ACTION DE LA. LUMIÈRE SUR L^IODURE D* ARGENT
vent sous Tinfluence de la lumière, j'ai trouvé, aussi, par hasard, les altérations de riodure d'argent mêlé au prussiate de potasse, lequel, ainsi que je Tappris plus tard, avait déjà depuis longtemps été découvert et publié par R. Hunt, et je fus frappé de la rapidité extraordinaire avec laquelle se produisait l'action de la lumière.
C'est pourquoi il me sembla particulièrement intéressant de reprencb'e la série de ces expériences, dans le but (f étudier, avant tout, les modifications diimiques que Hunt n'avait pas expliquées en détail. A la suite de cela, j'en vins aux expériences photographiques, comme promettant, avec remploi du coUodion pour négatifs, de meilleurs résultats que ceux que Ton avait obtenus jusque-là.
§ 5. À la suite de ces essais chimiques, je portai un peu d'iodure d^argent pur. Agio, couvert d'une solution aqueuse concentrée de ferro-cyanure de potassium, à la lumière du jour. D'après le changement de Tiodure dans la solution d'argent, j'attendais qu'une solution d'iode se produisit et que cette dernière incitât à la formation de ferri-cyanure de potassium et de l'iodure de potassium. J'essayai alors, par des expériences répétées, d'établir la présence du ferri-cyanure de potassium près du ferro-cyanure et d'en fixer la quantité.
Je ne pus y parvenir et fus contraint d'en chercher un autre. Or, ni le ferro, ni le ferri-cyanure de potassium n'étant solubles dans l'alcool absolu (68), tandis que l'iodure de potassium s'y* dissout , j'en tirai un moyen d analyse quantitative. Après avoir exposé Agio couvert de ferrcH cyanure de potassium, à une radiation solaire prolongée, je versai sur la masse convertie au noir un peu d'alcool absolu par petites parties, et après une digestion suffisamment longue pour que les portions insolubles fussent bien séparées, je filtrai et évaporai à siccité.
§ 4. Le reste contenant des traces d'Agio fut traité longuement par l'eau, filtré de nouveau et évaporé. Il me fut facile alors de vérifier dans ce liquide la présence de KIo (iodure de potassium), car il devenait d'un bleu intense en ajoutant ime solution d'amidon (87) et une très-petite quantité d'acide nitrique (1002). L'iodure d'argent altéré met en liberté du ferricyanure de. potassium par un lavage fait avec précaution, et, traité avec NaO,S'0^, un corps égal par ses propriétés et ses changements chimiques au composé que l'on nomme proto-iodure d'argent.
§ 5. De ces expériences, il résulte que Agio (iodure d'argent) exposé pendant un long temps sous le ferro-cyanure de potassium, sépare de l'iode, formant d'un côté du proto-iodure d'argent et de l'autre du ferri-cyanure et de l'iodure de potassium, d'où il résulte que le ferri-cyanure de potassium doit être un vigoureux sensibilisateur. En effet, je suis persuadé, par ces quelques expériences préalables, de l'extrême sensibilité avec laquelle il était possible de préparer des plaques humides d'iodure d'argent, en les mouillant avec une solution concentrée de ferro-cyanure de potassium.
Je couvris alors quelques glaces avec du collodion ordinaire bromoiodure; je les mis au bain d'argent, lavai, pour entraîner la solution d'argent quand elles furent bien imbibées, puis les imprégnai par affusion répétée d'une solution concentrés de ferro-cyanure de potassium, puis je les
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exposai fort longtemps à la lumière dans une chambre noire. Plusieurs de ces plaques laissèrent voir, en les sortant du châssis, une image négative distincte des objets mis au foyer. J'ai déjà fait voir que Ton peut obtenir des négatives directement par une exposition plus longue des plaques de collodion humide ordinaires , qui sont couvertes d'une solution de nitrate d'argent (985) , si l'objet à prendre se trouve frappé fortement par un beau rayon de soleil. Mais, tandis que dans les conditions des plaques ordinaires, il faut pour cela 20 à 25 minutes pour que l'on retire un négatif distinct, 7 à 10 minutes suffisent le plus souvent pour obtenir im résultat identique sur la même couche d'iodo-bromure d^argent, pourvu que cette couche soit couverte d'une solution parfaitement concentrée de ferri-cyanure de potassium. Quelquefois même, après 3 minutes d'exposition , on voyait apparaître une image visible. Telles sont les expériences qui m'ont prouve la haute sensibilité des plaques sensibilisés par la solution concentrée de prussiate de potasse (1236).
§ 6. L'emploi pratique de cette modification remarquable de l'iodure d'argent n'est pas entré dans la pratique photographique, par cette raison, que les plaques qui ont été exposés et couvertes de la solution concentrée de prussiate de potasse, se montrent, après le développement sous l'acide pyrogallique, remplies d'une très-grande quantité de points transparents qui les rendent impropres au tirage.
