‹ Répertoire encyclopédique de photographieChapitre 172 sur 219 · NETTETÉ DE TOUS LES PLANS D*UN OBJET SOLIDE · texte numérisé non relu

NETTETÉ DE TOUS LES PLANS D*UN OBJET SOLIDE

§ 8. Le focimètre ifig. 110) est composé de 8 segments séparés d'un même disque, montés en spirale sur un axe horizontal de 0"',50, correspondant à Taxe optique de l'objectif. Les segments sont séparés et distincts à peu près de O'",058 les uns des autres. En ouvrant, ils se produisent sur la glace dépolie de la chambre noire sous la forme d'un disque complet et régulier. Ces segments sont couverts d'un dessin quelconque mais régulier et parfaitement net, et le centre de chacun est numéroté de 1 à 8. Le numéro 1 est le plus rapproché et le numéro 8 le plus éloigné de l'objectif;

Si l'on fait mouvoir doucement et également, soit en arrière, soit en avant» le verre dépoli de la chambre noire, chacun de ces segments se présente à son tour au foyer exact. Si Ton met un point, par exemple, sur le numéro 4, nous verrons les segments placés en avant et en arrière perdre peu à peu leur netteté, et cela plus ou moins suivant la qualité de l'objectif. Cette expérience permet d'estimer empiriquement h qualité que l'on désigne d'ordinaire sous le nom de profondeur de foyer. En comparant au même moment l'image photographique avec celle qui se montre sur la glace dépolie, on voit si les foyers visuels et chimiques concordent ou de combien ils diffèrent. Mais comme cela n'est point le but de la présente étude, nous supposerons que nous avons choisi un objectif dans lequel nous savons que la coïncidence existe.

§ 9. Maintenant, supposons qu'en mettant au point sur le numéro i nous trouvons que ce segment est parfaitement net, le numéro 2 le sera un peu moins, et le numéro 3 jusqu'au numéro 8 perdront graduellement et de plus en plus leur netteté jusqu'à ce que le numéro 8, par exemple, devienne tout à fait indistinct. De même si nous faisons un portrait de manière que le nez soit dans le plan du numéro 1, cette partie du visage viendra parfaitement nette ; les yejix, qui seront dans le plan du numéro 2, seront déjà moins nets; les oreilles, au plan numéro 5, encore moins; et si l'image est placée obliquement, l'épaule, qui correspondra au plan numéro 8, sera tout à fait floue.

Supposons, en nous servant toujours du focimètre, qu'après avoir opéré avec le numéro 1 au foyer, nous fassions marcher le châssis jusqu'à un point marqué d'avance et correspondant au point du segment numéro 8. Si nous exposons la plaque une seconde fois ou si nous continuons la première pose, nous verrons que, sur la première image confuse du numéro 8, une nouvelle image très-nette est venue s'imprimer et qu'en même temps une seconde image confuse s'est superposée à l'image nette du numéro i .

§ 10. Or, en examinant le résultat, nous nous aperceverons qu'il est meilleur que si la seconde impression des deux segments, numéro 1 et numéro 8, n'avait pas été prise. Au milieu de l'image confuse du numéro 1 et du numéro 8, nous avons une seconde image nette, le tout ayant l'apparence de l'ombre d'une épingle qui ne serait pas tout à fait en contact avec la surface, cette ombre étant légèrement fondue du noir au blanc, mais à peine assez marquée pour t*appeler la forme de l'épingle.

Mais ce qui a été fait pour les deux segments extrêmes du focimètre î et 8, peut être fait successivement pour les segments intermédiaires

300 NETTETÉ DE TOUS LES PLANS d'uIV OBJET SOLIDE.

numéros 2, 3, 4, 5, 6 et 7, et d'ailleurs s'est trouvé exécuté insensiblement pendant le mouvement de la plaque de 1 vers 8, et le résultat est que chaque segment forme Timage d'une petite tache vive à sa surface, comme si cette petite tache était vue à travers une légère vapeur.

