs diamètres sont à peu près dans la même proportion. La distance qui sépare A de B, exprimée en longueur focale de A, est environ 1/7 de A.
§ 3. Entre A et B, et divisant cette distance en raison de leur longueur focale, est placée la combinaison négative C : là est aussi la place des diaphragmes. Comme A et B, la combinaison C est achromatique, et extérieurement d’une légère forme ménisque. Son pouvoir focal négatif est simplement moitié de celui de A ajouté à celui de B, et son diamètre environ 1/3 de celui de A.
La longueur totale du foyer de la combinaison entière est à celui de A : : 7 : 8.
§ 4. Quand on se sert de l’instrument pour des vues ou des reproductions d’égale grandeur au modèle, la combinaison A la plus petite doit toujours être tournée vers l’objet, ou le paysage, et B, la plus large, vers la glace dépolie de la chambre noire. Mais quand il s’agit
VIRAGE AU CHLORURE ü’OR ACIDE.
d 'agrandissements, la combinaison doit être renversée, B regardant l’objet à agrandir et A la surface sensible dans la chambre noire.
§ 5. Pour les groupes et les effets d’instantanéité, l’objectif doit être employé avec la plus grande ouverture possible, afin d’obtenir le maximum de rapidité, mais pour les paysages et les reproductions égales, comme le temps de pose est d’une moindre importance, on emploiera de plus petits diaphragmes, se rappelant que la profondeur de foyer est toujours obtenue par l’emploi de très-petits diaphragmes.
La chambre noire doit être soigneusement de niveau pour empêcher la distorsion.
§ 6. On peut disposer la combinaison C de manière à l’ôter ou la remettre en dévissant d’abord la combinaison B. Quand on se sert de A et B seuls, le foyer est raccourci environ de moitié et par conséquent la rapidité d’impression est beaucoup augmentée, mais quoique encore achromatique, le champ de l’image est beaucoup plus courbé, et excepté pour portraits dégradés, on n’aurait pas une aussi bonne image qu’avec un objectif à portrait ordinaire.
Pour le dehors, il faut toujours employer les trois combinaisons réunies.
98. — VIGNETTES : Epreuves positives sur papier. ( Phot .). V. 574 — 861 — 159 — 231, III — 2, IV.
99. — VIRAGE AU CHLORURE D’OR ACIDE des Epreuves positives sur papier (Etude du) : (Davanne et Girard, 1863). ( Chim .). 2e article. Y. 95, IV.
§ 1. Les études ont été faites de la manière suivante. 4 demifeuilles ont été soigneusement préparées, sensibilisées et insolées. Au moment de les virer, une moitié de chacune d’elles a été gardée intacte et comme témoin. Quant aux calculs atomiques qui ont servi de base au travail, ils ont été établis en partant de ce fait qu’employant du chlorure d’or Au2 CF, celui-ci dans le fait de la substitution doit théoriquement transformer en chlorure 3 équivalents (632) d’argent, et par suite, que cette quantité nouvelle de chlorure doit disparaître dans le fixage final.
En effet :
Au2 Cl3 + 3Ag = Au2 + 3AgCl Au2 = 196 et doit remplacer Ag3 = 108 X 3 = 324.
VIRAGE AU CHLORURE D’OR ACIDE
§ 2. Les expériences ont donc pris la forme suivante pour chaque espèce sur papier albuminé, et sur papier salé.
VIRAGE APRÈS FIXAGE.
Nos 1 et 2. { 2 h. de pose. Résultat final. 0sr-006 argent en défaut.
Nos 3 et 4. } 15' de pose. — 0.002 — —
Papier salé.
N03 5 et 6. { 2 h. de pose. Résultat final. 0gr-011 d’argent en défaut.
No* 7 et 8. } 15' de pose. — 0.006 — —
VIRAGE AVANT FIXAGE.
Papier albuminé.
N03 9 et 10. | 2 h. de pose. Résultat final. 0sr-016 argent en défaut.
N®3 11 et 12. {15' — — 0.007 — —
Papier salé.
N03 13 et 14. j 21 h. de pose. Résultat final. 0§r-09 argent en défaut.
N03 15 et 16. j 15' — — 0.014 —
§ 3. Ainsi, dans tous les cas qui précèdent, la substitution de Fora l'argent a lieu sensiblement dans les conditions atomiques; cette marche régulière se produit aussi bien sur l'argent que sur la matière organico-argentique, aussi bien avant, qu'après le virage, aussi bien dans le cas d’une longue pose que dans celui d’une courte exposition. Cependant, ainsi que l'indiquent les conclusions consignées dans la dernière colonne; dans tous les cas, l'expérience démontre l’existence d'un léger défaut d'argent; cette diminution est due bien évidemment à l’acidité de la liqueur, à la présence de l’acide chlorhydrique dans le bain de virage ; cet acide attaquant (indépendamment de tout virage) une partie de l'argent, le fait passer à l’état de chlorure que le fixateur enlève ensuite. Cette observation vient donner raison à cette locution bien connue : les bains de virage acides rongent l'épreuve.