Les meilleurs résultats ont été obtenus du procédé suivant, avec lequel j'ai fait des négatifs, qui, excepté par leur teinte brune, ne diffèrent en rien des plaques préparées au nitrate d'argent libre (983).
§ 7. Le collodion employé est celui qui sert pour les portraits et les paysages :
lodure de potassium (848) 3'',50
Bromure de cadmium (185) . . . . 3 50
lodure de cadmium (841 ) 7
Alcool absolu (68) 373
Éther(657) 373
Coton-poudre (410) 7
La glace, couverte de cette préparation, est plongée à la manière ordinaire dans un bain :
Azotate d'argent (983) 10 gr.
Eau distillée 100
Acide nitrique (1002) traces
parfaitement lavée après que la couche d'iodo-bromure d'argent est formée. On la trempe alors, pendant quelques minutes, dans une solution aqueuse des mêmes iodure et bromure déjà employés et faite ainsi :
lodure de cadmium (841). • 7 gr.
Bromure de cadmium (185) 3 50
lodure de potassium (848) 3 50
Eau 310
on lave encore à l'eau pure, puis on met à sécher.
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§ 8. Si Ton préfère employer la glace encore humide, il faut faire usage d'une solution de :
Solution saturée de prussiate de potasse (1356)
à la température ordinaire 1 partie.
Eau 4 à 5
et de suite exposer à la chambre noire.
Pour obtenir un bon résultat, il ne faut pas employer un temps plus long, mais plutôt plus court que pour les plaques ordinaires humides.
Après la pose, on enlève avec soin, au moyen de Teau, la couche des sels, et Ton développe à la manière ordinaire avec Tacidepyrogallique (1539).
Eau . 30 gr.
Acide pyrogallique (1239) 15
Ajoutalit, pour donner plus de force, un peu d'acide citrique (1299) et d'acide acétique (19), et s'il est nécessaire, en employant avec la même solution pyrogallique quelques gouttes de la solution habituelle faible de nitrate d'argent (9515).
§ 9. De même qu'avec le pyrogallique, on peut également développer avec le fer : seulement il faut avoir soin, dans ce cas, de laver pour enlever plus complètement le ferro-cyanure de potassium (672), sans cela du ferro-cyanure de peroxyde de fer (22, III) serait très -facilement précipité sur la plaque. Cette sorte de développement permet avec ce procédé une très-courte exposition, et des épreuves tout à fait instantanées.
Le meilleur fixage se fait avec le cyanure de potassium (456).
§ 10. Dans la pratique photographique, l'emploi du prussiate jaune de potasse offre deux grands avantages, si on le compare au procédé ordinaire au nitrate d'argent. D'abord, il est plus économique et moins cher que le procédé humide, parce qu'il supprime l'emploi du bain sensibilisateur de nitrate. Comme on le voit, Tiodure de potassium (848) dissout en grande proportion Tiodure d'argent (837, 287, III) fraîchement précipité, ce qui fait qu'on obtient très-ordinairement le composé double 2KIo,AgIo.
Or, ce composé se dissout en assez grande quantité dans l'alcool absolu (68) ; il est également soluble dans l'éther (657), dans lequel Tiodure de potassium est peu soluble. Par conséquent, en dissolvant l'iodure d'argent dans l'iodure de potassium, on doit éviter soigneusement d'employer un excès de ce dernier. Une fois cette dissolution concentrée du sel double obtenue, il suffit de la traiter par l'alcool et par autant d'éther pour obtenir une liqueur qui, éclaircie par dissolution et filtrage, pourra dissoudre une quantité suffisante de coton poudre (410), pour se convertir en un collodion contenant de l'iodure d'argent tout formé.
§ 11. Si l'on couvre avec ce collodion des glaces bien nettoyées, qu'on les plonge dans de l'eau légèrement alcoolisée, Teau s'emparera de Tiodure de potassium qui était contenu dans la combinaison du sel double, et l'iodure d'argent seul demeurera dans la couche.
Il suffira donc de laver les glaces ainsi traitées et de les couvrir de la dissolution de cyano-ferrurede potassium (672), pour qu'elles deviennent sensibles et prêtes à servir. Seulement, les couches sont moins sensibles de cette
[Datiiére que si on les avait préparées au collodion bromo-ioduré § T. Hais quant il s'agit de paysages, ia simplicité des manipulations compense la diminution de la rapidité.
ef), (C/itm.) Voir
326. — OAPKOHAinQVB (Aoiae). (G'>H>*.'kzO*.) {Chim.'i Voir JO S 9, 522, S 2, Vï.