§ 11. Ceci étantbien compris, rien ne nous empêche d'employer le même mode d'opérer dans la prise d'un portrait. Pendant que le modèle pose, nous pouvons mouvoir la plaque depuis le point où le nez est au foyer jusqu'au point le plus en arrière de la figure. Il est évident que pendant ce mouvement de la plaque les différents plans de la figure viendront, tour à tour au point et hors du point pendant un temps d'exposition qui sera le même pour tous. Nous avons donc trouvé, par un simple artifice, le moyen de réaliser ce désir des vrais artistes, de faire un portrait photographique sans longue durée, mais avec la lumière et des ombres fendues d'une manière harmonieuse et vraiment artistique.

§ 12. Nous voici arrivés à la partie la plus importante de cette découverte. Le résultat peut être obtenu avec plus de perfection encore, sans mouvoir le châssis qui contient la plaque pour Tadapter successivement au foyer des divers plans qui composent la figure. En mouvant le châssis, il est évident que nous augmentons d'une part et que nous réduisons de l'autre la grandeur de chacune des parties que nous amenons successivement au foyer. Le résultat est de montrer, plus fortement que quand ces parties sont hors foyer, l'exagération de perspective qui est inhérente à toute épreuve photographique faite par un objectif un peu rapproché de la figure, exagération qui se fait sentir si désagréablement quand on fait un grand portrait avec un objectif à trop court foyer.

Pour obvier à l'augmentation et à la réduction de la grandeur de l'image des différents plans de la fignre, il serait nécessaire, si cela était praticable, de changer d'objectif pendant l'opération et de substituer rapidement un autre ayant un foyer approprié à la distance du nouveau plan, sans changer la distance de la plaque, de manière que la plaque n'ait pas à se mouvoir en avant ou en arrière par l'adaptation des foyers afférents à chaque distance de plans.

§ 13. Heureusement, ce changement de foyer peut s'effectuer avec le même objectif, pourvu que cet objectif soit à double combinaison de verres. Le foyer et la puissance des combinaisons de ce genre étant le résultat de la distance qui sépare les deux verres, on peut augmenter ou réduire le foyer en faisant varier cette distance. Si donc, pendant l'opération, on éloigne ou l'on rapproche les deux lentilles, on peut, par ce simple moyen, adapter le foyer de chaque plan au châssis porte-plaque qui reste immobile, et, par conséquent, obtenir successivement sur la plaque ime image de chaque plan avec moins d'augmentation ou de diminution d'ans les grandeurs que quand le pouvoir de la double combinaison de l'objectif reste la même. En effet, pour réduire le foyer il suffit de séparer les lentilles, ce qui augmente le pouvoir de l'appareil.

Les changements de la distance qui sépare les deux lentilles s'effectuent au moyen d'une crémaillère et d'un pignon agissant sur le tube qui porte la lentille postérieure, ce tube glissant, à mouvement doux, dans celui qui

UÉLlOGRilPHIE. 501

contient la lentille antérieure, qui demeure fixe pendant l'adaptation de chaque plan au foyer par le mouvement graduel communiqué à la lentille postérieure durant la pose.

§ 14. Un des plus grands avantages de cettu méthode est que les divers plans des figures sont reproduits avec la même intensité de lumière, ce qui ne pourrait exister alors que les rayons étaient plus condensés sur le plan du foyer exact que sur les autres. Aussi remarquait-on souvent que ces différences dans Tinlensité de la lumière sur les divers plans produis saient un effet CMitre nature et détruisait toute l'harmonie de l'épreuve.

Cette manière d'opérer n'exigeant, d'ailleurs, pas une pose plus longue, l'interposition du diaphragme ordinaire, en supprimant tes rayons obliques, augmente la nettelé de l'image. On peut donc employer les diaphragmes les plus petits possibles pour ajouter, autant que la lumière le permettra, à la mervedleuse beauté des résultais. (The Phologr. ffriui.)

