ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER, PAR LE CHARBON
avec un pinceau sur du papier blanc, elle donne une couche bien égale de la couleur des demi-teintes.
On bat le tout en neige et on le laisse reposer jusqu’à ce que l’albumine soit déposée ; alors on la décante dans de petits flacons pour l’usage.
§ 5 . Il s’agit alors de procéder à la préparation du papier, ce qui se fait de la manière suivante :
On prend une des feuilles gélatinées et on la place quelques secondes sur le dos à la surface d’une cuvette pleine d’eau, le côté gélatiné en dessus, jusqu’à ce que la feuille s’étende bien plate, puis on la prend par les coins, on la laisse égoutter un moment, ou on la place, sur le dos, sur une feuille de papier buvard humidisé et étanché soigneusement d’avance, pour enlever l’humidité superflue de la feuille.
On place alors cette feuille, le dos toujours en dessous, sur une glace sèche un peu plus grande que le papier, et l’on verse dessus autant d’albumine colorée qu’il en faudra pour recouvrir légèrement toute la surface de la gélatine, puis on l’étend soigneusement au moyen d’un pinceau doux en poil de chameau.
§ 6. Il est inutile de se préoccuper si une partie devient écumeuse, l’opération suivante le fera disparaître.
On prend un pinceau en soie de sanglier qui doit être gros, large et doux, et on le promène très-doucement dans tous les sens, afin de repousser de toute la surface la matière superflue sur les marges, en ayant bien soin de ne pas appuyer de manière à attaquer sérieusement la couche de la solution, et on s’arrête avant que la surface soit assez sèche pour happer.
La feuille doit présenter à ce moment une surface pure, uniforme et transparente en demi-ombre quand on la regarde par réflexion, mais regardée par transparence, elle paraît extrêmement peu teintée par la couleur qui l’enduit.
Il faut éviter la pression qui provient du pinceau ou de toute autre source. Le papier reste alors à sécher tranquille, et l’on prépare de même le reste des feuilles dont on a besoin.
On peut avoir de l’albumine de différentes teintes, de sorte que l’on peut donner une grande variété de tons à la même fournée de papier.
§ 7. Quand le papier est gélatiné et albuminé, il est bon de le placer, alors qu’il est sec, dans un livre grand et pesant, ce qui lui donne une rectitude suffisante pour qu’on le manie aisément et qu’on le pose à la surface sans emprisonner de bulles d’air.
§ 8. Ici vient l’extension du charbon, et quoique cette opération soit très-simple avec un peu de pratique, elle demande de l’habitude, et certaines conditions du papier pour obtenir une couche bien égale.
Le papier sera humidisé par le dos, mais le secret consiste à ce qu’il ne soit pas trop humide quand le charbon y sera répandu. Pour cela.