ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER, PAR LE CHARBON
on prend une feuille de papier teinté, et on le tend avec précaution, le dos en dessous, sur l’eau pendant quelques secondes, en chassant les bulles d’air. S’il s’en produit, on soulève vite une des extrémités de la feuille, laissant l’autre sui; l’eau, et l’on chasse les bulles avec un pinceau; si on ne le fait pas assez vite, elles peuvent causer des blancs ou des taches blanchâtres sur la surface supérieure. On enlève la feuille de papier pour la placer sur une feuille de buvard humide, d’avance bien mise de niveau et sous une glace, le dos toujours en dessous, et avec une feuille de buvard sec. On égalise bien la surface afin que toute humidité sur le dos soit parfaitement enlevée ; cela doit être fait avec grand soin, car le succès de l’enduit de charbon en dépend beaucoup.
§ 9. On verse alors une certaine quantité de charbon sec sur la surface du papier, en un petit tas, et avec un pinceau large en poil de chameau, absolument sec, on distribue le charbon très-vite sur toute .la surface, laissant environ 1 centimètre et demi de marge sans en répandre, dans la crainte que le pinceau ne se trouve en contact avec l’eau qui coule et demeure autour des bords du papier.
On brosse tout le charbon qui n’a pas adhéré à la surface en l’amenant à une extrémité de la feuille en un petit tas que l’on remet dans le flacon, puis on continue pendant quelques instants à brosser doucement dans tous les sens, de manière à enfoncer le charbon légèrement dans l’albumine, et on fait sortir avec le pinceau tout ce qui n’adhère pas au papier. Si cette opération est bien réussie, on doit obtenir une surface uniforme, demi-transparente et d’une densité à peine suffisante pour former les ombres les plus sombres de l’épreuve. En soulevant le papier et regardant à travers en face de la lumière, on peut juger de la finesse et de l’uniformité, mais si, au lieu d’être pur et demi-transparent, on voit des taches noires, on s’arrange de manière à mieux réussir la feuille suivante.
§ 10. Quant à la sensibilisation, elle est très-simple : on prend un bain saturé de bichromate de potasse avec 2 parties d’eau et 1 partie d’acide acétique ordinaire. Cet acide a pour but de faire pénétrer mieux le bain dans le papier; on laisse la feuille préparée le dos en dessous à la surface du bain et à l’obscurité, enlevant soigneusement les bulles d’air : elle flotte ainsi 30'à 60' suivant la qualité du papier jusqu’à ce que le bichromate ait bien pénétré jusqu’à la surface supérieure enduite de charbon, mais sans cependant que le papier soit trempé. Le papier doit être moins sensible sur la surface charbonnée, et la sensibilité augmente dans l’intérieur de l’épaisseur jusqu’au dos, inversement à l’action de la lumière.
On enlève alors la feuille que l’on met à sécher à l’obscurité.
§ 11. On place le papier dans un châssis positif (240), la surface noire ou enduite de charbon contre la couche négative, et on expose comme d’habitude à un fort soleil. La lumière du soleil n’est pas absolument nécessaire, surtout avec des négatifs faibles ; mais comme