304. — GLACE DÉPOLIE DE LA CHAMBltS HOUtB [Manit» de remphteer la). Voir 723. — 193, V.

§ 1 .' Dissolvez à saturation de la cire blanche (SQ5) grattée dans :

Éther (651) .' . . 300 gr.

Ajoutez :

Gomme Dammer en poudre fine 60 à 70 gr.

Puis:

Collodion simple (507) 1 cuillerée.

S 2. Couvrez une glace ordinaire au moyen de ce mélange versé comme du collodion. Si vous mettez trop peu de Dammer. la couche se détruit, si voua en mettez trop, elle devient trop transparente.

{Phoiog- Correspondenx.)

3TO. — HÉLIOGRAPHII. (Niepce de SAl^T-VlCTOR, 1866.) (Phol.) Voir :«8. 7ey, 770.— 14. 34, IV. — 505, V. — 37, 22!), 252, VI, § 1. Dansunenoteprécédente(14, IV) j'ai indiqué quatre procédés pour

302 HÉLIOGRAPHIE.

obtenir des noirs en héliochromie. Je vais seulement décrire le premier» parce qu'il est le seul qui m'ait permis d'obtenir du noir avec toutes les couleurs. Pour cela il faut préparer la plaque de la manière suivante. Après avoir chloruré la plaque d'argent comme je l'ai indiqué (14, lY), on la plonge dans un bain contenant :

Soude (1339 fer) à l'alcool (68).. ..... 0«%50

Eau. , . 100

Alors on y ajoute une faible quantité de chlorure de sodium (277). On porte la température du bain à -f- 60" environ : on y laisse la plaque seulement quelques secondes en agitant constamment le liquide. A la sortie du bain on rince la plaque à grande eau ; puis on donne le recuit qui, dans ce cas, doit produire sur la plaque une teinte d'un violet bleu, probablement par suite d'une légère réduction, du chlorure d'argent (262). On recouvre la plaque du vernis à la dextrine et au chlorure de plomb que j'ai indiqué dans un mémoire précédent (14, IV).

§ 2. Dans ces conditions on obtient toutes les couleurs avee des blancs et des noirs plus ou moins intenses, d'après la préparation de la plaque et suivant que les noirs du modèle sont mats ou brillants.

Il ne faut pas que la réduction du chlorure d'argent soit trop forte, parce que l'on n'obtiendrait plus que du noir et du blanc sans couleur. C'est pour éviter une trop forte réduction du chlorure d'argent que Ton ajoute un peu de chlorure de sodium au bain de soude, ou bien quelques gouttes d'ammoniaque. Sur la demande de M. Chevreul, j'ai cherché à photographier un trou. Le résultat a été négatif.

§ 3. Une expérience qui démontre bien l'activité des noirs est celle-ci ; J'ai reproduit par contact un"fe gravure enluminée représentant un gardefrarjçaise ; les diverses couleurs de l'uniforme se sont reproduites. Le chapeau noir ainsi qu'une des guêtres — l'autre avait été découpée et recouverte d'un papier blanc — a impressionné la plaque d'une manière trèssensible, en donnant une teinte plus ou moins foncée, suivant la préparation de la plaque. La découpure a donné du blanc.

§ 4. On peut obtenir des noirs beaucoup plus intenses en réduisant préalablement la couche de chlorure d'argent (262) par l'action de la lumière, parce que dans ce cas les noirs sont déjà produits naturellement par la teinte de la plaque. Mais toutes les couleurs sont moins vives que celles qu'on obtient par le procédé décrit plus haut.

§ 5. Pour réduire le chlorure d'argent par la lumière, voici comment il faut opérer. Après avoir chloruré la plaque, on la recouvre du vernis à la dextrine et au chlorure de plomb. On Texpose à la lumière avant de lui donner le recuit. Après une exposition de 5 à 10' à la lumière diffuse, on lui donne le recuit qui fait prendre à la plaque le ton d'un violet noir plus ou moins foncé, selon le temps d'exposition à la lumière.

