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ÉPREUVES AU CHARBON

. Pendant la saison chaude, ne mettez que 150 grammes de solution saturée de protosulfate de fer au lieu de 185; et quand il fait extrêmement chaud, augmentez un peu la proportion diacide acétique.

20. — ÉPREUVES AU CHARBON sur papier positif. (Phot). (Yocm. 1866). Voir 577, 578, 579, 580, 581, 582.

§ 1 . Les nombreuses méthodes qu'on a employées jusqu'ici pour la production des épreuves au charbon peuvent se diviser en deux classes : (Â) celles dans lesquelles la matière colorante est humide ou liquide; (B) celles dans lesquelles la matière colorante s'emploie sèche. On pourrait désigner ces deux méthodes sous le nom de procédé au charbon humide et de procédé au charbon sec.

§ 2. Dans la première classe, la matière colorante (encre de Chine, etc.), est mélangée avec le liquide impressionnable par la lumière [chromate et gélatine (723)], puis versée sur le papier, le verre ou le collodion, et exposée sous un cliché négatif : la couche du mélange coloré devient insoluble dans tous les endroits que la lumière a touchés ; ces endroits résistent aux lavages ultérieurs, et retiennent la matière colorante qui se dissout dans tous les autres. Il en résulte une image positive.

§ 5. Dans la deuxième classe on emploie comme substances impressionnables des substances que la lumière rend moites ou poisseuses, ou au contraire des substances gluantes qui perdent leur viscosité à la lumière. Après que cette couche a été insolée, on la saupoudre avec une poussière colorée (rouge anglais, noir d'ivoire, noir de fumée, etc.), celle-ci adhère seulement aux places devenues visqueuses ou moites, et ne prend pas sur les autres.

§ 4. Les méthodes Poitevin (580) et Joubert appartiennent à cette caté» gorie. Poitevin baigne une glace dépolie d'une solution filtrée de

Perchlorure de fer (186, IV) 10 parties.

Acide tarlrique (1401) 5

Eau 60

Le liquide est très-fluide et sèche rapidement à une chaleur modérée. La couche est jaune, exposée au soleil sous un cliché négatif, elle se décolore au bout de quelque temps dans les parties atteintes par la lumière, et Ton obtient une image très-faible, à peine visible.

§ 5. Le persel (72, VI) de fer est réduit ici par la lumière en oxysel (71, Yl) qui attire rapidement Thumidité de l'atmosphère, et si Ton saupoudre alors l'image, la poussière s'attache à toutes les parties sur lesquelles

ÉPREUVES kV CIIARBO?r. 41

s'est exercée raction de la lumière. La préparation du liquide sensibilisateur est extrêmement facile et sa conservation ne Test pas moins. L*auteur en a gardé pendant plusieurs jours dans un endroit éclairé sans qu'il eût rien perdu de ses qualités. 11 n'est pas difficile non plus de couvrir de cette solution une plaque de verre. L'insolation dure presque aussi longtemps que pour le papier positif au nitrate d'argent (985), et l'image ne tarde pas à se détacher légèrement en blanc sur un fond jaune. On saupoudre ensuite avec du noir de Francfort, renfermé dans un tampon de toile, que Ton promène en frappant de petits coups sur toute la surface de la glace. On frotte ensuite avec un pinceau de blaireau (1163), pour enlever les parties qui ne doivent pas être conservées et l'on renforce Timage qui se déve* loppe, en saupoudrant de nouveau. Dans les essais qui ont été faits, les dé« tails n'apparaissaient pas dans toute leur finesse; mais cet insuccès tenait, sans doute, au choix de la matière colorante.

§ 6. L*autre méthode, celle qui consiste à employer une substance qui perd sa viscosité à la lumière, a donné des meilleurs résultats. Joubert fut le premier qui indiqua ce procédé que plus tard Leth, (50, VI), et tout récemment Obemetter (95, Y.), firent connaître plus en détail dans l'application qu'ils en firent à la vitrification des épreuves. L^auteur, ^suivant les formules de Leth, fit une dissolution de :

Gomme arabique (757) 6 gr.

Sucre de raisin (1565) 4

Bichromate de pousse (160) 3 1/2

Eau 150

§ 7. La dissolution de la gomme et du sucre s'opère trop lentement si l'on n'a soin de la faire à chaud; sans parler de la filtration de ce liquide qui met à une rude épreuve la patience la plus robuste. La meilleure méthode est de dissoudre la gomme et le sucre <lans une partie de l'eau, puis le chromate dans le restant de celle-ci, et de filtrer à part la première solution. Ces manipulations peuvent se faire dans un endroit éclairé. On mêle ensuite les solutions bien clarifiées, et dans cet état elles supportent la lumière diffuse pendant toute une journée sans altération apparente.

§ 8. Avec ce liquide, on couvre des plaques de verre bien propres et chauffées : l'opération est moins aisée qu'avec le collodion, mais on a la ressource, si la première opération manque, de pouvoir recommencer sans laver la glace. On sèche celle-ci sur une lampe, ce qui prend peu de temps. La couche qu'on obtient ainsi est d'un jaune rougeâtre pâle, et elle retient la poussière dont on la saupoudre : sous l'influence de la lumière elle perd cette propriété. L'exposition s'effectue sous un cliché po-sitif, la durée en est très-courte; 10" à 50" au soleil, moins de 20' par le temps le plus couvert.

§ 9. Les positifs doivent être très-vigoureux, sans toutefois que la lumière soit arrêtée dans sa marche, de manière à faire perdre aux endroits où elle doit agir la propriété de devenir poisseux, ce qui fournirait des épreuves trop pâles au développement. Ce développement s'exécute comme on a dit ci-dessus, en saupoudrant la glace.

ii2 ÉPBRUVKS PHOTOGRAPHIQUES ÉMAIUiÉES AU FEU.

§ 10. Si Texposition a été trop courte, on perd toute la plaque; trop longue au contraire, elle fournit un positif clair mais mat. On peut le ren* forcer en saupoudrant de nouveau. Si l'exposition a été convenable, rimage prend un modelé et une fin6i>se de détails qui lui donnent plus de charmes que n'ont celles obtenues par le procédé Poitevin. £n employant pour matière colorante du charbon (229) porphyrisé, on obtient une épreuve au charbon, et avec de la poudre d'émail une épreuve vitriôable. Le seul inconvénient de ce procédé, inconvénient que n'a pas celai de Poi« tevin, c'est qu'il nécessite un cliché positif.

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