§ 4. Ce mode de virage est régulier, il est rapide et donne des tons un peu rouges qui ne sont point désagréables; mais le fait que nous venons de signaler montre le grand danger qu’il présente. Il enlève plus d’argent que n’exige la théorie, et par suite, il diminue dans une proportion que le photographe n’est pas toujours maître de modérer, l’intensité de l’épreuve. D’ailleurs, si l’on compare les essais 8, 12, 16 opérés après des poses d’un quart-d'heure aux essais 6, 10, 14 opérés après des poses de 2 heures, il semble que le défaut d’argent soit plus sensible dans le cas de ces petites poses que dans celui des grandes; il semble, en un mot, que les demi-teintes doivent avoir plus à souffrir que les grands noirs de l’action dissolvante de l’acide chlorhydrique.
§ 5. En résumé donc, on ne saurait conseiller ce procédé de virage, la photographie en possède aujourd’hui de plus avantageux ; cepen-
dant, dans le cas où il serait employé, le photographe devrait, ainsi que le recommandent les ouvrages spéciaux, imprimer très-vigoureusement son épreuve, afin de compenser la perte que l’acide chlorhydrique lui doit faire éprouver.
100. — VIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER par un bain d’or, de cuivre ou de soude : (C. Ommeganck, 1863). ( Phot .)
§ 1 . Préparez une solution de :
Eau 1000 c.c.
Chlorure d’or (273) 0sr-50
Deutochlorure de cuivre (269) 0.10
Carbonate de soude (209 ter) jusqu’à réaction
alcaline.
En variant les quantités de chlorure d’or et de chlorure de cuivre, on obtient une variation de teintes du noir au bleu-gris, avec tous les tons intermédiaires.
§ 2. On fait la préparation de la manière suivante : On dissout dans l’eau régale (531) 6 grammes d’or métallique, on ajoute 4 à 5 grammes de sel de cuisine (1308), on évapore à siccité à une douce chaleur, on dissout dans 100 c.c. d’eau. On a donc une dissolution à 10 0/o ; 6 parties d’or métallique donnant environ 1 0 parties de chlorhydrate de chlorure d'or.
On dissout, d’autre part, 5 gr. de cuivre métallique dans l’eau régale (531), on évapore à siccité à une douce chaleur; 5 parties de cuivre donnent environ 10 parties de deutochlorure de cuivre; on dissout dans un litre d'eau (1000 c.c.); on a donc une dissolution cuivrique à 1 0/o*
En achetant les sels tout faits, on dissout :
Chlorure d’or (273) 1 gr.
dans :
et :
Chlorure de cuivre (269) 1 gr.
dans :
Eau 100 c.c.
§ 3. On verse dans une cuvette propre un volume d'eau correspondant au bain qu’on veut préparer; pour chaque mesure de 100 c. c. d’eau, on ajoute 0c.050cc de solution d'or et 2 c.c. de solution cuivrique. On y met un papier de tournesol (1045), qui rougit en peu d’instants ; on y ajoute goutte à goutte une dissolution de carbonate de soude (209 ter), pur, en agitant jusqu'à ce que le papier bleuisse de nouveau; le bain est prêt à servir et se conserve pendant plusieurs heures. Quand son action commence à se ralentir, on ajoute quelques gouttes de la solution d'or qui ravive son effet. Mais il faut qu’après cette addition le papier de tournesol rougi continue à bleuir.
Avant d’immerger les épreuves, on commence par les faire tremper dans une petite quantité d’eau, où elles peuvent séjourner assez longtemps sans inconvénient, puis on les place pendant quelques secondes
dans une nouvelle quantité d’eau plus abondante, et on les passe rapidement à travers une troisième eau . Enfin, on les immerge dans le bain de virage, on les y remue constamment, surtout aux premiers instants de leur immersion, et on les examine souvent; si on remarque que les épreuves portent des taches rouges provenant du contact graisseux des doigts, on les sort du bain, on les met dans l’eau et on éponge avec du papier à filtrer; on passe un pinceau imbibé d’une dissolution saturée de carbonate de soude sur la tache, on l’y laisse 1 ', on immerge dans l’eau, puis on retourne dans le bain de virage; la tache disparaît. Le nombre d’épreuves qu'on aurait pu sauver par cette opération si simple, et qui ont été nécessairement perdues, fournirait à coup sûr une riche collection.
A mesure que les épreuves sortent du virage, on les rassemble dans un bain d’eau ; quand toutes sont virées, on les fixe dans une dissolution neuve d’hyposulfite de soude de 15 à 20 0/o ; elles y restent pendant 5'. Ce temps est en général suffisant. Les épreuves sont alors fixées et revenues au ton qui avait un peu changé au commencement au contact de la solution d’hyposulfite. La transparence du papier dans les blancs indique, du reste, d'une manière certaine l’entière dissolution des sels d’argent incrustés dans la pâte du papier. Les épreuves trop venues sous le négatif, et que l’on considère généralement comme perdues, sont traitées comme les autres ; mais on les laisse dans l’hyposulfite aussi peu de temps que possible, jusqu’à transparence complète, on les lave à deux eaux, puis on les plonge dans une dissolution d'hyposulfite de soude à 50 0/o ou à saturation ; elles s’y décolorent rapidement et ne sont ni moins solides ni moins belles que les autres. C’est même un moyen d'obtenir de bonnes épreuves avec des négatifs trop épais dans les endroits éclairés : on n’a qu’à tirer une épreuve totalement bronzée, sauf les blancs, et à la fixer comme il vient d’être dit.
DE