§ 6. Je passerai maintenant à une aclion double de lumière et de chaleur sur le chlorure d'argent. On obtient ainsi un effet de relief très-sensible sur une épreuve obtenue dans les conditions suivante» :

Après avoir chloruré la plaque d'argent et l'avoir passée au bain de

LEDCINE. 303

soude sans lui donner le recuit, on la recouvre du vernis à la dextrine et au chlorure de plomb. On applique ensuite sur la couche sensible une chromo-lithographie sur papier vernis, ou une simple gravure enluminée, et on expose la plaque au soleil pendant 8 à 10'; puis on enlève le cliché et on donne le recuit à la plaque. Sous Tinfluence de la chaleur les couleurs bleu et rouge surtout, deviennent très-intenses; on replace le cliché sur répreuve et on expose de nouveau à la lumière pendant quelque temps. Sous son action les couleurs se développent et le relief se produit. On chauffe de nouveau la plaque pour donner de la fixité aux couleurs, et daas ces conditions les rouges persistent très-longtemps à la lumière : ce sont les jaunes et les bleus qui disparaissent les premiers.

§ 7. Cet effet de relief se produit également dans la chambre obscure; mais il ne se produit pas sur la plaque chlorurée si elle n*est pas recouverte d'une couche de vernis à la dextrine contenant un chlorure. Si on enlève la couche de dextrine sur une épreuve en relief, le relief persiste et il est aussi sensible qu'auparavant ; il en est de môme lorsqu'on dissout le chlorure d'argent avec de l'ammoniaque (91).

§ fi. Voici maintenant les observations que j'ai faites sur la sensibilité de la couche de chlorure d'argent. Lorsque la couche de chlorure d'argent est réduite, soit par la soude (1359 ter), soit par la lumière, elle est moins sensible à la lumière après l'action du recuit que celle qui n'a pas été réduite. Si avec un verre jaune coloré à l'oxyde d'urane (1 052) on recouvre la moitié d'une plaque prête à recevoir l'impression des couleurs, on obtient alors une impression des couleurs beaucoup plus rapide dans la partie recouverte du verre d'urane que dans celle recouverte d'un verre blanc de même épaisseur. Plus le verre d'urane est épais, plus il y a d'accélération ; mais la teinte jaune du verre vient altérer lès couleurs, ce qui ne permet pas d'employer le verre d'urane. Si on ajoute au vernis à base de chlorure de plomb une certaine quantité de chlorure ou de nitrate d'urane, on accélère l'impression des couleurs; mais elles se conservent moins longtemps.

§ 9. £n résumé : Dans certaines conditions les noirs ont une activité qui leur est propre ; ils peuvent impressionner une couche sensible comme le fait une couleur. (Cosmos,)

306.— LBUGINB. (A. Commaille,1866.) (C*»H»5AzO*) (C/iim.) Voir 299, § 8 et suiv. 300, VI.

§ l . La leucine se combine parfaitement aux bases métalliques — cuivre (459), plomb (1182), mercure (925) —et aux acides. Considérée comme acide, la leucme se rattache aux acides polyatomiques et polybasique&>

504 KETTOYAGB DES DOIGTS.

§ 2. Elle fait partie d*un groupe dont le glycocolle (34, YI), (acide acétamique de Gahours; le glycocolle est en effet de Tacide acétique (19) dans lequel H est remplacé par AzH*), est le premier terme et dont elle-même est le dernier. Pour M. Gahours la leucine est Famide (22, VI) de Tacide caproïque ou acide capronamique. En effet, Tacide acétamique C^H'ÂzO* est à Tacétamide C^H^ÂzO* ce que Tacide capronamique G'*H^'AzO^ est à la capronamide G^fl^AzO*.

On a alors comme série des glycocolles :

C*H*AzO* = glycocolle ou acide acétamique (34, VI). JG^H'AzO^ =alanine (21, III) ou acide propionamique. Série homologue. (G^H'AzO^ = corps de Friadel et Machuca.

|c*oH"AzO* = butylanine.

[C"H*'AzO* = leucine ou acide capronamique.

Tous ces corps sont intermédiaires entre les acides et les bases, dont ils peuvent jouer les deux rôles.

§ 3. La leucine doit être formulée :

G"H"05 4- 1 H }Az

C<*fl"05 étant Fanhydride caproïque.

M. Gorup-Besanez dit avoir trouvé dans la pulpe de la rate un composé ayant une formule très-voisine (G"H"AzO*) et affectant la forme de fines aiguilles brillantes.

§ 4. La leucine, qui est une monamine primaire

G««H"0* ) H Az

dans la classifîcatioh d'flofmann, peut encore se représenter par de la butyramide et du glycol, moins 2 équivalents d'eau.

G"Hi5AzO* = C^RoAzO» -h C*H«0* — 2H0.

Leucine. Butyramide. Glycol.

(Moniteur scientifique.)

307. — LONOUEUR FOGALB DBS OBJECTIFS (Influence sur ki épreuves de la) (Opt.). Voir 311, VI. § 4.

306. -M HBTTOTAOB DBS DOIGTS. (Chim.) Voir 552.— 189, IV.— 92. V.

OBJECTIF pâBlSCOPiquE.

Mettez dans un petit flacon à lai^e ouverture Sel de Glauber iji lYonee.

Puis quand vous voudrez vous eu servir, versez un peu du dépôt épais dans une soucoupe et frottez-en les mains soit sur une pierre ponce, soit avec un pinceau. Ce mélange les nettoieia aussi bien que le cyanure et sans aucun danger : il peut servir jusqu'à épuisement, mais il faut le conserver bien bouché, (News.)

Iteihbeil, 1866.) {Opt.) Voir 189, VI.

§ 1. Nous sommes heureui, après avoir parlé (189, VI, g 4) du nouvel objectif Steinheil, de pouvoir aujourd'hui en donner une figure. Cet objectif consiste en deux ménisques, dont les surfaces creuses sont tournées l'une vers l'autre, avec un diaphrE^me placé entre elles, à moitié diemin.

Les ménisques ne sont composés que d'une sorte de verre, et les corrections de forme et de couleurs sont obtenues par leur combinaison ^■éciale et leur position relative.

S 3. Clette combinaison n'est pas corrigée pour les rayons actiniques, de sorte qu'après avoir mis aubsi bien que possible au foyer visuel, la glace sensibilisée doit être nvancée i peu près de la quarante-huitième partie de la longueur du foyer visuel. Toutelois, cette quantité ne peut être déterminée exactement que liar un assez grand nombre d'expériences, mais ''"■ ^'

qaand elle a été une fois bien établie, on peut la marquer sur la cUaml>re, et elle doit servir dorénavant pour les paysages ou pour des rayons pratiquement parallèles.

S 3- Il est évident, toutefois, que pour la reproduction, ou tout autre travail ï l'intérieur, cette détermination n'aura plus sa valeur, et devra être re«)mmencée chaque fois que variera la distani^e de l'objet, et qu'il sera fort difficile de la marquer sur la chambre.

Le temps de pose demandé pour le n" 1 pendant des expériences soigneusement faites, n'est pas moindre de 2'30" dans des conditions favorables de lumière, de collodion et de développement : le même temps est 9° 10. ocTounE isec. 30

nécessaire pour les autres grandeurs, excepté le n" 6, qui réclame quatre fois plus de pose : 10'.

§ 4. Le négatif donné par cet objectif est extrêmement fin et délicat, et singulièrement parfait jusqu'au bord même du cercle de lumière; il ne donne pas la moindre trace de distortion. Mis au point avec un microscope (934) puissant, le foyer visuel équivalent fut trouvé être de O^jOSS, et à la suite de nombreux essais, le meilleur foyer actinique fut déterminé à 0'",0549. Dans cette position, le cercle de lumière a 0-,i08 de diamètre, ce qui détermine son cercle, un angle de vision de 81*48'. La lentille a 0",i37, et le diaphragme moins de 0»,028 d'ouverture.

Pour échanger le diaphragme (502), on est obligé de dévisser la lentille postérieihrede l'objectif.

310. — PBRSPBGTIVB PHOTOGRAPmaUB (Étude sur la). (GâRET Lea, 1866.) (Dm.) Voir 1132.

§ 1 . C'est un sujet d'étonnement qu'on n^ait pas encore écrit un traité simple, clair, à la portée de tous les photographes, des règles élémentaires de la perspective, quant à ce qui touche la reproduction des paysages et des monuments. Ce fait ne peut s'expliquer que par la regrettable séparation qui a existé entre le but et la route suivie par deux professions aussi voisines que celles des peintres et des photographes. C'est avec une véritable satisfaction qu'on voit chaque jour cette barrière élevée par le préjugé s'abaisser, et les deux arts marcher d'un pas égal.

§ 2. Depuis l'introduction des GlobeAens (261, 354, III) américains dans la pratique, on remarque un constant entraînement à rechercher des angles de grandes ouvertures, ce qui en soi est très-bon, si cela ne pousse pas à employer des objectifs d'un foyer beaucoup trop court pour la production d'épreuves auxquelles ils ne sont pas du tout appropriés. Que l'on se serve d'un objectif à très-court foyer pour faire une vue petite et insignifiante, cela ne fait pas grand'chose, puisque l'épreuve n'a pas beaucoup de valeur. Mais lorsque l'on se propose, comme dans le cas du périscopique de Steinheil (189,309, VI), défaire des vues de 0'',20sur 0",16 avec un objectif de O^jOSô de longueur focale, et des épreuves encore plus grandes avec des objectifs dont les longueurs focales ne sont pas plus consi^ dérables, il devient indispensable de rechercher si de semblables épreuves peuvent être bien réellement regardées comme des représentations exactes des scènes de la nature.

PHOTOMÊTHIE. 307

g 3. Avant d'aller plus loin, il faut bien remarquer que ces critiques n'attaquent la construction d'aucun objectir. ce qui ne rentrerait pas dans l'étude qui va suivre, mais seulement leur application malheureuse comme forme et comme principe. Si, en efrel, on se sert d'un objectif à lai^e ouverture angulairede 0",90o« 0",25 de longueurfocale, le défaut diminuerait. La tentation, d'ailleurs, de renfermer un grand nombre d'objets dans une épreuve de petite dimension, est si grande, qu'on peut la regarda- comme à peu près irrésistible, c'est de là que vient la popularité de ces formes d'objectifs.

§ 4. Pour bien comprendre l'inQuence de la longueur focale d'un objectif sur l'épreuve qu'il produit, il nous faut eiaminer les considérations qui dirigent un desânaleur qui reproduit un payss^e ou un monument.

Soit AB (fig. 507), une tour placée à distance : l'artiste ajant son œil en E lur la ligne horizontale EH ; supposons qu'un plan de verre soit placé entre

FIE.BVI.

loi et la tour, à un point P (le bord de cette glace se verra nécessairement, comme nous le représentons, par une ligne). Supposons alors qu'on représente sur un papier, mis à la place de cette glace P, la perspective de la tour sur cette même glace. Le point auquel la ligne EB coupera le plan P, donnera la position du sommet de la tour, l'intersection de E&, le pied, et ainsi de suite pour chaque point de sa figure. Mais la dislance à laquelle le plan ou la glace P peut être placée de E est arbitraire, et nous reviendrons tout à l'heure là-dessus.

(Sera ccntinui.)

»11. — PBOTOMtnUE. (UmsKN, RoscoE et I. Bâiehdell, 18«6.) (Oàm.) Voir «53, H54. —227, IV, — 45, VI.

§ 1. La constatation de l'intensité chimique des différentes sources de lumière importe trop à l'art photographique en général poiy- que nous ne nous empressions pas d'analyser pour nos lecteurs les remarquables expértences de photochimie dont les mémoires viennent d'être publiés.

La première méthode d'observation de HH. Bunsen et Hoscoè était fondée sur la production de l'acide chlorhydrique (354) dans un mélange explosif de chlore (253) et d'hydrogène (1^6), exposé k l'influence de la lumière- Leur seconde méthode reposait sur l'emploi du papier photographique, dont la durée d'insolation était mesurée par un appareil i pendule.

§ 2. On a remarqué que des produits égam de l'intensité lumineuse P»r le temps d'etposition correspondent à des nuances égales du papier uniformément sensibilisé par le chlorure d'argent (262) ; une lumière d'in-

S08 PHOTOHETRIE.

tensité 50, qui agit pendant Tunité de temps, produit donc la même teinte qu'une lumière d'intensité égalé à Tùnité agissant pendant un temps égal à 50 unités : il s*en suit que, connaissant la durée d'exposition qui a produit une nuance type, on obtient Tintensité lumineuse correspondante en divisant Tunité par cette durée. C'est là le principe de la méthode actinométrique f imaginée en second lieu par MM. Bunsen et Roscoê. Pour mesurer exactement le temps d'exposition, ils avaient construit un photomètre à pendule permettant d'évaluer, à une minime fraction de seconde près, la durée pendant laquelle un point quelconque d'une bande de leur papier normal s'était trouvé à découvert et exposé à l'action de la lumière. La bande impressionnée pendant une oscillation du pendule (lequel commande le mouvement d'un écran de manière à le faire glisser sur la bande de papier), offre une dégradation régulière du noir au blanc, et la division tracée sur le bord de la fente où Ton soumet le papier à Tinsolation permet de trouver à vue le temps d'exposition correspondant à l'une quelconque des teintes produites sur le papier. L'unité d'intensité photochimique est l'intensité nécessaire pour produire dans une seconde une certaine teinte, choisie arbitrairement, que l'on appelle teinte normale, et qui est celle d'un papier type préparé d'une manière spéciale. En cherchant sur la bande impressionnée le point qui offre cette teinte normale, et lisant sur la division nlarginale le temps d'exposition correspondant t, on obtient l'intensité de la lumière employée en divisant l'unité par t.

§ 5. Mais cet appareil n'est pas assez simple pour servir à des observations suivies. On ne peut l'employer que par un temps calme, et il absorbe de grandes quantités de papier sensibilisé. M. Roscoê a donc cherché un moyen plus expéditif pour obtenir l'intensité chimique du jour ; ce moyen consiste dans l'usage d'une épreuve étalon, fixée à l'hyposulfite de soude (795). L'observation devient alors très-simple, et on peut faire jusqu'à 45 déterminations séparées sur un espace de 56 centimètres carrés de papier sensibilisé ; de plus, on peut mettre en œuvre ce procédé par uu temps quelconque.

§ 4. L'épreuve étalon, qui servira de base aux évaluations de l'intensité chimique, est préparée dans l'appareil à pendule. On noircit, dans la fente de cet appareil, deux bandes de papier normal au chlorure d'argent (262). L'une est fixée par Thyposulfite de soude, lavée, séchée et collée sur une planchette munie d'une division au millimètre. On en fait la graduation par comparaison avec l'épreuve non fixée, en déterminant à la lumière neutre d'une flamme de soude (1339 ter) les points d'égale nuance sur les deux épreuves. Le point de départ de la graduation est le point qui offre la teinté normale. L'usage qu'on fera, dans la suite, de l'épreuve fixée repose sur cette comparaison avec l'épreuve brute.

§ 5. Supposons, par exemple, que les divisions 100 et 113 de l'épreuve filée montrent des teintes identiques à celles des divisions 102 et 122 de l'épreuve brute, et que la teinte normale existe sur cette dernière au point 112, la table de correspondance des divisions de la fente et du temps d'exposition renferme les nombres suivants, que nous transa*ivons comràe exemple d'application de la méthode :

PHOtOXÉTRIE. 509

MviMoir. TEMPS d'expositiox.

mm* s.

iOO 0,682

§ 6. Cette table montre que les teintes qu'une même lumière a produites aux points 102, 112 et 122 de Tépreuve brute ont exigé respectivement les temps d'exposition 0,672, 0,626 et 0,578. Ces nombres représentent aussi les intensités relatives qui auraient produit les mêmes teintes en agissant toutes pendant un temps égal. Les teintes 102, 412, 422 seraient donc produites en une seconde par des intensités qui seraient entre elles comme les nombres 672, 626 et 57S. Or, la teinte 112 est la teinte noi^ mâle ; elle serait produite en une seconde par Tintensité unité. Par conséquent, les intensités qui produiraient les teintes 102 et 122 en une seconde

672 578 sont respectiver- "^t gôg ^t ïïôâ* ^^ ^^^" 4,074 et 0,923. Ce sont les extrémités qui correspondent aux points 400 et 123 de Tépreuve fixée, puisque ces points offrent les mêmes teintes que les points 402 et 422 dePépreuve brute. On établit de la même manière, de millimètre en millimètre, la valeur des teintes de Tépreuve étalon, qui servira désormais pour toutes les comparaisons. Supposons, par exemple, que la teinte correspondant à Tintensité 4 ,074 se produise sur un échantillon de papier sensibilisé à la division 420, c'est-à-dire en 0%588 de temps, Tintensité de la lumière employée et qu'il s'agit de mesurer sera :

§ 7. Il est indispensable, on le conçoit : 4'' que la teinte de l'épreuve étalon se conserve sans altération pendant un temps assez long; 2'' que, sur cette épreuve, les nuances se fondent régulièrement, de sorte qu'il sôit possible d'en faire usage pour une comparaison rigoureuse; 3** que des mesures simultanées, exécutées avec différentes bandes graduées par le procédé qui vient d'être exposé, offrent un accord satisfaisant et conduisent à des résultats identiques.

§ 8. Pour préparer l'épreuve étalon, on expose dans l'appareil à pendule une feuille de papier normal de 0*,46 sur 0",45, on fixe l'épreuve à l'hyposulfite de soude (795) et on la lave dans une eau courante pendant trois jours. La teinte jaunâtre de l'épreuve fixée se compare facilement à la lumière de soude avec la teinte gris bleuâtre des épreuves brutes. Cela vaut mieux que de faire virer la teinte, parce que les épreuves traitées de cette manière palissent trop vite. Chaque feuille ainsi préparée est découpée en quatre bandes de O^jOS de largeur sur 0*46 de longueur, que Ton conserve comme étalons.

510 PHOTOMÉTRIE.

§ 9. M. Roscoê a fait une série d'expériences dans le but de s^assuier si les épreuves fixées restent inaltérables à la lumière du jour et dans Tobscurité. 11 a coupé, dans un certain nombre d'épfeuves, des échantillons qu'il a soumis à Tinsolation dans l'appareil à pendule. Chaque échantillon fut ensuite coupé en deux: une moitié fut conservée dans l'obscurité, l'autre à la lumière diffuse ou bien au soleil, pendant un temps qui a varié de 15 jours à six mois. De temps en temps, on déterminait sur ces échantillons la position de la teinte normale. Il s'est trouvé que, dans la plupart des cas, les épreuves pâlissaient d'une manière irrégulière, et quelquefois avec rapidité, en sortant du bain ; ce changement continue encore pendant 6 à 8 semaines, mais au bout de ce temps la teinte ne varie plus d'une manière sensible ni à la lumière ni à l'ombre. Voici quelques exemples :

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